‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 327 sur 505 · Cette lettre est perdue · texte numérisé non relu

Cette lettre est perdue

2. Eadmer, Hist. novor., P. L., t. clix, col. 465 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, roi. 1887 ; ]Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 1227 ; Klemm, Der englische Inveatiturstreit unter Ileinrich I, Leipzig, 1880, p. 67 ; M. Schmitz, Der englische Investiturstreit, Innsbrûck, 1884.

n'avait fait qu'augmenter contre lui, surtout dans l'Allemagne du Sud. Sa duplicité lui avait peu à peu aliéné tous les cœurs, et il avait si rarement joué franc jeu que personne n'avait plus confiance en lui. A ces causes se joignirent l'inertie de ses dernières années, la misère qui dévasta son empire et le soupçon généralement répandu qu'il aurait fait mourir plusieurs membres de la haute noblesse. Les mécontents, de jeunes nobles pour la plupart, commencèrent à se grouper autour du roi Henri V, sous le prétexte de parties de chasse et de joyeuse vie. Aussi le père permit-il ces réunions, qui, dans sa pensée, devaient attacher plus étroitement la noblesse à la famille impériale. Mais au mois de décembre 1104, Henri V quitta subitement le camp impérial, se retira à Ratisbonne, et là, ayant réuni ses amis, il déclara à son père qu'il lui refusait obéissance i. Vainement le vieil empereur lui envoya par deux fois des messagers porteurs des exhortations les plus touchantes : il refusa tout rapport « avec l'excommunié », et, affectant des sentiments religieux au delà de la réalité, il se hâta d'entrer en relation avec le pape. Comme il avait juré de ne jamais aspirer à l'empire sans la permission de son père, Henri V désirait se faire relever de ce serment par le pape, afin de ménager l'opinion publiqvie ^, et Pascal, pour qui [2791 Henri IV n'était plus, depuis longtemps déjà, le souverain légitime, n'hésita pas à lui donner cette dispense. Il lui représenta que Dieu lui pardonnerait s'il voulait être un roi juste et un fidèle défenseur de l'Eglise. En même temps, il lui envoya la bénédiction apostolique par son légat Gebhard, évêque de Constance, et l'absolution de l'excommunication qui pesait sur lui pour avoir gardé des relations avec son père, qui était excommunié ^.

1. Henri V avait alors vingt-trois ans; c'était le fils de prédilection d'Henri IV, qui dut ('puiser toute souffrance. Si les torts d'Henri IV avaient été grands, on ne peut, bien qu'il s'agisse d'histoire et choses éteintes depuis tant de siècles, s'abstenir de plaindre cet honnme et de compatir à la douleur de ses dernières années. Hermann, abbé de Saint-Martin de Tournai, impute la trahison du jeune Henri à l'influence du pape Pascal : Callidus papa Heinricum adolescentem. filium llcinrici impcratoris, ach'ersus patrem concitai, et ut ecclesias Dei aiixilielur, adnionet. Ille, regni cupidus et gaudens se competetilein occasionem ex apostolica auctoritate invertisse, contra patrem ferociter armatur. D'Achery, Spicilegium, t. XII, p. 358, et dans l'édition de Mansi, t. ii, p. 888. (H. L.)

2. Sur les termes de ce serment, cf. Drufîel, Kaiser Heinrich IV und seine Sohne, Ratisbonne, 1863, p. 25.

3. Cf. Annal. H ildesheimenses , ad ann. 1104-1106, dans Mon. Germ. hisi..

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