Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 1217, 1223 sq
3. Nous ignorons pourquoi Hefele passe sous silence une décision importante du concile de Troyes. Le pape Pascal II y prononça la dissolution du mariage de Loviis le Gros, fils de Philippe I^'' et rci désigné de France, avec Lucienne de Rochefort, mariage que les grands du royaume trouvaient peu conforme à la dignité royale. Ce divorce, résultat probable des menées de la maison do Garlande, fut prononcé sous prétexte de consanguinité. A. Luchaire, Louis VI le Gros, Annales de sa vie et de son règne. lOSl-1137, in-8, Paris, p. 27, n. 50. (H. L.)
'i. llardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1806 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. XX, col. 1022 sq.
5. Coll. regia, t. xxvi, col. 765 ; Labbe, Concilia, t. x, col. 756-757 ; Hardouin, Coll. conc'., t. VI, part. 2, col. 1889 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1137 ; Wilkins, Conc. Brit., t. i, p. 387-388; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 1229 ; Watterich, Vitœ ponlif. roman., t. ii, n. 43 ; P. L., t. ci.ix, col. 470. (II. L.)
parentes. 2. Tjes prêtres, diacres et sous-diacres qui, malgré la défense du concile de Londres (de l'année 1102), gardent leurs femmes ou en prennent d'autres, doivent s'en séparer absolument s'ils veulent encore dire la messe. Non seulement ils ne devront plus habiter dans les mêmes maisons, mais ils ne devront même plus les visiter. 3. S'ils ont un besoin absolu de se parler, ils ne doivent le faire que devant deux témoins d'une honorabilité reconnue. 4. Celui qui sera accusé d'avoir été contre le présent statut devra se purger, s'il est prêlre, par six témoins ; s'il est diacre, par cinq, et s'il est sous-diacre, par quatre. 5. Les prêtres qui, méprisant l'autel et les saints ordres, gardent leurs femmes, doivent être éloignés de leurs fonctions sacrées, privés des bénéfices ecclésiastiques, exclus du chœur et déclarés infâmes. 6. Quiconque, violant la loi, continue à dire la messe sans renvoyer sa femme, doit donner satisfaction; sinon, il sera excommunié au bout de huit jours. 7. La défense de cohabiter avec des femmes s'applique aux archidiacres et aux chanoines.
8. En outre, les archidiacres et les doyens doivent jurer de ne jamais permettre cjue ces statuts soient violés par leurs clercs.
9. Les prêtres qui, maintenant, laisseront leurs femmes, doivent cependant, pour n'avoir pas obéi aux prescriptions du concile de 1102, s'abstenir pendant quarante jours des fonctions ecclésiastiques et faire pénitence. 10. Tous les biens meubles des prêtres, diacres, sous-diacres et chanoines qui sont encore en état de péché, deviendront la propriété de l'évêque, ainsi que les concubines de ces clercs.
En octobre de cette même année 1108, le pape Pascal renouvela, dans un concile tenu à Bénévent, la défense relative aux investitures laïques ; il défendit aux clercs l'usage des habits séculiers et précieux, et sacra Landulf archevêque de Bénévent ^. Le 12 octobre, dans une lettre à Anselme de Cantorbéry, il l'assure qu'il n'a jamais accordé les investitures au roi d'Allemagne,
1. Coll. regia, t. xxvi, col. 7G7 ; Labbe, Concilia, 1. x, col. 757-758 ; Hardouin, Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 1889 ; V. M. Ursinus, Sijnodicon sanctœ Beiiei'enanensis Ecclesiœ, in-fol., Romse, 1724, p. 9-10; Coleli, Concilia, t. xii, col. 1139; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 1231 ; Jalïé. Regest. pont, rom., t. i, p. 735; Pierre Diacre, Chron. mont. Cassini, 1. III, c. xxxiii, dans Mon.Germ. hisl.. Script., t. VII, p. 777 ; Annal. Bcneveni., ad ann. 1108, dans Mon. Germ. hisl.. Script., t. III, p. 183 sq.; Jaiïé, Regesta, n. 6206; P. L., t. clxtii, col. 245 sq.; E. Bernheim. Quellen zur Geschichte des Im>estiturstreites, Leipzig, 1907, t. ii, p. 18. (H. L.)
GOI. CONCILES DEPUIS l'avÈNEMENT d'hENRI V 505
qu'il ne les lui accordera jamais, et qu'il espère dompter un jour la sauvagerie de ce peuple ^. Du reste, si le roi allemand con- [293] tinuait à suivre la triste voie de son père, il ne tarderait pas à faire connaissance avec le glaive de saint Pierre ^.
