‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 243 sur 505 · LES CINQ PREMIÈRES ANNÉES d'uRBAIN II · texte numérisé non relu

LES CINQ PREMIÈRES ANNÉES d'uRBAIN II

1863 ; A. Sieber, Dischuj ho wii Cluiiircs itnd seine Slellung zu deii làrclteiipolitischen Fragen seiner Zeit, in-8, lirauiisherg, 1885 ; A. Tliciner, Ueber Jvels vernii'iiilUches Décret, ein Beitiag ziir Cesclticlite des Kirclienreilits, insbesondere zur Krilik der Quelleri des Gralian, nehst einem Quellenaiihaiig in-8, Main/., 1832, cf. Reisach, dans.4/(na/. d. sciences relig., 1835, t. i, p. 72-96; A. Thoincr, Disquisil. canon, décret, collecl., 1836, p. 139-215 (= P. L., l. c;lxi, cul. 'i9) ; (Vai-iJlas), L'esprit d'Yves de Chartres dans la conduite de son diocèse et dans les cours de France et de Home, in-12, Paris, 1701 ; Wageniann, dans Realencijklopàdie fur protest. Théologie, 3'^ édit., 1. ix, p. 664 sq.

La rcputation juslemcnl acipiisi' i)ar' ^'vcs de Chai'lres lui donne droit à une mention moins sommaire dons une Histoire des conciles, que celle qui lui est accordée dans le texie. Nous suivrons et citerons dans <'etle notel'étude consacrée à l'illustre évèque par M. P. Fournier.

« Elève de Lanfranc à l'abbaye du Bec, où il avait été le condisciple de saint Anselme, Yves s'était formé de bonne heure à Tétudc des lois et de la tradition de l'Eglise. Ainsi qu'on peut en juger d'après ses lettres écrites au cours d'un long et laborieux épiscopat, les connaissances qu'il avait acquises dès sa jeunesse ne lui furent pas dune médiocre utilité. ?sul n'usa plus que lui des textes canoniques pour motiver non seulement ses propres décisions, mais encore les consultations par lesquelles il répondait aux nombreuses questions que sa renommée lui attirait tant du royaume que des pays étrangers. Aussi, édifié par son expérience personnelle] sur la nécessité qui s'impose aux supérieurs ecclésiastiques de connaître le droit et les institutions de la société chrétieiuie, il composa lui-même des collections de textes qui reçurent dès leur apparition un très favorable accueil. En réalité, l'influence d'Yves de Chartres sur le développement canonique se manifesta sous deux aspects : par l'action qu'il exerça en tant qu homme de gouvernement et par le crédit dont jouirent les écrits qu'il légua à ses contemporains et à ses successeurs.

« Yves conçoit le droit de l'Eglise comme un ensemble de préceptes (jui proviennent de sources très différentes. Ces sources sont, d'après l'énumération faite par Yves lui-même, les décrétales des Pontifes romains, les canons des conciles, les règles posées par les Pères, et enfin les lois pronrulguées par les empereurs et les rois catholiques, Préface du Décret et de la Panormia, P. L., t. clxi, col. 47. Ajoutez-y la coutume qui, les textes insérés dans une lettre d'Yves et dans son Décret, IV, 194 sq., Epist., clxxxiv, en font foi, est considérée par lui comme une source du droit ecclésiastique. Mais il faut se garder de croire que toutes ces sources aient pour lui une égale valeur. Les opinions particulières des Pères, les décisions mêmes contenues dans l'Ancien Testament, doivent céder à la parole de l'Evangile (Epist., ccxxii). Les lois des empereurs ne sauraient prévaloir contre la loi divine, pas plus que contre la loi ecclésiasticjue ; en ell'et, elles tirent leur force de la sanction que leur a conférée l'autorité de l'Eglise romaine (Epist., ccLXii, ccLxx). La coutume ne saurait être opposée aux décrétales et aux conciles (Epist., clxxxi-» ; Décret., IV, 202 sq.). Et, quant aux canons des assemblées conciliaires, même générales, il leur faut rajiprobaliou du pape pour devenir la loi de l'Eglise universelle; c'est en se fondant sur ce principe qu'Yves fait fréquemment usage des canons des VIP et VIIP conciles généraux (|ui ont reçu cette approbation. Sans doute ces règles éparses dons les œuvres d'Yves n(! constituent pas une théorie d'ensemble qui déleiiaiiic la valeur resiicclive des

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