Ughelli, Ilalia sacra, t. ii, p. 211. (II. L
2. \Velf avait dix-huit ans, Mathilde quarante-trois. On a soin de nous prévenir que c'était un mariage purement spirituel; c'est même, paraît-il, fort édifiant. On ne s'en serait pas douté. Il faut avoir l'édification facile pour l'alimenter dans une circonstance aussi contestable. Le mariage est un sacrement institué pour consacrer les relations des époux ; or ici, comme pour Marcien et Pulchérie, on énerve le sacrement en lui retirant d'avance toute destination. La différence d'âge ajoute une note d'un comique indécent à ce mariage de vaudeville. On nous avertit que le pape souhaitait cette union, qu'il l'imposait presque, afin que Mathilde, renforcée des secours de la Bavière, pût désormais braver Henri IV et soutenir efficacement le parti réformiste. Mais dans tout cela, on ne voit pas ce que devenaient les droits du mari, un jeune homme de dix-huit ans qu'on acculait à peu près immanquablement à l'adultère. La politique trouvait son compte, c'est évident ; quant à la morale, ce n'est pas aussi clair. (H. L.)
3. Je supprime dans le texte une remarque d'Hefele : « C'était un mariage de saint Joseph ». Non ! D'abord la disproportion d'âge serait en sens inverse, mais encore et surtout rien ne nous permet de dire qu'il y ait eu disproportion d'àgf entre Joseph et Marie. Nous n'en savons absolument rien, car les apocryphes ne comptent pas. Enfin, ne comparons pas la préparation d'un mystère fondamental de la religion avec les convenances plus ou moins respectables d'une combinaison politique. Si elle est le fruit des réflexions du pape Urbain II, elle n'en vaut guère mieux et fait peu d'honneur à son jugement. Demandons-nous dans le cas où ce mariage burlesque aurait eu lieu entre adversaires du pape et partisans d'Henri IV, de quelles ironies délicates, de quels sous-entendus on en accompagnerait le récit et comme on aurait soin de se voiler la face et de laisser planer un doute sur la sincérité finale des époux. Il faut pourtant, — en histoire du moins — n'avoir qu'une seule mesure, la même pour tous. (H. L.)
4. On unissait ainsi la Bavière et la Toscane, c'est-à-dire l'Allemagne du sud à l'Italie du nord.
son parti, prévoyant que cette réconciliation se ferait à leurs dépens, s'y opposèrent énergiqiiement, et Henri, abandonnant ce projet, vint pour la troisième fois en Italie, (printemps de 1090), tenter la fortune des armes contre Mathilde, dont il avait déjà confisqué les biens de Lorraine. Vers ce même temps, il s'attacha étroitement la maison ducale de Carinthie et d'Istrie : après la mort de Lintold, qui ne s'était pas toujours déclaré partisan de l'empereur, il conféra le duché à son frère Henri, marquis d'Istrie, et fit monter son autre frère, l'abbé Ulrich de Saint-Gall, très batailleur et fanatique ennemi du pape, sur le siège })atriarcal d'Aquiléc ^.
Après avoir renforcé son armée dans la Haute-Italie et dévasté plusieurs terres de Mathilde, Henri commença (après Pâques 1090), le siège de Mantoue, principale forteresse de cette princesse. L'empereur se proposait de la prendre par la famine, mais au bout de onze mois (avril 1091), elle fut livrée par trahison, et Henri y institua, comme partout ailleurs, un évêque intrus. La fortune favorisait Henri IV. Pendant le siège de Mantoue, une diversion contre l'État de l'Église avait obligé le pape Urbain à prendre la fuite, et amené le rétablissement de Guibert dans Rome '. Quelques mois après, l'empereur vainquit de nouveau Mathilde à Tricontai sur le territoire de Padoue, et s'empara de plusieurs forteresses. A cette époque (juillet-août, 1091), la mort le délivra de deux de ses ennemis les plus déclarés en Allemagne, l'abbé Guillaume d'Hirsau^et l'évêque Altmann de Passau *. En décem-