‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 329 sur 505 · CONCILES DEPUIS l'ÉLECTION DE PASCAL II · texte numérisé non relu

CONCILES DEPUIS l'ÉLECTION DE PASCAL II

De Nordhausen, le jeune roi se rendit à Mersebourg, où il fit [281] sacrer archevêque de Magdebourg, Henri, depuis longtemps élu, mais qu'Henri IV n'avait jamais voulu accepter; puis il se rendit à Mayence, afin d'installer de nouveau l'archevêque Ruthard. Comme la ville était au pouvoir de l'empereur et bien fortifiée, il ne tenta pas d'attaque violente. On entama des négociations, d'autant plus que, depuis le début de cette lutte parricide, on éprouvait à juste titre des deux côtés des sentiments de honte. L'empereur était porté à la conciliation et aurait même accepté de se réconcilier avec le pape ^; mais comme le roi cherchait à obtenir l'abdication pure et simple de son père, les négociations ne purent aboutir. Le jeune roi se rendit aux environs de Wûrzbourg, chassa Erlung, que son père avait établi évêque de cette ville, et le remplaça par le prévôt Rupert, s'empara ensuite de Nuremberg après un siège de deux mois, et enfin licencia son armée et se rendit à Ratisbonne. Henri IV le poursuivit avec ses troupes, renversa à Wûrzbourg l'évêque Rupert et dévasta partout les domaines des partisans de son fils. Avec le secours de la bourgeoisie de Ratisbonne, il faillit même s'emparer de ce dernier dans cette ville, et Henri V n'eut que le temps de prendre la fuite tandis que les cavaliers impériaux traversaient déjà le pont. L'empereur nomma évêque de Ratisbonne un jeune homme nommé Ulrich, et il réunit une grande armée. Mais Henri V, rejoint par ses partisans, eut bientôt dix mille hommes de troupes fraîches campés sur les bords du Regen. Sur l'autre rive se trouvait l'armée de l'empereur, et tous les jours avaient lieu de légères escarmouches. On n'en vint cependant pas à une action générale, parce que, des deux côtés, les seigneurs voulaient éviter l'odieux spectacle d'une bataille entre le père et le fils. Le jeune roi entra dans ces sentiments et quitta les bords du Regen avec ses troupes. L'empereur voulait livrer bataille le lendemain, mais ses princes s'y refusèrent ; Henri IV, craignant la trahison, se saviva avec une faible escorte chez Roriwoi, duc de Rohême. Le jeune roi punit Ratisbonne de sa félonie, remplaça Ulrich par Hartwig, fit sentir son ressentiment à Wiirzbourg, réintégra l'évêque Rupert et, en dédommagement, nomma Erlung chapelain de la cour.

la conversion de l'archevêque. Giesebrecht place cette lettre en 1102. 1. Cf. la lettre de réconciliation de l'empereur à Pascal II, dans le Codex Udalrici, édit. Jaiïé, n. 120 ; cf. aussi n. 118 du même.

Sur ces entrefaites, l'empereur, avec le secours de Boriwoi et de son gendre, le comte Wipprecht de Groitzsch, se retrouva à la tête d'une armée et ^i^l sur les bords du Rhin ; son fils s'y [282] rendit de son côté, s'empara de Spire, où il mit la main sur le trésor de son père, et nomma évoque de cette ville Gebhard, al^bé de Hirsau. De nouvelles négociations entre le père et le fils échouèrent encore ^ et, pour éviter d'être fait prisonnier à Mayence, l'empereur dut gagner le château de Hammerstein, tandis qu'Henri V entrait à Mayence, réintégrait l'archevêque Ruthard et convoquait, pour les prochaines fêtes de' Noël, une diète dans cette ville. De la Bourgogne où il séjourna quelque temps, Henri V fut rappelé par la nouvelle que son père revenait sur Mayence avec une armée et voulait empêcher la réunion de la diète. Il rencontra l'avant-garde de l'armée impériale à Bacharach, la poursuivit jusqu'à Coblentz, où campait son père, de qui il sollicita une entrevue; l'empereur y consentit et il en résulta un semblant de réconciliation (21 décembre 1105). Avec une duplicité inouïe, le jeune roi, dont le sevil but était de tromper l'empereur et de s'en emparer, lui promit, les larmes aux yeux, de vivre désormais en vassal et en bon fils, si l'empereur voulait se réconcilier avec l'Eglise. Celui-ci le promit et s'engagea à délibérer sur ce point dans la prochaine diète de Mayence ; trompé par les protestations de son fils, l'empereur laissa son armée, et, suivi d'une faible escorte, se rendit à la diète de Mayence ; mais dans la soirée du jour suivant, il se vit tout à coup entouré à Bingen ^ (23 décembre 1005) ; fait prisonnier par son fils parjure, il fut conduit dans la citadelle de Bôckolbeim près de Kreuznach et retenu dans une dure captivité ^, tandis cjue le roi faisait répandre le bruit que son père jouissait de toute sa liberté.

Dans la dicte de Mayence (fin décembre 1105), à laquelle

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