‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 265 sur 505 · CONCILIAS DE l'annke · texte numérisé non relu

CONCILIAS DE l'annke

Richer, archevêque de Sens, métropolitain d'Yves, à prendre part à ce concile, le roi lui lit dire que l'archevêque de Reims malade ne pouvait pas assister aux sessions (c'était dire que Richer serait président). La nouvelle était inexacte, mais Richer fut comblé de tant d'honneurs et si bien traité par l'archevêque de Reims que, sa vanité aidant, il se laissa entraîner dans le parti du roi. L'archevêque de Tours et huit évcques assistèrent aussi au synode, mais Yves refusa de s'y rendre, déclarant qu'on agissait contre le droit en jugeant son procès dans une [15j province étrangère (Chartres faisait partie de la province de Sens) et en appela au pape. Si ce concile de Reims est le même cjue celui dans lequel Lambert, le nouvel évêque d'Arras, prêta serment à son métropolitain, il fut célébré au mois de septembre 1094. Si cette assemblée, comme on l'a vu, se rendit aux désirs du roi concernant son mariage, d'un autre côté, Hugues de Lyon, revenu de ses errements sous Victor III ^, et nommé de nouveau par Urbain légat pour la France, convocjua un concile à Autun pour le 16 octobre 1094 -. Il choisit une ville du duché de Bourgogne, hors de la domination de Philippe, pour assurer plus de liberté aux membres du concile. L'excommunication fut renouvelée contre le roi Henri, l'antipape Guibert et leurs partisans. Le roi de France fut excommunié, pour s'ttre remarié du vivant de sa femme. Les décrets contre la simonie et le dérèglement des clercs furent renouvelés, et on défendit aux moines d'exercer dans les paroisses des fonctions curiales. Le concile s'occupa des privilèges de Marmoutiers déjà reconnus dans un synode de Brioude, et les confirma

i. Nous avons dit que le niécou lentement, vraisemblablement, l'avait jeté quelque temps dans l'opposition. (H. L.)

2. Coll. regia, t. xxvi, col. G59 ; Labbe, Concilia, t. x, col. 499-500 ; Hardouin, Cane, coll., l. vi, part. 2, eol. 1711 ; Coleti, Coticilia , t. xii, col. 819 ; Pagi, Critica, ad ann. 1094, n. 4-11 ; Rivet, Hist. litt. de la France, t. ix, p. 310 ; Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 461; Mansi, Concilia, Supplem., t. ii, p. 131 ; Conc. ampliss. coll., l. xx, co!. 799 ; Bernold, Citron., ad ann. 1095, dans Mon. Germ. hist.. Script., t. v, p. 464, dit du pape : Dum adliuc in Galliis morarelur... abjurala adulte) a in gratiam rereptum, c'est faux ; faux également ce qu'on lit dans Chronicon Malleacense, dans Berum gallicaruin et francicaium scriplorcs^ t. XII, p. 403, que le pape Urbain, au concile de Nîmes, en 1096, aurait léconcilié le roi Philippe; ceci n'eut lieu qu'en 1097-1099, ci. J^<fïé, Ucgesta pcntif. rcr. ., n. 5774. (H. L.)

à nouveau ^. Il ne nous reste de ce concile d'Autun qu'un seul canon, défendant aux moines de faire de la propagande parmi les chanoines pour les déterminer à entrer dans les monastères.

601. Conciles de Plaisance et de Clermont en 1095. Première croisade.

«A cette époque, écrit le chroniqueur Bernold, le pape, avec le secours de Dieu et de saint Pierre, avait si bien établi partout sa suprématie, qu'il put tenir un concile en Lombardie (où Henri séjournait encore) à Plaisance, c'est-à-dire au milieu des schismatiques, et convoquer à cette assemblée les évêques de l'Italie, de la Bourgogne, de la France, de l'Alemannie, de la Bavière et d'autres provinces. » Ce concile eut lieu vers la mi-careme (1^^ mars) 1095 ^; à Plaisance on y compta une si grande foule, environ quatre mille clercs et trente mille laïques, qu'aucune église ne se trouva assez vaste, et il fallut tenir l'assemblée dans la plaine. L'impératrice Praxède s'y plaignit de nouveau des traitements ignominieux que son mari lui avait fait subir, et, comme elle ne les avait pas mérités, on ne lui imposa pas de pénitence. Une ambassade du roi de France déclara que ce prince aurait voulu paraître en personne au synode, mais qu'il en avait été empêché. On lui accorda un délai jusqu'à la Pentecôte (13 mai). En revanche, le légat Hugues, archevêque de Lyon, fut suspendu

1. Brioude, Brivas, soiis-préfeclurc du département de la Haute-Loire. Labbe, Concilia^ t. x, col. 499 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1709 ; Colcti, Concilia, t. xii, col. 819 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 798. (II. L.)

2. Coll. regia, t. xxvii, col. 115; Labbe, Concilia, t. x, col. 500-505; Hardouin, Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 1711; Baluze, Misccllanca, 17G1, t. ii, col. 177 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 821 ; Mansi, Concilia, Suppleni., t. ii, p. 131 ; Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 801 ; Jafîé, Reg. pont, rom., t. t, p. 677; Chaillot, Analecta juris pontificii, 1868, t. x, p. 53G-5.37 ; L. Paulot, Urbain II, in-8, Paris, 1903, p. 129-137 ; Meyer von Khonau, Jo/(r6uc/ie;-, t. iv, p. 441 sq. ; Bernold, Chronicon, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 461 sq.;Leges, sect. iv, t. i, p. 393; p. 5G0-563 ; A. Hauck, KirchengescJiichte DeulscJilands, 4^ édit., t. m, p. 878. Les canons 5, 6, 7 ont passé dans Gratien, Decrclum, pars II, causa I, q. v, c. 1.

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