‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 259 sur 505 · Mon. Germ. hisl., Script., t. v, p · texte numérisé non relu

Mon. Germ. hisl., Script., t. v, p

3. Mon. Germ. hisl., Script., t. v, p. 457, cf. Forschungen zur deulsch.Geschichte^ 1883, p. 145 ; Gôcke, Anfânge der Landfriedens-Aujrichluu'j,rn in Deulschland , ja-8, Gottingen, 1875, p. 59 sq.

4. En 1088, l'impératrice Bertlie mourut. Dédaignée au début par son mari, elle l'avait vu peu à peu revenir à elle et en avait obtenu un attachement plus constant qu'on ne semblait pouvoir espérer de ce caractère mobile. Cette fidélité

l'empereur avait, dès 1087, fait couronner roi d'Allemagne à Aix-la-Chapelle par Sigwin, archevêqxie de Cologne, puis envoyé

conjugale succédant à des dissipations et des débauches de jeunesse aurait dû désarmer les chroniqueurs, il n'en fut rien. Ceux-ci tenaient une veine dont la grossièreté même les épanouissait et il n'est pas d'infamie qu'ils ne prêtent à Henri IV. Tout leur était bon et les henriciens le leur rendaient avec usure aux dépens de Mathilde, de Grégoire VII, etc. La seconde femme d'Henri IV, Adélaïde, ne remplaça pas l'amie qu'il venait de perdre. Sa famille allait lui procurer de dures épreuves. Au moment où, vainqueur de Mantoue, Henri croyait pouvoir accabler impunément W'cli et Mathilde, une double trahison allait le précipiter.

Le fils d'Henri, Conrad, avait été couronné roi des Romains à Aix-la-Chapelle, le 30 mai 1087 et destiné au gouvernement de l'Italie, h' Annaliste Saxon nous le fait connaître. C'était un jeune homme de vingt ans à peine qui déjà « avait donné en Italie une telle idée de son caractère que tout le monde attendait de lui le rétablissement de l'ordre dans l'empire. Par-dessus tout il était catholique et dévoué au Saint-Siège, plus occupé de religion que d'armes et de grandeur, doué toutefois d'une volonté ferme et même de hardiesse dans ses desseins, plus sensible aux choses de l'esprit qu'aux jeux de son âge, doux et compatissant aux misérables, bienveillant pour tout le monde, affable et accessible à toutes les conditions de personnes, aimé de Dieu et des hommes. On assure qu'il avait voué sa vie au célibat...» Conrad, ainsi que l'observe justement Ch. Giraud, était une preuve vivante et éclatante du revirement des esprits et du triomphe prochain de la cause de Grégoire VII dans l'opinion. L'homme le plus intéressé, et le plus excusable par son éducation et par le fonds humain qui est en chacun de nous, à faire une opposition irréductible à la réforme, se trouve en être le partisan le plus dévoué, a Conrad était donc intérieureraient tout gagné aux ennemis de son père. Peut-être ce dernier avait-il cru que les dispositions morales du jeune homme, auquel il prodiguait une confiance affectueuse, achèveraient de lui concilier les esprits en Italie; il ne soupçonnait pas le parti que des adversaires décidés à tout oser pouvaient tirer de l'ascétisme étroit de son fils, et ce jeune prince devint facilement la proie des intrigues qui l'entouraient. Welf (le père) et Mathilde pratiquèrent auprès de lui des intelligences qui se pouvaient couvrir de l'alTeotion du sang, et, tout en paraissant réserver le respect de lautorité paternelle, ils obtinrent du prince des manifestations qui aboutirent à la révolte. La simplicité de l'adolescent fut dupe des odieuses manœuvres d'un vieux politique comme Welf et d'une dévote intrigante comme Mathilde dont la piété affectée fascina aisément le malheureux Conrad. Les motifs spécieux delà révolte, allégués d'abord avec une discrétion perfide, puis répandus en éclat scandaleux, ajoutèrent encore à 1 infamie du procédé, qui se masqua de religion. « La fausse dévotion, disent à ce propos les bénédictins, auteurs de l'Art de vérifier les dates, va souvent plus loin dans le crime que le libertinage, parce qu'elle s'y porte avec plus d'ardeur et de sécurité. '>

On ne prononçait le nom de l'empereur qu'avec révérence devant le jeune prince et il ne souffrait pas qu'on parlât devant lui des causes présumées de sa révolte, mais on se disait à l'oreille que l'empereur avait voulu, par un abominable ca-

Page 1