Annal. Palhfrbninn., édit. Schefïer-Boichorsl, p
2. D'après les paroles de Suger, le sacre de l'évêque aurait précédé l'investiture ; eu rcalitc, c'était le contraire. L'erreur est sans doute imputable à Suger, non à l'archevêque Bruno, qui n'a certainement jamais pensé à tromper le pape d'une manière si grossière : il aurait été, dès le début, convaincu de mensonge.
3. Cf. Haperz, De Adelheilo archiep. Mogunt., in-8, Monasterii, 1855 ; Kolbe, Adalberl co/i Mainz, in-8, lieidelberg, 1872. AdeHjcrt devint dans la suite ai'clievêque de Mayence.
4. Coll. regia, t. xxvi, coi. 7G4 ; Labbe, Concilia, t. x, col. 754, 755 ; Hardouin, Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 1887; Martène, Thés., t. vu, p. GG-G7 ; Coleti, Con-
cilium universale (de la France, bien entendu) ; au rapport d'Ekkehard, l'assemblée fut très nombreuse, le pape y décréta de nombreuses réformes exigées par les circonstances et renouvela les prescriptions de ses prédécesseurs, tant sur la liberté des élections épiscopalcs que contre la prétention des laïques de donner les bénéfices ec(!lésiasti([ues. Les ambassadeurs d'Henri V assistèrent à ce concile etsouLinrcnt devant le pape et l'assemblée que Charlemagne avait reçu de Home le droit d'installer des évêques. Plus tard, comme ils protestèrent, parce (iiToii discutait, dans une terre étrangère, un droit de la couidimc impériale, le pape donna à leur souverain un délai d'un aii ])our se rendre à Rome en personne et défendre sa cause devant un concile général ^. Il est possible ([u'Ekkehard se trompe en attribuant au synode de Troyes les négociations avec les ambassadeurs allemands, qui en réalité avaient eu lieu lors du concile de Châlons-sûr-Marne. On peut le présumer de ce que l'annaliste saxon, qui reproduit d'ordinaire Ekkehard, omet précisément ce passage. D'un autre côté, il est probable qu'à la suite des négociations amicales entre [289] le pape et Adelbert, chancelier d'Henri, les ambassadeurs allemands reparurent au concile de Troyes avec une attitude plus polie. Le délai d'un an accordé à l'empereur paraît bien avoir été le résultat des négociations poursuivies entre le pape et le chancelier.
Les Annales Colonienses max., d'accord avec Ekkehard et
cilia, I. XII, col. 1133 ; Mansi, Coiic. dinpliss. coll., 1. xx, col. 1218; Mon. Germ., hisl., Leges, 1837, l. ii, part. 2, p. 181 ; JafVé, Reg. pont, rom., t. i, p. 730 ; Sugcr, Vita Ludovici, c. xxxii; Ordéric Vital, Ilist., 1. IV, 285; Clarius, Chron. S. Pétri Vivl Senonensis, dans Duru, Bibl. hisl. de V Yonne, t. ii, p. 516 ; Bouquet, Rec. des hist. de la France, t. xii, p. 281 ; A. Luchaire, Louis VI le Gros, Annales de sa vie et de son règne, p. 27, n. 50 ; Watterich, Vitic pont, rom., t. ii, p. 'il sq. ; Mon. Germ. hist., Leges, t. vi, 1, p. 566 sq. ; Ekkehard, Chron. unir., ad aiui. 110'.), dans Mon. Germ. hi.sf., Script., t. vr, p. 2''i2 ; Laurent, Gesta episcop. Virodunensium, c. XV, dans Mon. Germ. hist.. Script., t. x, p. 500 ; Jalîé, Regesla, n. 61 'i3. 6144, 6145 ; A. Hauck, Kirchengeschichte Dculschlands, 4'^ édit., t. m, j). 895. (11. 1.)
\. Mon. Germ. hisl.. Script., l. vi, p. 242 ; \\'al Iciich. \'itiv potit. rom., t. ii, ]). 41. Les Annal. Ilildesh. rapportent que le roi Henri s'était rendu de Mayence, où il avait célébré les Pâques, près du pape, sur les frontières de France et de Lorraine. On négocia pendant trois jours par l'entremise d'ambassadeurs, n^ais le roi se retira avant qu'on eût rien décidé et se rendit à Metz, pour célébrer la Pentecôte. D'après les Annales de Cologne, il célébra la Pentecôte à Strasbourg. Schelïcr-Doicliorst, op. cit., p. 118.
fiO'i. CONCILES DEPUIS l'avÈNEMEXT d'iIEMU V 501
les Annales d'Hildesheim, disent qu'à Troyes il y eut des négociations entre le pape et le roi Henri, et qu'on y décida de porter la question à Rome, où elle serait discutée canoniquement; jusque-là, personne ne pourrait, sous peine d'excommunication, recevoir dun laïque ni l'investiture ni aucune fonction ecclésiastique ^.
