LES CINQ PREMIÈRES ANNEES d'uRBAIN II
suspendu de ses fonctions. 13. Les clercs ne doivent pas porter de vêtement luxueux, ni de diverses matières. 14. Les fils de prêtres ne doivent pas servir à l'autel, à moins qu'ils n'entrent dans un monastère ou une canoniale. 15. Celui qui est excommunié par son évêque ne doit pas être reçu par un autre. 16. Un grand mal dans l'Eglise provient des pénitences mal entendues : on ne fait pénitence que pour une faute et non pour les autres ; on n'évite qu'une seule faute A non les autres ; on n'abandonne pas un métier qu'on ne peut exercer sans pécher ; enfin on garde de la haine dans le cœur, etc.
A ce synode assista Roger, duc de Fouille et de Calahre, à qui Urbain renouvela l'investiture de son duché, ainsi que Grégoire VII l'avait conféré à son père, et le duc jura de se montrer [196] toujours vassal fidèle ^. D'après une ancienne chronique, le synode de Melfi aurait prescrit l'introduction de la paix de Dieu dans la contrée -, On doute de l'authenticité de deux autres canons attribués par Mansi à ce synode. Quant aux décisions synodales rendues par Urbain à la demande de Pibo, évêque de Toul, elles ne proviennent pas uniquement de ce concile, mais sont l'œuvre de plusieurs autres, ainsi qu'on peut s'en convaincre par la lettre de Gebhard de Constance ^.
Après le concile de Melfi, le pape, accompagné du duc Roger et de son frère Bohémond, qui reçut en principauté Tarente, Bari et quelques autres villes, se rendit à Bari pour y consacrer le nouvel archevêque ^. On fit alors la déposition solennelle des reliques de saint Nicolas, que des pèlerins avait rapportées d'Asie en Italie ^. Urbain revint à Rome [1®^ octobre]
1. Lupus Protospatharius, ad ann, 1089 ; Bomuald de Salerne, dans Mon, Germ.'hist., Script., t. xiv, p. 412 ; F. Chalandon, op. cil., t. i, p. 297. (H. L.)