‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 333 sur 505 · Mon. Germ. hisl., Script., t. xii, p · texte numérisé non relu

Mon. Germ. hisl., Script., t. xii, p

2. D'Achery, Spicilegium, 16G1, t. v, p. 510-511 ; Labbe, Concilia, t. x, col. 748-752 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1881 ; Martène, Thés. noi'. anecd., t. iv, p. 127-128 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1127 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. XX, col. 1209; .1. Aiïo, Anlichilà e preghi délia chicsa Cuaslallese, ras^ionamento storico crilico, iii-4, Parma, 1774, p. 51-69; Endiichcr, /îer. //(«ngar. mem. Arpad., 1849, p. 375 ; Jolîé, Reg. pont, roman., t. i, p. 726 ; Watterich, op. cit., t. II, p. 38 ; Mon. Germ. hisl.. Script., t. vt, p. 2'i0 ; Leges, t. ii, Append., p. 180; Leges, sect. iv, Constit. cl actn, l. i, p. 565 sq. ; lîcrnhcim, Quellen ziir Geschichle des Invesliturstrei's, Leipzig, 1907, t. ii, p. 15 sq. ; Translalio S. Modoaldi, c. x, sq., dans Monuni. Germ. hist.. Script., t. xii, p. 295 sq. ; Donizo, Vi(a Muthildis, 1. II, c. XVII, dans Mon. Germ. hisl., Script., t. xii, p. 400 sq. ; Pierre de Pise, Vila Paschalis II. p. G ; Mcyer von Khonau, Jahrbûclier des deiitschen Reiches unler Heinrick 1\' iiiul llcinrich V, in-8, Leipzig, 1907, t. vi, p. 25 sq. (II. L.)

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môme réunion de Guastalla, Conrad, archevêque de Salzbourn-, et Gebhard, éveque de Trente, furent sacrés, plusieurs évêques illégitimes furent déposés, on accorda le pallium à divers métropolitains et des privilèges à plusieurs monastères. Des mesures de toutes sortes furent prises pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique; on donna satisfaction à diverses demandes faites par les Églises, et enfin on aplanit plusieurs conllits. Ainsi, les prêtres d'Augsbourg prétendaient que leur évêque Hermann avait usurpé le siège sans confirmation canonique ; on prononça contre lui la suspense ; quant à la déposition, selon le désir de Gebhard, évêque de Constance, on décida d'en traiter plus tard, à Augsbourg même, parce que, à la demande d'Henri Y, le pape s'était déclaré prêt à faire le voyage d'Allemagne. Seulement, ce voyage n'ayant pas eu lieu, ces discussions concernant l'Eglise d'Augsbourg ne purent se terminer.

C'est probablement à ce même synode de Guastalla que se rapporte le fait suivant, raconté par les Gesta Treviroruin. A la mort d'Égilbert, Bruno avait été (janvier 1102) nommé et investi archevêque de Trêves par Henri IV. Ayant ensuite embrassé le parti du jeune roi, il fut envoyé à Rome, avec plusieurs de ses collègues, en décembre 1105, par la diète de Mayence, et, comme on l'a vu, fait prisonnier à Trente. Dans l'été de 1106, Henri V le chargea auprès du pape d'une nouvelle mission, dont l'archevêque profita pour régler sa situation ecclésiastique. Le pape l'accueillit avec bienveillance, mais lui reprocha vivement d'avoir reçu l'anneau et la crosse des mains d'un laïque, et d'avoir consacré des églises et ordonné des prêtres avant d'avoir le pallium. Le concile prononça même la déposition contre lui, mais trois jours après, comme il avait accepté sa pénitence, il fut réintégré et renvoyé avec la bénédiction apostolique et le pallium. Toutefois, en signe de pénitence, on lui imposa, pendant trois ans, de ne pas prendre de dalmatique à la messe ^.

1. Mansi, op. cit., l. xx, col. 1183 ; Pagi, Ciilica, ad ann. llO'i, n. 11 ; Momtm. Geim. Iiisl., Sciipl., t. viii, p. 192. Les GestaTrevirorum prétendent que ceci se passait la troisième année du pontificat de Bruno (1104) et la huitième du pontificat de Pascal (1105). Ces deux dates sont inconciliables, mais puisque, en 11 00, Bruno assista au synode de Guastalla, comme ambassadeur du roi, il faut s'en tenir à la date de huitième année, d'autant mieux que ce concile s'occupa de la réconciliation des cvèqucs schismaliques.

