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CONCILES DEPUIS l'ÉLECTION DE PASCAL II

d'Urbain II. avait conduit en Terre Sainte une multitude de croisés italiens. Afin de donner au siège patriarcal un plus grand lustre, Godefroi et Bohémond déclarèrent fiefs de l'église de Jérusalem toutes leurs possessions de Palestine ^.

Après le concile romain d'avril 1099, Anselme de Cantorbéry se rendit à Lyon, où il séjourna auprès de son ami l'arche- Vôque Hugues, jus({u'à la mort du Guillaume le Roux (2 août 1100). Sous son jeune frère et successeur, Henri I^'", Anselme regagna l'Angleterre. Vers la fin du séjour d'Anselme en France, se tint à Anse un concile auquel il assista ^. On y renouvela un statut de paix et on s'occupa de la croisade ; tout croisé qui n'accomplirait pas sa promesse devrait être excommunié. L'archevêque Hugues de Lyon voulait prendre la croix, et traita de cette question avec le pape qui voulait le faire son légat en Asie. Mais ce plan ne put être mis à exécution que l'année suivante.

Le 30 septembre 1100, les deux légats de Pascal II en France, Jean et Benoît, tinrent à Valence ^ un concile qui imposa aux moines de Flavigny de reprendre leur abbé, Hugues le Chroniqueur, qu'ils avaient chassé avec le secours de l'évêque d'Autun. Les moines refusèrent, et Hugues ne put recouvrer son abbaye *. Les chanoines d'Autun portèrent, dans ce même

1. Foucher de Chartres, c. xxxiv : In Jherusulétn quoque duxGode/redUs et domniis Boamitudiis tcceperuiit terram suam a palriarcha Dairnherto piop/cr amorcm Dei; pour la possession du quart de la ville, qiiarterium palriarcha^ (tt la demande postérieure relative à cette possession, cf. Guillaume de Tyr, 1. IX, c. xvi-xvin. p. 448-451; Daimbert, Episi., 1. X, c. iv, p. 457-459 (il est vrai que l'authenticité en est fort contestable, cf. Prutz, dans Neues Archiv, 1882, p. 130) ; Kugler, Albert von Aaclien, p. 262 sq. ; Rôhricht, Der erstè Kreuzzug, p. 216, note 26 ; 17 sq.; Gcsch. des Konigrcichs Jérusalem, p. 6, n. 1, 2. Tancrède se constitua vassal du patriarcat pour Tibériade et toute la Galilée, cf. Rôhricht, Der erste Kreuzzug, p. 218, n. 7. (H. L.)

2. Labbe, Concilia, t. x, col. 726-727 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 18G1 ; Colcti, Concilia, t. xii, col. 1089 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 1127; la date de ce coiicile est nécessairement antérieure au 23 septeniljie, date à laquelle Anselme était de retour en Angleterre.

3. Labbe, Concilia, t. x, col. 717-720 ; Hardouin, Conc. coll.. t. vi, part. 2, cjI. 1853 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1079 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, cjI. 1115. (H. L.)

4. Hugues, no en Verdunois, 1065 ; abbé de Flavigny, 1096, béni 22 novembre 1097, abbé de Saint-Vanne à Verdun, 1111-1115 ; cf. F. Guignard, dans Mémoires di; la Société cduenne, 1885, IP série, t. xiv, p. 29-35 ; Ilisl. litlér. de la France, t. x ,

concile, une accusaliou de simonie contre leur évè(jue Norgaud^. Cette affaire traîna en longueur, grâce aux futiles objections de l'accusé et de ses amis, grâce surtout à une discussion sur la procédure à suivre. Nombre d'évcques français soutenaient que l'usage de l'Eglise gallicane était d'établir le corps du délit en demandant à l'accusé de ])rouver son innocence. Les légats soutenaient, au contraire, et avec raison, que les accusateurs devaient d'abord faire la })reuve de ce qu'ils avançaient. Les légats, munis de pleins pouvoirs, ne permirent pas à l'évêque d'Autun d'en appeler à Rome. La décision fut remise au prochain concile de Poitiers; mais l'évêque d'Autun ayant corrompu quelques membres du concile et cherché à en corrompre d'autres, les légats lui interdirent jusque-là toute fonction sacerdotale.

L'âme de l'opposition contre les légals du ])ape était Hugues de Lyon -, fort mécontent de voir soustraire à son tribunal un de ses sufîragants déféré à une autre province ecclésiastique^. Aussi une maladie diplomatique le dispensa de siéger à Valence et à Poitiers, où se tint, le 18 novembre 1100, un concile de quatrevingts évêques et abbés, voire cent quarante, d'après certains historiens *. Hugues de Lyon chargea l'évêque de Die de défendre Norgaud à Poitiers. Trente-cinq chanoines d'Autun y vinrent accuser leur évêque, et on agita de nouveau la question de la procédure à suivre et celle de l'appel à Rome. Les légats finirent par autoriser Norgaud à prouver son innocence, si toutefois plusieurs personnes de marque consentaient à jurer avec lui. On exceptait toutefois les évêques de Châlons et de Die, exclus pour cause de partialité. Au début, l'archevêque de Tours, l'évêque de Rennes et plusieurs autres se montrèrent disposés à prêter [2621

p. 73-75 ; R. Kopke, Die Qucllen dcr Chronil: des Hugo i'on Flavigiuj, dans Pertz, Archiv, 18'i7, t. ix, p. 240-292. (H. L.)

2. Le vent avait tovuiié : Hugues de Die, quelques années plus tôt, s'occupait bien peu de métropolitains et de sufîragants ; c'était lui le légat omnipotent, et qui morigénait Grégoire VU, l'accusait même de timidité. (H. L.)

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