‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 343 sur 505 · CONCORDAT DK S T T lU · texte numérisé non relu

CONCORDAT DK S T T lU

et le seront également si, par la faute du pape, le couronnement ne peut avoir lieu. Dimanche prochain (12 février), si le roi vient à la procession, je livrerai comme otages mon fils et mon oncle, ou mon neveu ^. »

1. Mon.Germ. liisl.,Scripl., t. v, p. 'i7i; t. vn, p. 778; Leges, t. ii,p. 66; Baronius, Annales, ad ann. 1110, n. 2; ad ann., 1111, n. 2 sq. ; \yattcrich, Vilx poniif. roni., t. II, p. 51. La Chronique diiMoiil-Cassin rapporte qu'après la conclusion des préliminaires, le pape écrivit au roi qu'il remerciait Dieu de ce (ju'il lui avait ouvert les yeux du cœur et lui avait fait connaître la perversité de son père. Le Siège apostolique le recevait avec un amour véritablement paternel... et s'il persévérait dans sa bonne conduite, il en reviendrait un grand honneur à l'empire romain. Le pape était certainement disposé à venir au-devant de lui jusqu'à des terres éloignées, mais le temps et la situation de Rome ne le lui permettaient pas. Aussi étaient-ils décides à s'envoyer mutuellement des députés. Mon. Germ. hist., Script., t. vu, p. 779; Watterich, op. cit., t. ii, p. 53;Baronius, Annales, ad ann. 1110, n. 6, 7. Ces deux dernières phrases prouvent, ou que cette lettre n'est pas authentique, ou qu'elle est d'une autre époque. Il ne saurait en effet s'agir de terre éloignées et de communications par ambassade dans la circonstance présente, puiscjue Henri était déjà aux portes de Rome et que le pape l'attendait d'un jour à lautre. La Chronique du Mont-Cassin se tronipe également lorsqu'elle raconte que le roi Henri avait demandé alors au pape de laisser ensevelir son père dans une église et que le pape avait refusé, sous prétexte que cela était oppose à la sainte Ecriture, etc. En revanche, la Chronique est probablement dans le vrai lorsqu'elle dit que Pascal demanda alors (de nouveau) par écrit, aux Normands et aux Lombards, de lui prêter secours. Malgré les assurances pacifiques d'Henri, le pape n'était certainement pas sans souci pour l'avenir. Ekkehard, op. cit., p. 244 ; cf. E. Bernheim, Quellen, n. 17, p. 37 sq. : Ad Aquam Pendentem progressus ab aposlolico boni nuncii bajulo rrperit, remissisque aliis luinciis curn Rontanorum, qui supplices illic sibi accurrerant paulntini Sutriani processit. Cf. Encycl. Ilenrici V, dans Monuni. Germ. hist., Leges, sect. iv : Constitut. et actu, t. i, n. 100, p. 150 sq. ; Bernheim, Quellen, n. 14, p. 30. Dans le Registrum de Pascal II, n. 99, p. 147-150; Bernheim, op. cit., n. 15, p. 32-36, on lit : ...missis (par Henri V) Romam in porlicum S. Pétri nuntiis cum Petro Leonis et fdiis domni Pasclialis papce nuntiis et consilio habita domi^us Apostolicus misil ad euin suos legatos Sutrium... Finis autem qualis fuerit, in consequentibus enarrabitur. Hoc paclum inter eos deliberatum est...; suivent le juramentum régis et le juramentum procerum régis, n. 87, 88, p. 139 sq. Ensuite, cartula alia sic se habet, c'est la promissio papss per Petrum Leonis dicta, et le juramentum Pétri Leonis, n. 85, 86, p. 138 sq. \J' Encyclica Ileinrici, n. 100, p. 150, enregistre les principaux changements favorables au roi; cf. Annales romani, duns Mon. Germ. hist.. Script. t. V, p. 472-476 ; Codex Udalrici, n. 149, dans Jaffé, Bibl. rer. German., t. v, p. 269-274 ; Meyer von Khonau, J ahrbiXcher des deutschen Reiches unter Heinrich IV und lleinrich V, in-8, Leipzig, 1907, t. vi, p. 184, n. 100; C. Gernandt, Die erste Romfahrt Ileinrichs V', in-8, Heidelbcrg, 1890; pour mémoire, Hefele, /)</'•• Concordat ifon Sutri und sein Bruch durcit Kaiser Ileinricli \ , im Jahre 1111, dans Tiibing. theol. Quartals, 1861, t. xi.ui, p. 179-204. (H. L.)

i.i\in: XX XII

lleiui V se trouvait à SuLri ^, lorsque ses ambassadeurs et les [302 légats du pape le rencontrèrent et présentèrent à son approbation le récent traité. Il l'approuva, mais, ajoute Ekkehard 2, sous la réserve que la stipulation concernant les regalia serait confirmée })ar les orands et par les prélats de l'empire ^ ; c'est-à-dire qu'il ne fit plus dépendre comme auparavant sa renonciation aux investitures de la publication par le pape, le dimanche 12 février, de l'édil sur les regalia, mais de l'approbation et de l'exécution de cet édit par les prélats allemands *. Et comme il jtrévoyait, non sans raison, que cette mesure ne serait pas de leur goût, sa promesse au sujet des investitures était donc parfaitement illusoire. Le pape, au contraire, était fermement persuade, ainsi ({ue la suite le prouvera, que, s'il remplissait consciencieusement de son côté toutes ses promesses, le roi renoncerait immédiatement aux investitures.

Les deux serments prêtés à Sutri par Henri et ses princes, afin de tranquilliser les légats du pape et le bon Pascal lui-même, s'accordent bien avec le plan insidieux du roi. Henri ne jura pas d'abord le traité entier, mais seulement la seconde partie concernant la sûreté personnelle du pape et les otages fournis par ce dernier et par Pierleone. Henri voulait ainsi amener Pascal à traiter avec lui personnellement et sans intermédiaire, de façon à ne faire le second serment que pour la fête du couronnement. C'est certainement de cette manière que les choses furent présentées au pape, comme le prouve la demande que Pascal fit plus tard à Henri, dans l'église Saint-Pierre, près de la table de porphyre; il le requit alors de prêter le serment. Déjà, à Sutri, afin que le pape n'eût aucun doute sur la prestation ultérieure du serment, treize princes jurèrent, d'après la seconde partie du traité, que le roi tiendrait tous ses engagements ■^.

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