‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 317 sur 505 · CONCILES DEPUIS l'ÉLECTION DE PASCAL II · texte numérisé non relu

CONCILES DEPUIS l'ÉLECTION DE PASCAL II

sans demander au pape aucune transaction sur la question de droit. Nous reviendrons plus loin sur cette affaire.

En Allemagne, dans une diète tenue à Cologne (1098), Henri IV avait obtenu que son fils Conrad, passe au parti du pape et devenu roi d'Italie, fût dépouillé de sa dignité; son second fils Henri fut sacré roi à Aix-la-Chapelle, le 6 janvier 1099, et devint son successeur à l'empire. Mais tandis que l'autorité temporelle d'Henri s'affermissait en Allemagne, quelques évêques seulement reconnaissaient l'antipape, et la grande majorité du clergé, en particulier saint Otton, apôtre des Poméraniens, auparavant évêque de Bamberg ^, reconnaissaient Henri pour roi et Pascal pour pape. A la mort de l'antipape Guibert (Clément III), en septembre 1100, Henri se décida, sur le conseil des partisans de Pascal, à tenir une diète générale à Mayence, pour régler la question du siège de Rome et le rétablissement de l'unité ecclésiastique ". [266] Nous possédons encore la lettre invitant l'abbé de Tegernsee à cette réunion ^. A ce moment, il ignorait évidemment que les schismatiques de Rome avaient déjà choisi un nouvel antipape dans la personne de Thierry, évoque de Sainte-Rufine, et procédé à son sacre (septembre 1100)^. Ce nouvel antipape fut

1. Otton de Wittelsbach, né en 1062-1063, chancelier d'Henri IV en 1102, évêque de Bamberg, 21 déc, sacré à Rome le 17 mai 1103, mort le 30 juin 1139, fête le 2 juillet. Ci. H. Friedrich, Die politische Thâtigkeit des Bischofs Otto I von Bamberg, eine Sludie zur Geschichte des Investilurstreits, in-8 ; Kônigsberg, 1881 ; M. H. KiJtner, Otto I, Bischof von Bamberg in seinem Verhaltnisse zu Heinrich V und Lothar III, in-8, Giessen, 1868 ; G. Juritsch, Geschiclile des Bischofs Otto I von Bamberg, des Pommern-Apostels 1102-1139, ein Zeif-iuid Kulturbild aus der Epoche des Investiturkampfes und des beginnenden Slreiics der Staufer und Wcl/en, nach Quellen bearbcitet, in-8. Gotha, 1889 ; Alf. Maury, dans Journal des savants, 1877, p. 521-533, 603-613. (H. L.)

2. Meyer von Khonau, Jahrbûcher des deutschen Reichs unter Heinrich IV und Heinrich V, t. v, p. 107 sq. (IL L.)

3. ]\Ion. Cerm. Iiist., Leges, sect. iv, t. ii, const. n. 73, p. 124 sq. ; Annal. Hildesh., ad ann. 1101, dans Mon. Germ. hist., Script., t. m, p. 107 ; cf. Ekkehard, Chron. univ., ad ann. 1102, dans Mon. Germ. hist., Script., t. vi, p. 223 ; Watterich, Vitœ pont, roman., t. ii, p. 23 : Imperator Heinricus habilo cum principibus colloquio Romam se profecturum ac générale conciliu m circa febr. kalendas inibi convocaturum condixit, quatinus tara sua quam domni apostoUci causa canonice ventilata, calholica inter regnum et sacerdotium confirmaretur unitas qux tôt annis scissa permansit. Constat tamen nec ipsum juxta placitum venisse nec nuntia dignitati apostolicse subjectionem profUentia misisse. Cf. Meyer von Khonau , JahrbiXcher, t. v, p. 173 sq. (H. L.)

4. Monum. Germ. hist., Leges, t. ir, p. GO ; Watterich, op. cit., t. ii, p. 21.

presque aussitôt fait prisonnier par Pascal, qui l'enferma dans le monastère de la Trinité, près de Cava en Apulie i. Les Annales de Hildesheim prouvent que la diète de Mayence eut réellement un but pacifique ^. Les princes y conseillèrent à l'empereur d'envoyer des ambassadeurs à Rome et de choisir un pape secundum electionem Romanorum et omnium Ecclesiarum ^. Il est évident que la pensée de l'empereur était de se réconcilier avec le doux Pascal, déjà universellement reconnu. Ekkehard l'affirme et ajoute que l'empereur se proposait de se rendre en personne à Rome, pour y célébrer, le l^r février 1102, un concile général qui examinerait canoniquement le conflit entre le pape et lui et rétablirait l'unité depuis si longtemps rompue inter regnum et sacerdotium ^. Malheureusement ce concile n'eut pas lieu et Henri ne vint pas en Italie, on ne sait pourquoi ; peut-être la mort de son fils aine Conrad, survenue à Florence le 27 juillet 1101 ^, avait-elle accru son pouvoir et réveillé ses espérances de dominer la papauté, Ekkehard prétend rrjême qu'il conçut alors la pensée de soutenir le noiavel a.ntipape, Albert, élu par les guibertistes ^ après l'arrestation de Thierry, et de renverser Pascal '.

Pendant le carême 1102, le pape Pascal tint au Latran un grand concile, auquel assistèrent de nombreux évêques de la Campanie,

1. Jaffé, i?eg. i)otit. rom., t. i, p. 772 ; Mon. Germ. hisl., Script., t. v, p. ^77; Watterich, op. cil., 1. ii, p. 4.

2. Annal. Ilihlesh., dans Mon. Germ. hist., Script., t. m, p. 107. (H. L.)

3. Ces annales parlent de Noël 1101 (et non 1100) ; mais comme à cette époque la nouvelle année commençait en Allemagne à Noël, la Noël de 1101 correspond, d'après nos calculs, à la Noël de 1100, ce qui a échappé à Darnberger.

4. Ekkehard, Chron. itnis'., dans Mon. Germ. hisl.. Script., t. vi, p. 225 ; voir page précédente, note 3. (H. L.)

5. On l'a prétendu empoisonné, cf. Meyer von Khonau, Jahrbûcher, t. v, p. 147, note 44. (H. L.^

6. Albert, interné à Saint-Laurent d'Aversa, après 105 jours de pontificat. Jafïé, Reji. pont, rom., t. i, p. 773 ; Meyer von Khonau, Jalirbiicher, t. v, p. 111 ; Pierre de Pise, \'ita Pa.schalis, dans Watterich, Ti'te rom. pontij., t. ii, p. 4 ; Aller posl allerum duo stalim eUguntur papse. (H. L.)

7. Ce projet paraît bien hyppthétique; ce qui est certain, c'est qu'Henri IV, tantôt repentant tantôt obstiné, allait son chemin. Depuis 1085 jusqu'à 1100, il avait donr.é l'investiture à onze évoques. Cf. Hauck, KirchengescJiichteDeutschlancls, 4^cdit. , t. iv, p. 883, n. 3, 4 ; Bonn, Die Bcsclzung cler deulscben Bisthiimer in dcn letzlen 30 Jahren Heinrichs /!', 1077-1105, in-8, Leipzig, 1889. (H. L.)

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