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assistèrent un grand nombre de princes et de prélats, les légats du pape, le cardinal-évêque d'Albano et Gebhard, évoque de Constance, prononcèrent de nouveau l'excommunication contre Henri. Le roi, de son côté, s'adressa à son père et, avec les plus violentes menaces, lui demanda, au nom des princes allemands, de remettre les insignes de la dignité impériale. L'empereur consentit à les livrer; malgré cela, on ne tint aucun compte de son désir d'assister à. la diète et on le fit conduire par une nombreuse escorte au palais d'Ligelheim. Là, quelques princes et les légats du pape renouvelèrent leurs menaces et l'obligèrent à abdiquer solennelle- [283] ment ^ ; quant à l'absolution pour l'excommunication qui pesait sur lui, il dut faire au })ape une demande spéciale. A la suite de ces événements, le 5 janvier 110(3, le jeune Henri fut proclamé de nouveau roi sous le nom d'Henri V et solennellement couronné par l'arclievéque de Mayence, qui lui fit cette recommandation prophétique : s'il ne restait pas juste et défenseur de l'Eglise, il aurait le même sort que son père. On envoya sans délai des députés à Rome, pour traiter avec le pape. C'étaient les archevêques Bruno de Trêves et Henri de Magdebourg, escortés de plusieurs archevêques et grands du royaume, ils avaient la mission d'insister auprès du pape pour qu'il vînt lui-même en Allemagne régler les affaires de l'Eglise. Mais ces ambassadeurs furent faits prisonniers à Trente, dans la première semaine du carême de l'année 1106, par les partisans de l'empereur, sous la conduite d'un certain comte Adalbert ; un seul d'entre eux, Gebhard, évêque de Constance, réussit à traverser les Alpes par un autre chemin et parvint jusqu'au pape avec le secours de Mathilde de Toscane. Le parti impérial de Rome commit à cette même époque un autre abus de la force : sous la conduite du margrave Werner d'Ancône, il profita d'une courte absence de Pascal pour proclamer pape, au nom de l'empereur,le prêtre Maginulf sous le nom de Silvestre IV. Cette proclamation se lit au Latran, le 18 novembre 1105. Quelques jours après, le pape parvint à s'emparer de cet intrus ^. Parmi les
1. 31 décembre, ci'. Ekkehard, C/i/'on. u/iiV. (lecens. B), dans Mon.Germ. hist.. Script., t. VI, p. 231 ; Casus monaster. Pctrishus., 1. III, c. xxxvi, dans Mon. Genn. hist., t. XX, p. G57 ; Meyer vou Khonau, Jahrbûcher, t. v, p. 268 sq. ; Giesebrecht, Geschidite der deutschen Kaiserzeit, 5^ édil. , t. m, p. 726 sq., 746 sq. (H. L.)
2. Annalca romani, dans Mon. Genn. hist., Script., t. v, p. 477 ; Pierre de Pise, Vila Paschalia 11, dans Wallerich, V'ilic ponlij., roman, l. ii, p. 4 sq. ;
ambassadeurs d'Henri V faits prisonniers, Bruno de Trêves et le comte Wiprecht furent relâchés, sur l'intervention d'Otton de Baniberg, dont le comte Adalbert était le vassal, à condition qu'ils feraient la paix avec l'empereur et communiqueraient ses ordres au sujet des autres prisonniers. Ces derniers furent délivrés, quelques jours plus tard, par le duc Welf de Carintliie ; il paraît toutefois vraisemblable que, seul, Otton de Bamberg se rendit à Rome; du moins, sait-on qu'il reçut du pape lui-même, à Anagni, la consécration épiscopale ^, lors des fêtes de la Pentecôte (13 mai). Les autres ambassadeurs paraissent être retournés en Allemagne pour rapjiorter au roi ce qui s'était passé.
Sur ces entrefaites, Henri I Y s'était rendu à Liège auprès de son fidèle évêque 01bert;delà, il publia partout la violence dont il [284] avait été victime, il écrivit en particulier aux rois de France, d'Angleterre et de Danemark, et comme il trouva beaucoup de sympathie en Lorraine, en Alsace et dans les villes des bords du Rhin, surtout à Cologne, il annula son abdication et marcha contre son fils avec une armée ^. Une grande bataille allait se livrer entre Liège et Aix-la-Chapelle, lorsque l'empereur mourut, le 7 août IIOG ^, après une courte maladie. Sentant venir la mort, il s'était réconcilié avec Dieu et avait reçu les sacrements avec de grands sentiments de repentir. Il écrivit au pape et à son fils dans les termes les plus hvimbles, et lit remettre à ce dernier le glaive et l'anneau, en le priant de ménager ceux qui lui étaient demeurés fidèles ; il demandait que son corps
Annal. Ceccan., dans Mon.Germ. hisL, Scripl., t. xix, p. 281; Sigebert, Chron,, ad ann. 1105, dans Mon. Germ. hisL, Script., t. vi, j). 368 sq.; extrait de la lettre adressée à l'empereur Henri par Garnier d'Ancône ; cf. Watterich, op. cit., t. ii, p. 29 sq. ; JafTé, Reg. pont, rom., n. 6054 ; Ficker, Forschungenzur Reichs- iind Redits gescli. Ualiens, 1. ii, p. 246 sq. ; Giesebrecht, op. cit., t. m, p. 749 sq. ; Meyer von Khonau, Jahrbûclier, t. v, p. 273-278. (H. L.)