Anselme de Cantorbéry se trouvait alors en si bons rapports avec le roi que celui-ci, ayant dû faire un long séjour en Normandie, vers la lin de l'été 1108, nomma Anselme administrateur du royaume. Alors, commence la dernière lutte que le vaillant archevêque eut à soutenir et qui ne se termina qu'après sa mort, dans un concile célébré à Londres, en 110!). (iebhard, archevêque d'York, étant mort le 21 mai 1108, le nouvel élu, Thomas II, se montra peu disposé à reconnaître les droits de la primatiale de Cantorbéry et à se faire sacrer par Anselme. Tout d'abord, il allégua d'excellents motifs pour ne pas se faire ordonner immédiatement ; mais Anselme pénétra sa ruse et écrivit au pape de vouloir bien sauvegarder les droits de l'Eglise de Cantorbéry et de ne pas envoyer le pallium à Thomas avant son ordination. Pascal accéda à cette demande, mais Thomas, excité par son chapitre, continua son opposition, si bien que l'archevêque de Cantorbéry, déjà atteint par la maladie qui devait le conduire au tombeau, se vit forcé, au début de 1109, d'interdire à Thomas toute fonction ecclésiastique jusqu'à ce qu'il se fût réconcilié avec son Église primatiale. En même temps, Anselme défendit à tous les évêques anglais de sacrer Thomas, ou de le reconnaître, s'il se faisait sacrer ailleurs. Bientôt après, Anselme
1. Le pape dit dans sa lettre à Anselme : Quod significasd scaïuhilizari quosdam quod regern Teutonicum dure inveslituras ecclesiarum toleramus, nec tolérasse nos aliquando nec toleraturos scias. Expectamus quidem ut ferocia illius gentis edometur. Rex vero si in paternœ nequitix Iramile perseveraverit, beati Pétri gladiiim quem jam educere cœpimus, procul duhio experietur.Ci. Pfeiser,Z)er deutsche Investilurslrcit, in-8, Leipzig, 1883, p. 47 sq. ; Hermanu Rudorfî, Zur Erkldrung des Wormser Concordats, dans Quellen und Studien zur Verfassungsgeschichte des deutschen Reiches im Mitlelalter und Neuzeit, herausgegeben von K. Zeumer, Weimar, 1906, t. i, part. 4, p. 5; E. Bernheim, Das Wormser Konkordat und seine Vorurkunde, dans Untersuchungen zur deutschen Staats und BeichsgescJiichte de Gierke, Breslau, 1906, fasc. 81 ; Sdralck, Wolfenhïittler Fragmente, dans Kirchliche Studien, t. i, part. 2, p. 138 ; Meyer von Khonau, Jalirbiiclier, t. vi, p. 90 sq. (H. L.)
2. Labbe, Concilia, 1.x, col. 758-761 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1891 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1141 ; Wilkins, Concilia Britann., I. i, p. 390- 391 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 1233.
mourut, 21 avril 1109. Quelques jours plus tard, le légat du pape, Ulrich, arriva en Angleterre, apportant un pallium que le pape envoyait à Anselme, pour le remettre à l'archevêque d'York ou le garder, selon qu'il le jugerait à propos ^.
A son retour de Normandie, le roi réunit à Londres une diète et un synode, à la Pentecôte de 1109, pour régler cette question de l'Eglise d'York, L'un des principaux représentants du roi, Robert de Meulant, se permit alors de menacer les évêques qui obéiraient à la défense portée par le défunt primat et désapprouvée par le roi. Mais, sous la conduite d'Anselme, les évcques anglais avaient appris depuis plusieurs années le courage et l'amour de l'Eglise; aussi déclarèrent-ils qu'ils observeraient la défense du défunt primat. C'est ce que dit cnergiquement Samson, évêque de Worcester et père de Thomas, archevêque nommé d'York, citant la décision déjà rendue sur ce point en 1072, dans un synode de Winchester. Le roi donna alors [294] raison aux évêques et déclara que Thomas devait prêter serment d'obéissance à l'Eglise de Cantorbéry, ou abandonner l'Église d'York. Thomas choisit la première alternative et promit de respecter les droits primatiaux de l'Eglise de Cantorbéry, comme son prédécessevir, Thomas I^^, les avait respectés à Winchester en 1072.
Gerhard, évêque d'Angoulême, nommé par le pape Pascal, lors de son séjour en France, légat apostolique pour les provinces ecclésiastiques du sud-ouest de la France, Tours, Bordeaux, Bourges et Auch. réunit huit conciles dont nous ne connaissons guère que celui de Loudun, près Poitiers [Laudunensis] , en 1109 ^ ; encore n'avons-nous de cette assemblée que trois décrets en faveur de monastères. En cette même année 1109, un autre légat du pape, Richard d'Albano, se rendant à un concile à Toulouse, tint un synode à Clermont en Auvergne, pour punir les moines et les laïques révoltés contre l'abbé de
1. C'est-à-dire après que Thomas se serait amendé. Le pape donna évidemment ces ordres avant la mort d'Anselme.
2. Loudun, sous-préfecture du départem. de la Vienne. ChifTlet, Histoire de TournuH, 1644, p. .339-340; d'Achery, Spicilegium, 1644, t. vi, p. 24 ; Labbe, Concilia, t. x, col. 762 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1894 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1146; Juenin, Hist. de Tournus, 1733, p. 140-141 ; Mansi, Concilia, Supplem., t. ii, col. 241 ; Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 1 ; Bouquet, Rec. hist. de In France, t. xiv, p. 147-149. (H. L.)
