Évêqued'Exeter, mortenll37. (H. L
2. Coleti, Concilia, i. xii, col. 98G, 1010 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, port. 2, col. 1783, 1807 ; Maiisi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 1000, 1023.
d'Angleterre, ne purent ramener l'entente ; au contraire, le conflit s'envenima et, vers la fin de 1104, le roi retira à l'archevêque tous ses revenus. Celui-ci s'adressa alors au pape, qu'il informa du véritable état des choses. Pascal répondit aux deux partis que cette affaire serait traitée au prochain synode du carême tenu au Latran (mars 1105). Pour ne pas rendre impossible toute tentative de conciliation, ce synode, au lieu de frapper le roi lui-même, se contenta d'excommunier ses conseillers, qui le poussaient dans la question des investitures, et les prélats qui avaient accepté l'investiture du souverain ^.
Toutes les négociations étant demeurées sans résultat, Anselme en conclut que le roi, loin de vouloir se réconcilier avec Rome, ne cherchait qu'à gagner du temps ; aussi se décida-t-il à recourir aux moyens extrêmes et à prononcer contre Henri la sentence d'excommunication dont il l'avait maintes fois menacé 2. Dans ce but, il quitta Lyon en mai 1105 pour se rendre dans le Nord. Pendant son voyage, il apprit la maladie de la comtesse Adèle de Blois, sœur du roi d'Angleterre et admiratrice du prélat ; il se rendit donc près d'elle. Adèle, informée du projet de l'archevêque, parvint à procurer une entrevue, le 21 juillet 1105, à Laigle en Normandie, entre Anselme et le roi Henri I^r, Ce dernier, alors en lutte avec son frère (lutte au cours de laquelle il s'empara de la Normandie), crut prudent de tout faire pour éviter le coup funeste que lui porterait une sentence d'excom- [277] munication. Dès le début de l'entretien, il rendit à l'archevêque tous les biens de son Eglise et renonça à l'investiture proprement dite des dignités ecclésiastiques ; mais il persista à exiger des prélats le serment d'obéissance, tout comme de ses autres vassaux. Anselme dut reconnaître que les prélats tenaient en effet des fiefs du roi, et il ne put alléguer contre la demande du serment de vassalité que la défense du pape et cette raison, que les prélats étaient déjà tenus à remplir leurs devoirs de vassaux à titre de chrétiens et de prêtres. Cette argumentation avait ses côtés faibles ; aussi finit-on par remettre la décision au pape. Une seconde difficulté vint de ce qu'Anselme refusait d'être en
1. Colcti, Concilia, i. xii, col. 1115 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col 1875 ; Mansi, op. cit., t. xx, col. 1183.