Valence relevait de la métropole de Vienne
4. Bihlioth. Cluiiiacensis, MW'i, not. 129-130 ; Coll. retiia, i. xxvi, col. 743 ; Labhe, Concilia, 1. x, 720-726 ; llardouin, Cane, coll., t. vi, part. 2, col. 1255 ; Coleti, Concilia, t. xu, col. 1081 ; Mansi, Concilia, Supplem., t. ii, col. 183 ; Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 1118 ; lîoiHjucl, Recueil des Itisl. de la France, 180G, t. XIV, p. 108-109; cl. p. lxxxv. (H. L.)
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serment avec Norgaud; mais, sur les représentations des chanoines d'Autun, ils n'osèrent, et, l'accusé se trouvant seul, on lui commanda de quitter l'anneau et la crosse, c'est-à-dire d'abdiquer volontairement. Il refusa; on le déposa, avec menace, en cas de désobéissance, d'excommunication ; plus tard, s'étant purifié par serment, il fut remis en possession de son évêché.
On aborda aussi à Poitiers la question du mariage de Philippe roi de France. Oublieux des promesses faites à Nîmes, Philippe avait rappelé Bertrade, et Urbain, débordé par les alîaires, avait du, pour un temps, fermer les yeux. Mais aussitôt après le concile de Valence, les légats du pape Pascal vinrent trouver le roi en vue d'un accord satisfaisant. Leurs négociations n'ayant pas abouti, ils déclarèrent à Poitiers qu'ils allaient renouveler la sentence d'excommunication contre Philippe et Bertrade. Guillaume le Troubadour 1, comte de Poitiers, et plusieurs évêques demandèrent à genoux aux légats de renoncer à cette sentence. Voyant qu'ils ne gagnaient rien, Guillaume dit d'un ton menaçant, au milieu d'un profond silence : « Le roi, mon seigneur, m'a mandé que, sans égard pour sa personne et pour moi, vous vous disposiez à l'excommunier dans une ville que je tiens de sa couronne ; il m'a sommé, par la fidélité que je lui dois, de m'y opposer de toutes mes forces. Je vous déclare donc que je ne souffrirai pas un pareil attentat ; et si, malgré ma défense, vous osez le commettre, je vous jvire, par la foi que je lui ai vouée, que vous ne sortirez pas d'ici impunément. » Les légats passèrent outre et prononcèrent l'excommunication. On se préparait à terminer le concile par les prières accoutumées lorsqu'un homme du peuple, irrité de la sentence portée contre le roi, lança une pierre sur les
1. Il avait commis la même faute que le roi. Après avoir répudié sa femme, fille de Foulque, comte d'Anjou (celui-là même qui avait Bertrade pour femme), il en avait épousé une autre. Guillaume IX le Jeune, né le 22 octobre 1071, comte de Poitiers et duc d'Aquitaine, 1086, croisé 1100, mort à Poitiers le 10 février 1127, cf. C. Barth, Ueber das Lehen und die Werke des Troubadours Wilhelm IX, Grafen von Poitiers, in-8, Hildesheim, 1879 ; F. M. Luzel, La vie de monsieur saint Guillaume, duc de Guienne, comte de Poitiers, et le patron des pénitents, dans le Bull. soc. archcol. du Finistère, 1891, t. xviii, p. 71-94 ; Léon Palustre, Histoire de Guillaume IX dit le Troubadour, duc d'Aquitaine, dans les Mémoires de la soc. des anliq. de l'Ouest., 1880-1881, IP série, t. m, p. 63-354 ; M. Sachse, Ueber das Leben und die Lieder des Troubadours Wilhelm IX, Grafen von Poitiers, in-8, Leipzig, 1882. (IL L.)
légats. Le coup atteignit un clerc placé à côté d'eux; ce fut le signal d'un tumulte indescriptible. Quelques évoques s'enfuirent» mais la plupart demeurèrent, électrisés par l'exemple de Robert d'Arbrissel et de Bernard, abbé de Saint-Cyprien.Ils retirèrent leurs capuchons pour montrer qu'ils ne craignaient pas les projectiles. Leur courage fit impression, le calme se rétablit, et on exprima des regrets de cette scène déplorable.
Le concile s'occupa ensuite, sans empressement, de l'affaire de Robert, abbé de Saint-Remi à Reims, injustement chassé de son monastère. Les deux partis en appelèrent à des décrets du pape ; mais les textes présentés par les adversaires furent déclarés apocryphes par les légats, comme n'étant pas conformeis pour le parchemin et le style aux documents émanés de [2G3] la cour rornaine ; ils se terminaient par la formule valete, qui n'était jamais employée par les papes (néanmoins, Pascal II emploie cette formule dans plusieurs de ses lettres) ^. On décida que l'fiffaire serait réglée à Rome.
Yves de Chartres parle de deux autres questions traitées à Poitiers. Sa propre réclamation contre l'évêque d'Orléans, à propos d'un autel, fut déclarée fondée. En revanche, un certain Drogon, auquel l'évêque de Chalon avait confié la charge de trésorier de l'église, fut débouté de sa plainte. Le concile promulgua seize canons: 1. Aucun prêtre ne peut tonsurer un clerc; l'évêque seul a pe droit. Toutefois, l'abbé peut donner la tonsure à ceux qui entrent da^s l'ordre de Saint-Benoît. 2. On ne doit rien demander pour la collation de la tonsure. 3. Aucun clerc ne doit être le serviteur d'un laïque, ni accepter d'un laïque un bénéfice ecclésiastique. 4. L'évêque seul peut bénir les habits sacerdotaux et les vases sacrés de l'autel. 5. Aucun moine ne doit porter le manipule, s'il n'est sous-diacre. 6. Un abbé ne 'peut porter ni gants, ni sandales, ni anneau, sauf privilège de Rome. 7. On ne doit ni vendre ni acheter les prébendes. 8. On ne doit jamais aliéner une prébende, du vivant de celui qui en jouit. 9. Défense aux clercs et aux moines, sous peine d'excommunication, d'acheter à quiconque des autels ou des dîmes -. 10. Les clercs réguliers peuvent baptiser, prêcher, confesser et procéder aux funérailles, mais avec la permission de l'évêque.
1. A. Giry, Manuel de diplomatique, in-8, Paris, 1894, p. 672-681. (H. L.)