‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 321 sur 505 · CONCILES DHPLIS l'ÉLECTION UE PASCAL II · texte numérisé non relu

CONCILES DHPLIS l'ÉLECTION UE PASCAL II

éorivil à Hugues, abbé de Cluny, son parraiu. lui (leinandant de s'cntremeltre auprès du pape. Beaucoup de clercs et de laïques furent ainsi gagnés au parti de l'emjiereur, et plusieurs allèrent jusqu'à prendre la croix afin de l'accompagner en Terre Sainte. Dans cette même diète, Henri fit jurer par les seigneurs laïques et ecclésiastiques une paix perpétuelle, que chacun d'eiix proclamerait dans son diocèse ou dans sa province. Outre les. clercs, les moines et les femmes, cette paix protégerait même les jviifs, alors particulièrement persécutés par les croisés se rendant en Palestine ^.

Mais le pape ne crul pas à la sincérité de l'empereur et [2711 exhorta ses partisans à ne pas désarmer. Ainsi il engagea Robert, comte de Flandre, à chasser de Liège les clercs schismatiques et à poursuivre de toutes ses forces « le chef des hérétiques, Henri, et ses partisans ^. » Le pape consola Gebhard, abbé

t. III, p. 443 ; cf. Annal. S. Alb., dans Buchholz, Die Warzb. Chronik, p. 68 S Annal. Hildesh., ad anii. 1103, dans Mon. Germ. hist.. Script., t. m, p. 107 ; Ekkehard, Chron. unii^., ad ann. 1103, dans Mon. Germ. hist., Script., t. vi, p. 22^... inde favoreni maxinnitn Itini viilgi quam principiini el clericorum regniqiic iolius acquisivit muUosque e diversis regni parlibus ad ejusdem ilineris comitinuni se pnrparare voto ipso succendif ; Wattericli, }'itii' poniif. roni., t. ii, p. 24. (H. L.)

1. Mon. Germ. hist., Leges, t. ii, p. GO ; Script., t. vx, p. 224 ; Watterich, op. cit., t. II, p. 24.

2. Critique de cette lettré du pape par Sigebert, dans Codex Udalrici, édit. Jaffé, p. 175 sq. ; cf. A. Gauchie, La querelle des investitures dans les diocèses de Liège et de Cambrai, 2^ partie, Le schisme, 1092-1109, in-8, Paris, 1890 ; F. Rocquain, La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther, iii-8, Paris, 1893, t. I, p. 103-104 :« Il est un plus grand objet, écrivait le pape au comte de Flandre, que nous signalons à votre piété. Poursuivez, partout, selon vos forces, Henri, chef des hérétiques. Nous ordonnons cette entreprise à vous et à. vos vassaux pour la rémission de vos péchés et comme un moyen de gagner la Jérusalem céleste. » L'évèque de Liège répondit à cette lettre par un écrit adressé « à tous les hommes de bonne volonté,» et dans lequel, protestant de son orthodoxie et afTirmant qu'il n'avait jamais fait adhésion non plus que son clergé à l'antipape Guibert, il exprimait sa surprise de cet appel à la violence. « Est-ce parce que nous honorons Henri comme notre roi, disait-il, qu'on nous traite d'excommuniés ? Mais l'apôtre n'a-t-il pas prescrit d'obéir au.x souverains ? Quant à l'empereur, s'il est vrai qu'il scit coupable d'hérésie, nous devons prier Dieu de le ramener dans la boime voie et non pas prendre les armes contre lui. D'où vient ce droit que le pape s'attribue de se servir du glaive temporel, alors que, selon les doctrines de l'Église, il ne devrait employer que le glaive spirituel ? D'où vient i[u'on pi'oinetle la rémission des péchéi à ceu.K (jui s'armeront contre

de Hirsaii, et ses moines des tracas que ne leur avaient pas épargnés les partisans d'Henri, les engageant à rester fidèles à Gebhard, évoque de Constance, et à faire une opposition énergique à l'intrus Arnold, abbé de Saint-Gall, qu'Henri voulait faire monter sur le siège de Constance. En février 1103, Pascal chercha également à gagner à la cause de l'Eglise les ducs Welf de Bavière et Berthold de Zâhringen, qui s'étaient réconciliés avec Henri ^.

A Milan, Anselme IV ^, mort le 30 septembre 1101, eut pour successeur son vicaire, le Grec Chrysolaûs, évoque de Savone, appelé Grossulanus, parce qu'il portait d'ordinaire un vêtement d'étoffe grossière. Le parti réformateur à Milan, successeur des anciens patares, ne fut pas satisfait de cette élection, et, moins que personne, le prêtre Liutprand qui, victime de son zèle contre les prêtres simoniaques et concubinaires, avait eu le nez et les oreilles coupés. A plusieurs reprises et en public, Liutprand accusa le nouvel archevêque de simonie et s'offrit à subir, à l'appui de son accusation, l'épreuve du feu. Afin de se débarrasser de ces ennemis, Grossulanus convoqua (carême de 1103) un concile dans l'église de Sainte-Marie ^. Liutprand y comparut comme accusateur ; mais, sans lui accorder plus d'attention, le synode prononça, le troisième jour, la déposition de quelcfues autres prêtres. On comptait faire passer Liutprand pour irresponsable et s'abstenir de prononcer un jugement contre lui, de peur d'exciter le peuple. Grossulanus voulait aussi éviter le jugeinent de Dieu, mais les railleries du peuple le forcèrent à l'accepter et, le mercredi saint 1103, Liutprand subit heureusement l'épreuve du feu, en prononçant ces paroles : Deus in nomine tuo salviirn me fac. Toutefois, il reçut à la main une légère [272] brûlure, non en traversant le bûcher, mais auparavant, en

l'empereur ? Je ne Iroiive rien de pareil dans l'Écrilurc; et, si l'on accorde ainsi, sans les satisfactions exigées par les canons, l'impunité des péchés, quelle porte n'ouvre-t-on pas désormais à la malice des hommes ?» Cf. G. Morin, Un épisode iuidil du passage de V empereur Henri IV à Liège en 1103, dans Revue hénédietine, 1910, t. XXVII, p. 412-^il5. (H. L.)

1. Pascal II, ^/jia/., dans P. Z,., t. ci.xm, col. 108, 121 ; Giesebrecht, Kaisergeschiclite, t. HT, p. 722 sq. ; Jalïé, Reg. pont, rom., t. i, n. 71G, 717.

2. Il mourut à Constantinoplc, croisé, au monastère Saint-Nicolas.

.3. Coleti, Coneilia, t. xii, col. 1233 ; Mansi, Cvnc. anipliss. coll., t. xx, col. ll'iG. (H. L.)

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