Voici ce qui reste des canons décrétés au concile de Troyes.
1. Quiconque, désormais, recevra d'un laïque l'investiture épiscopale ou une dignité ecclésiastique doit être déposé ; et de même, celui ([iii sacrerait ce candidat. 2. Taps doyens ou archiprêtres doivent être prêtres. Ceux qui ne le sont pas encore seront privés de leur bénéfice et dignité jusqu'à ce qu'ils se soient fait ordonner ; alors, s'ils sont réellement dignes, ils seront réintégrés dans leur charge. 3. De même les archidiacres doivent être réellement diacres, et on agira à leur égard comme à l'égard des archiprêtres. 4. Les prêtres mariés ovi concubinaires seront exclus de l'autel et du chœur s'ils ne viennent pas à résipiscence. S'ils s'obstinent dans leur péché, ils seront complètement exclus de l'Église : on ne devra même pas les admettre à la communion laïque. Il en sera de même pour les diacres^. 5. Aucun évêque, abbé, etc., ne doit recevoir dans son diocèse des excommuniés ou des interdits. 6. Quiconque réclame quelque chose pour les offrandes, les canonicats ou toute autre place de l'Eglise, doit être exclu et excommunié.
Les Annales d'Hildesheim rapportent qu'à Troyes le pape, sur l'avis du concile, suspendit ah officio Ruthard, archevêc{ue de Mayence, ciui (au mépris des ordres formels du Saint-Siège) avait réintégré dans son évêché Udo, évêcjue d'Hildesheim, et [920] sacré, contrairement aux canons, Reinhard, évêque d'Halberstadt, auquel le roi avait donné l'investiture. La même sentence atteignit Gebhard, évêque de Constance, pour avoir sacré Henri, archevêque de Magdebourg (nommé par Henri IV), et adhéré à l'occupation du siège de Minden par l'intrus Gottescalc. Les Annales de Cologne font le même récit et ajoutent que Frédéric, archevêque de Cologne, avec ses suiïragants furent suspendus
1. Annal. Patherhmnn., édit. Schoffer-Boiehorst, p. 117, 118.
2. Ou voit que la nullité du mari;»o;e d'au prêtre ou duu diaere est ici afTirmée d'une manière formelle ; cette ludlité n'a donc pas été déclarée pour la première fois au concile de Latran de 1123, comme disent Ijcaucoup de canoniales.
pour n'avoir pas assisté au synode i. Le pape rendit alors à toutes les églises le droit d'élection canonique des évêques 2.
Ekkehard s'accorde avec les Annales de Cologne : « Le pape, dit-il, a suspendu quelques-uns de nos évêques parce qu'ils n'ont pas paru au synode ^. » Ses renseignements et ceux des Annales d'Hildesheim, au sujet de Gebhard de Constance, sont corroborés par Gebhard lui-même. « A cause des nombreux services que tu as rendus, lui écrit le pape, nous te pardonnons tes fautes. Contrairement à notre défense, tu as assisté à l'ordination de ceux (Henri de Magdebourg) qui avaient reçu l'investiture d'un laïque, et, malgré l'invitation à toi faite, tu n'as pas paru au concile. Tu aurais dû être suspendu nb officio, mais le souvenir de tes bonnes actions et les instances de nos frères m'ont empêché de porter cette sentence ... Tii dois savoir du reste que notre frère de Mayence a été interdit ab officio, avec tous ses sufîragants, sauf les évêques de Bamberg et de Coire, pour n'avoir pas paru au concile *. » Dans une seconde lettre, le pape refuse de confirmer l'élection de Reinhard, évêque d'Halberstadt, parce que, au mépris des prescriptions des Pères, il a reçu l'investiture d'un laïque (Henri V). Quant à l'archevêque de Mayence, le pape lui écrit : « Plus ton zèle en faveur [291] de l'Eglise romaine a été grand, plus grande a été ta faute. Quoique convoqué au synode, tu t'en es abstenu sans motif canonique, et, cédant à la crainte, tu as réintégré le coupable évêque d'Hildesheim, au mépris d'une sentence synodale. Les anciens canons avaient défendu l'installation d'un évêque par un laïque, et à Troyes nous avons menacé de déposition et d'excommunication quiconque reçoit l'investiture d'un laïque et quiconque consent à sacrer la personne ainsi investie. Malgré ces manquements, nous voulons cependant, en ce qui te concerne, avoir égard aux prières de nos vénérables frères, les évêques de Trêves, de Constance et de Bamberg, et de l'abbé de Hirsau, et te permettre de continuer les fonctions ecclésiasti-
1. Annal., édit. Schcffer-Boichorst, p. 118 ; Colcti, Conril., t. xii, col.