CONCILKS - V — :J2

A l'issue du concile de Guastalla, le pape transmit i):u' des légats, au roi Henri V, avec ses félicitations, les décisions de l'assemblée. Henri célébra à Ratisbqnne les fêtes de Noël de 1106 avec ces légats, après avoir longtemps attendu en vain, à Augsbourg, l'arrivée du pape. Henri V était à peine reconnu par loiil l'empirCj après la mort de son père (Cologne ne céda qu'à la force), ((u'il jeta le masque de sa prétendue sollicitude ])our les intérêts de l'Église ; du moins, il ne remi)lit guère sa promesse [287] « d'honorer le j)ape comme son père ^. « Pascal eut vent de ce changement : il sut en particulier « que, malgré les engagements les plus formels, on ne renonçait pas en Allemagne aux prétendus droits des investitures, et que le caractère emporté du jeune roi était impatient du joug du Seigneur^.» Ge^ informations et un soulèvement survenu à Vérone modifièrent les projets de Pascal. Au lieu de se rendre en Allemagne, il vint en France, où il célébra les fêtes de Noël 1106, à Cluny. Le célèbre Suger, abbé de Saint-Denis, dit expressément, dans sa Vita Ludovici Grossi régis, c[ue le pape s'était rendu en France pour consulter le roi Philippe et son fils,' Louis, ainsi que l'Église gallicane^ au sujet des prétentions d'Henri V sur les investitures des évêques ^. Le quatrième dimanche de carême, 24 mars 1107, Pascal ofïicia pontificalement à Tours ; de là il se rendit à Saint- Denis, où il rencontra le roi de France et son fils. Il leur demanda de protéger l'Église contre les tyrians, à l'exemple de Charlemagne ; ce qu'ils promirent ^. A Châlons-sur-Marne ^, il

1. Après les événements de ces dernières années, une telle promesse ne l'engageait pas à graiid'chose. (H. L.)

2. Ekkehard, Clirnn. iniu'., dâiis Mon. Ccrm. hisl., Scripl., t. vi, p. 241 ; ^^'atte^ich, op. cil., t. ii, p. 40.

3. Ekkehard, Chron. uniç., ad ann. IIOG, dans Mon. Gcnn. hisl., Script., t. vi, p. 241 sq. : llle vero (PaschaUs) siiorum coji.silio quasi proterviam Teutonicorum declinans... cl aninioriiin cor rci^is ddolcscciilis, rpiod iioiuluni pcr uninia dominico fiigo sil liabilc... cunsiderans... [il. L.)

4. Sur la date du voyage et l'itinéraire de Pascal 11 depuis le 29 janvier 1107, date de sa présence à Lyon, jusqu'à la fin d'août, date de son retour àModène, cf. Jafîé, Regesta pont, rom., I. i, ]>. 728-732. Le pape fut à Saint-Denis du 30 avril au 3 mai. A. Luchaire, Louis VI le Gros, Annales de sa vie et de son règne, in-8, Paris, 1890, p. 20, n. 47; cf. Jaffé, Reg. pont, rom., n. 6131, 6232. (H. L.)

5. L'assemblée de Chàlons-sur-Marnc doit se placer ehtre le 3 mai, date du séjour de Pascal 11 à Lagny, et le 13 du môme mois, date de son séjour àSézanne. Jaffé, Reg. ponl. rom., n. (3132-6134 ; A. Luchaire, op. cit., p. 26, n. 48. (H. L.)

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donna audience aux ambassadeurs qu'Henri V lui envoyait de Mayence : Bruno de Trêves, Otton de Bamberg, Erlung de Wiirzbourg ^, Reinhard d'Halberstadt et Burcliard de Miinster, avec plusieurs comtes et le duc Welf. Ils entrèrent bruyamment, afin d'intimider le pape ; seul, l'archevêque de Trêves fut poli ; il salua le pape de la part de son maître, qui protestait de son obéissance à Pascal, mais avec la réserve : ,sa/t'o jure regni. Bruno poursuivit : « De temps immémorial, c'est le droit de l'empereur que, dans toutes les élections (de prélats), on lui demande d'abord son avis ; sur son assentiment, le peuple et le clergé procèdent à l'élection, d'après les règles canoniques. Le prélat ainsi sacré librement et sans simonie vient trouver l'empereur à cause des regalia, en reçoit l'investiture par l'anneau et la crosse et lui jure fidélité ^. Et c'est là une nécessité ; autrement, l'évêque ne pourrait obtenir les villes, châteaux, etc., qui viennent de l'empereur. Si le pape accorde ce point, l'Eglise et l'État jouiront d'une heureuse paix. » Le pape fit répondre par l'évêque de Plaisance : « L'Eglise, rachetée par le sang du Christ, ne peut pas devenir servante ; or, si aucun des pasteurs de l'Eglise ne peut être élu sans l'assentiment du roi, l'Église est véritablement la servante du roi, et lui-même n'est qu'un usurpateur devant Dieu s'il donne l'investiture par l'anneau et la crosse. » Les ambassadeurs allemands répartirent sur un ton menaçant : « Ce n'est pas ici, mais à Rome, et par l'épée que l'affaire se décidera. » Le pape, cependant, envoya quelques confidents auprès du chancelier d'Henri, Adelbert, alors à Saint-Menge, non loin de Châlons-sur-Marne, et chercha à nouer avec lui des relations en vue de la paix ^. Pascal se rendit ensuite au concile de Troyes, célébré le 23 mai 1107, peu de jours avant l'Ascension *. L'abbé Suger l'appelle con-

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