Voir
4. « Au moment où il monta svu' le trùne pontifical, Grégoire VII devait être assez mal disposé contre les Normands dont l'alliance n'avait pas procure à la papauté tous les avantages espérés. Toutefois depuis l'expédition de Gottfried de Lorraine, un iiiodus vivemli avait fini par s'établir avec Richard de Capouc ; il n'en était pas de même avec Robert Guiscard, tjui n'avait à aucun moment aidé la papauté et auquel le pape attribuait une part de responsabilité dans les attaques continuelles de Robert de Lorilello contre des terres regardées comme dépendant de Rome. « F. Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie et en Sicile, in-8, Paris, 1907, t. i, p. 227. Dès que courut le bruit de la mort de Robert, le nouveau pape qui était aux aguets voulut prendre conseil et nous l'avons
dernier changea son plan, et le 2 août 1073, vint du Mont-Cassin à Bénévent, où par l'intermédiaire de l'abbé Didier, il invita Robert à se rendre ^. Le duc, prétextant la crainte que lui inspiraient les habitants, campait avec son armée hors de la ville, et invitait le pape à venir le trouver dans son camp. Mais aucun des deux ne voulut céder sur ce poinl, et l'entrevue ne put avoir lieu -. En revanche, le pa})c conclut le 12 août, jiendant sou séjour à Bénévent, un traité avec LaiiduU" VI, prince de Bénévent et son vassal ; on y lisait cette clause : « Si, à partir de ce moment, le prince se rend coupable d'une trahison à l'égard de l'Eglise romaine, du pape et de ses successeurs ... et s'il ne peut s'excuser au tribunal même du pape, il perdra immédiatement sa dignité ^. »
De Bénévent, Grégoire alla à Capoue '^ où il lit prêter le serment
vu, dès le surlendemain de son élection, mander à Didier du Mont-Cassin et à Gisolfc prince de Salcrnc, de venir à Rome au plus vite; Jafïé, .'\/o;u(//i. Gregorlana, p. 10, 11. Une Iroisicme lettre, non insérée dans le Registriun, mais dont Aimé du Mont-Cassin nous a conservé la substance, était celle qui fut adressée à Sykelgaile. Aimé, 1. VII, n. 8. Le bruit de la mort a\ ail-il vraiment couru, en tous cas le nouveau pape avait saisi l'occasion aux cheveux et l'envoi d'une lettre toute endolorie de condoléances tombant entre les mains de celui qui y verra les larmes que fait couler la nouvelle de sa mort est une de ces rencontres si heureuses qu'on est tenté d'y voir quelque habileté. La promesse faite à Roger de l'investir de la succession palernelle était do bon augure après les relations parfois un peu aigres entretenues sous le pontificat précédent. Guiscard pourrait se demander si l'ancienne politique allait continuer. Qu'il pût se le demander, c'était déjà quelque chose ; en tous cas, il fit une gracieuse réponse; il allait mieux, sans être complètement rétabli, et, très touché, promettait de servir le pape fidèlement. Grégoire voulut battre le fer tandis qu'il était chaud et chargea Didier de ménager une entrevue, c'est ce qui, à défaut d'autres raisons, expliquerait le choix de San-Germano, sur le territoire du Mont-Cassin. Robert Guiscard avait été touché, mais pas convaincu. Il arriva à Rappolla avec une troupe armée qui montra qu'il n'était guère rassuré pour sa sûreté personnelle. (H. L.)
1. Aimé du Mont-Cassin, L'Ystoire, 1. VII, n. 9 ; Pierre Diacre, Chron., III, 36 ; Chron. S. Beiied., dans Monum. Gerni. hist., Script., t. m, p. 203. (H. L.)
2. Robert réclama un sauf-conduit par défiance des habitants de Bénévent ; le pape se jugea offensé et « en continent, dit le chroniqueur du Mont-Cassin, discorde fut entre eux et maie volonté et grant ire. i II se pourrait qu il y ait eu autre chose; cf. E. Chalandon, Histoire de la dotninalion norinmidc, (. i, p. 22'.). (IL L.)
3. Rcgistnuu, 1. I, n. 18 <( ; Monum. Gregoriana, p. 32; Aimé, VYsloire, édit. Champollion-Figeac, p. 197 ; Mansi, Cane, ampliss. coll., t. xx, col. 75 ; Hardouin, Conc. coll., t. VI, part. 1, col. 1210.