1. Voir la lettre dans Codex Udalrici, n. 131, édit. Jalïé; Watterich, op. cit., t. ir, j). 34.
2. Il y eut une rencontre entre les troupes d'Henri IV cL celles d'Henri V, à Visé, arrondissement de Liège ; cf. Meyer von Khonau, Jahrbûclier, t. v, p. 359 sq. Exkurs II, Der Kampf bel Visé am 22 Mo'rz 1106. Dans la correspondance d'Henri IV, on trouve alors des lettres à l'abbé de Cluny, Hugues, contenant des avances marquées à l'égard du pape; cf. d'Achery, Spicilegiiim, t. m, p. 442 sq. ; Meyer von Khonau, Jahrbûcher, p. 286 sq., 304. (H. L.)
3. Vita lleinrici IV\ c. xiii; Ekkehard, Chron. univers, (recens. C),dans Mon. Germ. hist., Scripl., t. vi, p. 238
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fût enseveli dans la cathédrale de Spire, anprès de ses ancêtres. Grâce à l'évêque Olbert, le corps avait été déposé dans l'église de Saint-Lambert à Liège, mais, sur l'ordre des autres évêques, il fut exhumé, parce que l'empereur était mort excommunié et, après l'avoir enseveli dans un sarcophage de pierre, on le plaça dans une chapelle non consacrée de la cathédrale de Spire. Cinq ans après, la sentence d'excommunication ayant été abrogée, le corps de l'empereur fut solennellement inhumé dans l'église impériale ^. Pendant ces luttes entre le père et le fils, Ruthard, archevêque de Mayence, avait réuni ses suffragants dans un synode, à Erfurt (mars 1105 ou 1106) ; on ne sait ce qui s'y fit 2.
Quelques semaines après, il se tint à Poitiers, le 25 juin 1106, un concile important auquel assistèrent Bruno, le légat du pape, et Bohémond, prince d'Antioche (le célèbre croisé, retour de sa captivité chez les Sarrasins). Le but de la réunion était d'engager les fidèles à prendre la croix et à faire une expédition pour la Terre [^Oô\ SfiJnte. On y termina encore un conflit survenu entre Marmoutier et l'évêque du Mans ^.
1. Annal. Paderborn., cdit. Schefïer-Boiohorst, Imisbrûcl<, 1870, p. 115 : Imperalor in ecclesia S. Lamherti coram altari. LibeUits de rebellione, dans Mon. Germ. hist., Script., t. m, p. 111 : Rex vero statim convocavit ad se principea regni et quœrit ab eis consilium quid de patris exequiis csset faclurus. Principes dederunt consilium ut prseciperet eiim efferri, douée iiuperator paler absolutus esset. Sigebert, Clironicon, dans Mon. Germ. hist., Script. ,X.\i,^.olis(\.... ex aucloritateaposlolica per Heinricum Magdebnrgensem ep. apostolicx Sedis legatumipsi Ecclesise divinum interdicitur ofpcium quoadusque corpus ab ecclesiaipsaejiceretur effossum...Quod [corpus] in ecclesia nondum consecrata et extra urbem in Cornelio monte (Mont- Cornillon) sita, xviii kal. sept, franslatum et reconditum est, quoadusque absolutions apostolica regiam sepulturam mereretur, et. Gesta episcop. Leodiensium, 1. III, c. XVI, dans Mon. Germ. hist.,t.-s.-s.v, p. 92; Pierre Diacre, Chron.Cassin., IV, c. xxx\i;EkkehaiTd, dansMon. Germ. hist. , Script. , t. vi, p. 239: Paulo posl [25 août) corpus ipsum Spirensi ci^^'ilati est in sarcophago lapideo régis consensu delatum, sicque extra ecclesiam ibidem per quinqucnnium mansit inhumalum; cf. Annal. H ildesheim., ad aun. 1121 ;Giesebreclit, op. cit.,h^ édit., t. m, p. 763, 1190; Remling, Speyerches Urkundenbuch , t. i, p. 88, 89 ; Meyer von Ktionau, Jahrbûcher des deutschen Reiches unter Heinrich IV und Heinrich V, in-8, Leipzig, 1907, l. vi, p. 7 sq. (H. L.)
2. Sudendorf, Registrum, 1. II, p. 116 ; Giesebrecht attribue ce concile à l'année 1103 ou 1104, mais sans donner ses motifs.
3. Coll. regia, t. xxvi, col. 768 ; Labbe, Concilia, t. x, col. 746-747 ; Hardouin, Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 1881 ; Martène, Thesaur. noi^: anecdot., 1717, t. iv, p. 127-130 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1123 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 1205. (H. L.)
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