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Saint-Pierre-le-\ if, à Sens, qui avaient commis des sacrilèges dans l'église de Mauriac \ Une autre assemblée ecclésiastique, réunie en 1110, dans le monastère de Saint-Benoît de Fleury (Saint-Benoît-sur-Loire), sous la présidence de ce même légat Richard, s'occupa encore de l'aiTaire de Mauriac et de quelques autres difficultés ayant trait à divers monastères ^. Labbe cite également une prescription qu'il donne comme émanée d'un concile tenu à Poitiers, en 1110, par les cardinaux Jean et Benoît ; elle précise que, seuls, l'évêque et l'abbé peuvent conférer la tonsure ^, mais ce dernier à ceux-là seuls qui veulent entrer au couvent.
A la fin de l'année 1110 ou dans les premières semaines de l'année suivante, dans un synode espagnol tenu à Canior (royaume de Léon), on porta une plainte contre l'évêque de Mondenedo en Galice, qui avait empiété sur les droits et possessions de Saint-Jacques de Compostelle *.
En 1110, les évêques et seigneurs saxons se réunirent pour dis- [295] cuter les mesures à prendre en vue de défendre leur religion et résister aux incursions des Slaves, leurs voisins. Ces derniers inquiétaient depuis longtemps le territoire saxon, profanant les églises, détruisant les autels et traitant les habitants avec la cruauté la plus raffinée. Ces êtres inhumains arrachaient les entrailles à leurs prisonniers, leur tranchaient les pieds et les mains pour en faire des trophées; ils les clouaient sur la croix et les mutilaient, ou encore les écorchaient vifs, leur tranchaient la tête et l'oiïraient à leur dieu, qu'ils appelaient Pripegala (le dieu grec Priape). Cette effroyable incursion des Slaves en
1. Labbe, Concilia, t. x, col. 765-766 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1897 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1152 : Mansi, Conr. ampliss. coll., t. xxr, col. 9. (H. L.)
2. ler octobre 1110. Coll. regia, t. xxvii, col. 215; Labbe, Conct7ia, t. x, col. 766; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1897; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1152; Mansi, Concilia, Supplem., t. ii, col. 241: Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 10. (H. L.)
3. Coleti, t. XII, col. 1211. Dans BaUizc, Miscellanea, t. v, p. 320, on trouve une lettre de ces deux cardinaux-légats, Jean et Benoît, adressée à Lambert d'Arras, l'invitant, lui et les abbés de son diocèse, à se rendre à Poitiers pour le concile qui se tiendra le 18 novembre.
4. Pagi, Crilica, ad ann. 1109, n.l2 ; Coleti, Conciliia, t. xii, col. 1155; Hardouin, Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 1893 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx col. 13. (H. L.)
pays saxon eut probablement lieu en 1109^ ; les évêques saxons Adalgot de Magdebourg, Albin de Mersebourg, Wabram de Naunibourg, Herwig de Meissen,Ketzeld'IIaldelberg et Hartbert de Brandebourg adressèrent alors une longue épître à leurs confrères dans l'épiscopat et à tous les fidèles de Saxe, de Franconie, de Lorraine et des Flandres, pour leur faire connaître la barbarie des Slaves et solliciter instamment leur secours contre de si cruels ennemis. Ils les invitèrent en même temps à assister à une nouvelle assemblée (jui devait se tenir à Mersebourg, le samedi de la semaine des Rogations ^ (11 mai). La lettre et la réunion ne restèrent pas sans résultats. Pendant l'été de 1110, le duc Lothaire de Saxe marcba contre les Slaves avec une ])uissante armée, ravagea leur territoire, s'empara de neuf de leurs places et s'en retourna victorieux, après s'être fait livrer des otages ^.
Après le concile de Troyes, Henri V fut trop absorbé pendant deux ans par les affaires de la Pologne, de la Bohême, de la Moravie et de la Hongrie, et par les guerres nécessitées pour subjuguer ces pays, pour c[ue le pape pût maintenir le délai d'un an à lui fixé. En 1109, l'Allemagne jouissant d'un peu de tranquillité, Henri envoya au pape une importante ambassade ; en faisaient partie les archevêques de Cologne et de Trêves et le chancelier Adelbert ; ils avaient pour mission de traiter de la cjuestion des investitures et de préparer les voies au couronnement de Henri V comme empereur. Pascal promit de le recevoir avec bienveillance s'il voulait être réellement le défenseur de l'Eglise et l'ami de la justice. Il ne demandait que ce qui devait appartenir à l'Église d'après le droit canonique et ne voulait porter aucune [29uJ atteinte aux droits du roi ^. En parlant ainsi, le pape laissait voir ses inquiétudes : il craignait, et il devait craindre en effet, après tout ce qvi' Henri avait fait, que ce dernier ne demandât la couronne impériale sans céder sur la question des investitures. Aussi, au concile de Latran du 7 mars 1110, Pascal renouvela-t-il la sentence de Troyes contre l'investiture des laïques. Jusqu'ici, le texte le plus complet des décisions de ce concile