‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 306 sur 505 · G02. ALIRES CONCILES SOUS URBAIN II · texte numérisé non relu

G02. ALIRES CONCILES SOUS URBAIN II

pour le concile i. Il y arriva le 3 octobre et fut reçu avec pompe par l'archevêque de la ville, Klie. Le concile se tint dans la cathédrale de Saint-Nicolas, dura une semaine et compta cent quatre-vingt-cinq évoques. Les actes de ce concile étant perdus, nous sommes réduits aux renseignements fournis par Eadmer, dans sa biographie d'Anselme, dans son ouvrage Historia noi'orum, lih. II, et par Guillaume de Malmesbury, dans ses Gesta pont. angl. On y voit que le pape ouvrit le concile par un discours sur la foi et s'exprima avec son éloquence ordinaire. Les Grecs voulurent prouver par la Sainte Écriture que le Saint-Esprit ne procédait que du Père : le pape leur répondit et emprunta des arguments au livre d'Anselme De incarnatione Verhi. Après discours et répliques, le pape dit d'une voix forte : « Père et maître Anselme, où es-tu ? » Celuici, assis au rang des évêques, lui répondit ; alors le pape reprit : « Viens, je te prie, arrive, combats pour ta mère qui est aussi la nôtre ; Dieu t'a conduit ici pour être son champion. » On s'écarta pour lui frayer un chemin jusqu'au siège du pape, et on attendit. Le silence rétabli, Urbain présenta Anselme à l'assemblée, exalta ses vertus et son zèle, raconta son exil pour la justice. Anselme allait prendre la parole contre les Grecs, mais le pape décida de remettre au lendemain la suite de la discussion. Dans la seconde session, Anselme traita la ques- [254] tion avec clarté et profondeur. Le Saint-Esprit, sur lequel il parlait, gouverna son cœur et sa langue. (Plus tard, il développa dans son écrit De processione Spiritus Sancti les arguments exposés devant le concile.) Quand il eut achevé, le pape lui dit : « Que ton cœur et ses pensées, que ta bouche et son éloquence soient bénis ! » Urbain parla ensuite du roi d'Angleterre, formulant contre lui diverses accusations, se plaignant en particulier de ce qu'il vendait et opprimait les églises et de ce qu'il eût maltraité Anselme. « Les avertissements répétés d'Anselme étaient demeurés sans effet ; son exil le prouvait suffisamment. » Le pape demanda le sentiment du concile, qui fut d'avis de frapper le roi d'excommunication. Mais Anselme, jusque-là silencieux,

1. Bari, prov. de la Pouille, Coll. regia, t. xxvi, col. G81 ; Labbe, Concilia, t. X, col. 611-612; Hardouiii, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1753; Coleti, Concilia, l. xii, col. 945 ; Mansi, Concilia, Supplem., l. ii, col. 161; Conc. ampliss. coll. t. XX, col. '.)'\1 ; .TaftV-, Reg. pont, rom., t. i, ]i. 69'i. (H.. L.)

se jcla aux pieds d'Urbain et le pria de différer la sentence, démarche qui lui valut l'admiration générale ^.

On lit dans une lettre du pape Pascal II à Anselme : « Au concile de Bari tenu sous notre prédécesseur Urbain, et auquel assistaient ta Piété et nous-meme, on a prononcé l'excommunication contre cette peste des investitures laïques ^. » Deux documents^ nous apprennent qu'à Bari les moines du Mont- Cassin élevèrent des prétentions sur le monastère de Sainte- Sophie, et que, dans cette même assemblée, Urbain rétablit l'évêché d'Ao;rigento en Sicile, Une lettre du cieroé de Lucques nous montre enfin qu'à Bari il fut question de la croisade *.

Dans les premiers jours d'octobre 1098, c'est-à-dire pendant le concile de Bari, l'archevêque de Bordeaux, Amat, légat du pape, célébra un grand concile dans son église cathédrale. Plusieurs archevêques y assistèrent avec leurs sufîragants ; malheureusement, nous ne savons rien de cette assemblée, si ce n'est qu'elle termina un conflit entre deux monastères ^.

Déjà, vers Pâques 1098, l'antipape avait perdu sa redoutable [255J forteresse d'Argenta, sur le Pô. Ses efforts pour enflammer les évêques allemands de son parti étaient demeurés vains, et il n'avait pu renverser ses adversaires, en particulier l'archevêque de Mayence qu'il invita, dès le début de 1098, à un concile assigné àVerneuil le 9 octobre 1098 ; mais nous n'en savons pas davantage^. Pendant l'été de 1098, ses partisans de Rome (lui-même habitait depuis

1. Sur CCS cpisodcs du concile de Bari, nous avons le récit d'Eadnier,V//rt Anselmi, 1. II, c. xi.vii; Historia novorum, P. L., l. clix, col. 102 sq. ; t. clix, col. 414 sq. ; Baronius, Annal., ad ann. 1097, n. 146 sq. ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 945 ; Hardouin, Conc. coll., t. xv, part. 2, col. 175:5: Mansi, Conc. ampli.ss. coll., t. XX, col. 947 sq. ; ^yatterich, Vitœ pont, roman., t. i, p. 612. Ce récit a été reproduit dans toutes les vies de saint Anselme, bien rembourré d'adjectils élogieux et pompeux; ou peut se dispenser de citer aucune de ces productions, exception faite, cela va sans dire, pour le livre de Remusat et le L«/k// que lui a consacré Sainte-Beuve, Caiiseiics du lundi, I. vi, p. ;}(>2-377. (H. L.)

2. Coleli. Concilia, t. xii, col. 1048 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1845; Mansi, Conc. am])liss. coll., I. xx, col. 1061.

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