‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 315 sur 505 · Ceux qui s'occupent des reliques ne doivent pas prêcher · texte numérisé non relu

Ceux qui s'occupent des reliques ne doivent pas prêcher

13. Aucun archevêque ne doit exiger une redevance de son suffragant, aucun évèque d'un abbé pour une ordination. 14. Aucun laïque ne doit participer aux oiïrandes faites à l'église. 15. Personne, et en particulier aucun avocat, ne doit s'approprier le patrimoine d'un évêque. 16. On doit du reste observer avec soin les canons de Clermont. La Chronique de Maillezais ajoute cette prescription : Chaque église doit racheter ses droits et ses fiefs.

Au mois d'octobre 1100, le pape Pascal présida à Melfi un

concile qui excommunia les habitants de Bénévent pour avoir

[264] abandonné, politiquement, le Siège apostolique. Une bulle du

pape de 1102 atteste que différents monastères envoyèrent des

plaintes à cette assemblée ^.

Le 11 novembre 1100, la consécration de la nouvelle église de Sainte-Marie à Vilabertran, diocèse de Girone en Catalogne, fut l'occasion d'un concile qui fixa les droits de cette église et obligea les clercs qui la desserviraient à suivre la règle de saint Augustin ^. En février 1101, le cardinal-légat Richard célébra à Girone un synode dont nous possédons encore un document; c'est une donation de Bérenger, évêque de Barcelone, à l'abbaye de Saint-Victor à Marseille, dont le cardinal-légat était abbé ^.

Vers la fin de 1100, un synode se tint à Lambeth. Anselme de Cantorbéry était à peine de retour en Angleterre (septembre 1100), que le roi Henri I^r l'invita à prêter le serment ordinaire de vassalité et à recevoir de sa main son bénéfice archiépiscopal. Anselme refusa l'un et l'autre. Le roi objecta qu'il perdrait « la moitié de son royaume » s'il renonçait à l'investiture et au serment de vassalité ; on convint d'ajourner la solu-

1. ]\Iansi, Cojic. ampliss. coll., t. xx, col. 1131 ; Jaiïc, Reg. pont, rom., t. i, p. 706 ; Annales Benes'entani, ad ann. 1101, dans Mo?!. Germ. hist., Script., t. m, p. 183; cf. Liber poniificalis , édit. Duchesne, t. ii, p. 298 ; F. Chalandon, Histoire de la domination normande dans l'Italie méridionale eten Sicile, 1907, t. ir, p. 310. (H. L.)

2. Vilabertran, prov. de Girone ; Labbe, Concilia, t. x, col. 727 ; Hardouin, Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 18G1 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1089 ; Agnirre, Concilia Hispanise, 1755, t. v, col. 23-25 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., l. xx, col. 1127. (H. L.)

3. Coleti, Concilia, t. xii, col. 1093 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. llS'i. (lï. L.)

tion jusqvi'à Pâques de l'année suivante et d'envoyer »in ambassadeur à Rome demander au pape d'atténuer la discipline sur ce point. Vers la fin de l'année (novembre) 1100, Anselme réunit dans la résidence ordinaire des archevêques de Cantorbéry, à Lambeth [in ç>illa sancti Andréas de Ro^ecestra, quœ Lambeta çocatur), un concile pour examiner si le roi Henri pouvait épouser la princesse écossaise Matliilde, ou si cette dernière était oblate du monastère de Wilton. On décida en faveur du roi, en s'appuyant sur un concile général anglais tenu sous Lanfranc en 1075 ', permettant le mariage aux femmes qui, pour protéger leur honneur, s'étaient réfugiées dans un monastère, sans toutefois faire profession^. Plusieurs ont accusé Anselme d'une condescendance excessive dans cette circonstance, afin de gagner le roi dans la question des investitures ; en réalité, il se conduisit conformément aux règles du droit canon. Quant à son « loyalisme», Anselme en donna une preuve éclatante lorsque, l'année suivante, Robert, duc de Normandie et frère aîné d'Henri, envahit [265] l'Angleterre pour s'emparer du trône, au mépris du testament du roi leur père. Plusieurs seigneurs hésitaient entre les deux princes, mais Anselme resta inébranlable, et, grâce à lui, les deux frères se -réconcilièrent, moyennant un dédommagement pécuniaire accordé à Robert^. Lorsque, dans l'été de 1101, l'envoyé anglais revint de Rome avec une réponse polie, mais négative *, Henri n'en posa pas moins au primat l'alternative de quitter l'Angleterre ou de prêter le serment de vassalité et de consacrer les évêques nommés par le roi. Anselme se préparait déjà à la déportation, lorsque le roi lui manda de surseoir : il comptait envoyer à Rome une nouvelle ambassade pour informer le pape que, s'il n'adoucissait pas ses lois, Anselme serait exilé, on refuserait obéissance au Saint-Siège, et on retiendrait en Angleterre l'argent du denier de saint Pierre. De son côté, Anselme enverrait des ambassadeurs à Rome. L'archevêque confia cette mission à deux moines auxquels il recommanda d'exposer simplement l'état des choses,

Page 1