‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 253 sur 505 · LES CINQ PREMIÈRES ANNEES d'uRBAIN II · texte numérisé non relu

LES CINQ PREMIÈRES ANNEES d'uRBAIN II

braisiens, chercha à faire traîner l'afTaire en longueur, et crut préférable de laisser au pape le soin de sacrer Lambert, ce qui eut lieu en effet ^.

[lOb] ]^'ri grand synode français fut tenu à Bordeaux en 1093, sous la présidence d'Amat, archevêque de cette ville, légat du pape ; cette assemblée chercha à ramener la bonne entente entre plusieurs monastères et des évêques -,

Le dernier concile de 1093 fut célébré le 4 décembre ; Anselme, abbé du Bec en Normandie, fut sacré archevêque de Cantorbéry et primat d'Angleterre ^. Au temps du pape Grégoire VII, le trône d'Angleterre était occupé par Guillaume le Conquérant, qui, tout en entrant plus avant que bien d'autres dans les plans de réforme de Grégoire, maintenait inflexiblement les prétendus droits de la couronne sur l'Église Guillaume fit observer le célibat des clercs et des réformes analogues, tout en persistant à donner les investitures. Depuis l'époque de l'heptarchie, les évêques et abbés anglais possédaient des biens d'Église et étaient devenus, comme en Allemagne, vassaux {thane) des rois. Au début, l'élection canonique se terminait par l'investiture avec l'anneau et la crosse ; peu à peu le droit d'élection passa entre les mains du roi. Tel était l'état des choses lorsque Guillaume, duc de Normandie, s'empara de l'Angleterre en 1066. Dès lors, la dépendance des prélats à l'égard du pouvoir royal ne fit que s'accroître, et tout en félicitant Guillaume le Conquérant, Grégoire VII lui dit que,

Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 668, 755 ; Gousset, Actes de la province ecclésiastique de Reims, p. 113 ; Jaffé, Reg. pont, room., t. i, p. 670, 672, 674.

1. 19 mars 1094. Lambert de Guines, archidiacre de Térouamie, grand-chantre de Lille, évêque d'Arras, 10 juillet 1093, sacré à Rome, légat pontifical, mort le 16 mai 1115. Em. van Arenberg, dans Biogr. Belgiq., 1890, t. xi, p. 155-157; A. Dupuis, dans Mém. de la soc. des scienc. de Lille, 1858-1859, 11^ série, t. v, p. 261 ; J. A. Fabricius, Bihlioth. medii œvi, 1735, t. iv, p. 696-697 ; 2^ édit., p. 236 ; Fréchon, Notice sur Lambert de Guisnes, évêque d'Arras, dans les Mém. soc. des antiq. de Morinie, 1841-1843-1845, t. vi, p. 1-50 ; B. Hauréau, dans Nouvelle biographie générale; Rivet, Hist. liitér. de la France, 1756, t. x, p. 38-59; Paquot, Hist. litt. des Pays-Bas, 1769, t. xv, p. 287-301 ; 2^ édit., t. m, p. 292- 296, P. L., t. cLxii, col. 615. (H. L.)

2. Mabillon, Aiuudes, t. v, p. 617 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 786; Concilia, Supplem., t. ii, col. 125. Cet Amat est celui que nous avons rencontré déjà souvent sous le nom d'Amat d'Oloron et en qualité de légat pontifical. Il fut archevêque de Bordeaux de 1089 à 1112. (H. L.)

3. Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1706 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. XX, col. 791. (H. L.)

sur plusieurs points, il était mécontent de lui ^ Toutefois, pour toutes les affaires de l'Église en Angleterre, Guillaume se conduisait surtout d'après les conseils de Lanfranc, archevêque de Cantorbéry depuis 1070; et comme les évêchés étaient toujours attribués à des sujets recommandables et sans simonie, Grégoire Vil, absorbé par sa lutte avec Henri IV, crut devoir tolérer ce qui se passait en Angleterre ^. Le moment d'entrer en conflit avec Guillaume eût été mal choisi tandis que l'antipape cherchait à l'attirer à son parti.

La situation s'aggrava après la mort de Guillaume le Conquérant, sous le règne de son fds Guillaume II dit le Roux (depuis 1087), et surtout après la mort de Lanfranc en 1089. Les églises ronqi furent pillées ; les évêchés, à commencer par Cantorbéry, furent laissés vacants, et le roi s'en appropria les revenus ; on vendit les charges ecclésiastiques et les cimetières furent changés en parcs à gibier ; il en fut ainsi jusqu'en l'année 1093.

Anselme, abbé du Bec, disciple et ami de Lanfranc ^, avait fait à

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