‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 318 sur 505 · CONCILES DEPUIS l'ÉLECIION DE PASCAL II · texte numérisé non relu

CONCILES DEPUIS l'ÉLECIION DE PASCAL II

de Toscane, de la Sicile, de la Fouille, et de presque toutes les réoions de l'Italie ^. Plusieurs évoques d'en deçà des Alpes s'étaient fait représenter. Après avoir, suivant la coutume, renouvelé les anciens décrets, l'assemblée s'occupa du schisme, qu'elle envisageait comme la plus détestable des hérésies, et dressa le formulaire suivant que chacun des assistants aurait à signer : r^Qn-i « J'anathématise toute hérésie, en particulier celle qui trouble actuellement l'Église et déclare sans valeur l'anathème et les peines ecclésiastiques. Je promets obéissance au pape Pascal et à ses successeurs, acceptant ou rejetant ce que la sainte Eglise universelle accepte ou rejette. » Une fois de })lus, l'empereur Henri fut excommunié et, le jeudi saint, cet anathème fut encore renouvelé. Il n'y était pas même question du nouvel antipape. Celui-ci, cent cinq jours après son élection, trahi par un de ses amis, noble romain du nom de Jean, fut livré à Pascal, qui le fit enfermer dans le monastère de Saint-Laurent à Aversa ^.

Dans ce môme concile de Latran, le pape ordonna à tous les évêques de proclamer dans leurs diocèses une nouvelle trêi'e de Dieu, de sept ans. Le Chronicon Cassinense nous apprend qu'on y termina aussi différents conflits entre églises et monastères. C'est ainsi que l'archevêque de Capoue dut donner satisfaction au Mont-Cassin, au sujet d'un autel.

Parmi les anciennes ordonnances renouyelées par le concile de Latran, se trouvait la défense cqncernant les investitures laïques. C'est ce que nous apprennent deux lettres (15 avril 1102) du pape à Anselme de Cantorbéry et au roi d'Angleterre. Pascal y déclarait que la défense portée par le concile de Latran au sujet des investitures, et qui venait d'être renouvelée, ne pouvait

1. Coll. regia, t. xxvi, pol. 746 ; Labbe, Concilia, t. x, col. 727-728 ; ftardouin, Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 1861 ; Colcti, Concilia, t. xii, col. 1095 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 1147 ; Watterich, Vitsp pont, rom., t. ii, p. 23 ; Jaffê, Regesta pont, rom., n. 5817 ; Pascal II écrit à Gebhard de Constance : Nec le conturbent nugarum rumores aut eorum vaniloquia qui jactitant nos Heinrico i>el ejus fautorihiis consensuros. Hauck, Kirchengeschichle Deutschlancls, 4^ édit., t. II, p. 882, soutient assez gratuitement que le pape n'a jamais eu, de bonne foi, l'intention de se prêter à une réconciliation avec Henri IV ; cf. sur ce pojiit Meyer von Khonau, Jahrbiicher, t. v, p. 172 ; voir au^si Pascal II, Epist. ad Anselmum Cantuariensem, dans Jaffé, Begesta, n. 5928, 5929, 5868 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 981, 1058, 1061. (II. L.)

2. Watterich, op. cit., t. ii, p. ^, ; Jafîé, Eci^. pont, rom.., t, i, p. 773.

ne pas rire valable pour l'Angleterre ^. Les envoyés anglais, porteurs de ees lettres, regagnèrent leur pays au mois de septembre 1102, et le roi réunit aussitôt une diète à Londres. Tout d'abord, le idi ne voulait i)as ])ublier les deux lettres du pape; lorsqu'il s'y vil obligé, ses envoyés déclarèrent que le pape leur avait dit de vive voix toute autre chose, en particulier qu'il consentait à abandonner les églises aussi longtemps qu'Henri resterait un bon prince. [^^^\ Les députés d'Anselme déclarèrent que c'était un mensonge ; la discussion s'envenima, enfin on s'arrêta à cette conclusion : Anselme demandera encore au pape sa véritable pensée ; jusqu'à l'arrivée de la réponse, le roi continuera à donner l'investiture aux évoques, mais jusque-là ceux-ci ne seront pas sacrés.

En même temps que cette diète, le roi autorisa la tenue d'un concile, et jusqu'à la fin du xvii^ siècle la pratique s'est conservée en Angleterre d'avoir une réunion d'évêques coïncidant avec chaque session du parlement. Eadmer, l'ami et biographe d'Anselme, qui nous renseigne sur cette assemblée, l'appelle un concile général des évêques et abbés de tout le royaume et ajoute qu'elle se tint dans l'église de Saint-Pierre, dans la partie ouest de Londres^; y prirent part, sous la présidence d'Anselme, Gérard, archevêque d'York, et douze évêques, auxquels se joignirent, sur le désir exprès d'Anselme, les grands du royaume. L'assemblée devait chercher à procurer l'exécution des décrets ecclésiastiques réformateurs. Tout d'abord, on condamna la simonie, et six abbés convaincus de ce crime furent déposés. La même peine atteignit trois autres abbés, mais pour d'autres motifs. Le concile promulgua en outre vingt-neuf canons : 1. Les évêques ne doivent pas tenir de placita temporels; ils ne quitteront pas les habits cléricaux et auront constamment avec eux des témoins de leur conduite. 2. En règle générale, on ne doit pas aliéner les archidiaconés. 3. Les archidiacres doivent avoir déjà reçu l'ordination diaconale. 4, Aucun archidiacre, prêtre, diacre et chanoine ne doit prendre ni garder une femme. Le sous-

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