Dimanche de la quinquagésime, 12 février
-. Plusieurs villes avaient dû s'engager par serment à faire de l'opposition à leurs évêques qui, parlagcaiit les idées de Grégoire VII, avaient été bannis par l'empereur.
CONCILIAS— V — 33
protégera tous les patrimoines tl l)iens de saint Pierre, à l'exemple de Charlemagne, Louis, Henri et les autres empereurs. 11 ne prendra jamais pari à aucun acte, à aucun complot tendant à faire perdre au ])ape ou la papauté, ou la vie, ou les membres, ou la liberté ; il ne souffrira pas (jik' l'icrleone et ses fils, ainsi que tous les représentants du pape, éprouvent aucun dommage. Comme garants de sa parole, le roi désigne au pape son propre neveu, Frédéric (de llohenslaufen), les margraves Engelbert et Thiebald, et dix autres princes allemands, parmi lesquels le chancelier Adelbert ^. Ils juteront au pape pleine sécurité, et, si le roi n'observe pas tout ce ([ui précède, ils passeront du coté du pape avec tous les leurs. En outre, le jeudi suivant (9 février), le roi enverra au pape des otages en garantie, à savoir son neveu Frédéric, Bruno, évoque de Spire, et trois comtes. Le pape lui rendra ces otages le jour du couronnement, et si le roi n'est pas couronné, il les lui rendra également. » Ce document fut signé par les ambassadeurs royaux, le chancelier Adelbert en tête, qui jurèrent que, le jeudi suivant, le roi s'engagerait par serment à l'observation de ce traité, donnerait les otages, et que tout, en un mot, serait en règle si, le dimanche 12, le pape remplissait de son côté ce qu'il avait promis dans le second document. Dans i-^Qn celui-ci, Piêrleone avait pris au nom de son maître les engagements suivants : « Si le roi remplit fidèlement les promesses contractées envers le pape, le jour du couronnement, le pape ordonnera à tous les évêques (et abbés) de rendre au roi les rega/ia, et à l'empire tout ce qui lui appartenait à l'époque de Charlemagne. Il défendra aussi, sous peine d'anathème, à tous les évêques présents ou absents et à leurs successeurs, de jamais émettre de prétentions sur les regalia, c'est-à-dire sur les villes, duchés, comtés, ainsi que sur les droits de monnaie et de douane et les bailliages du royaume -. En outre, il recevra le roi amicalement et le couronnera comme ont été couronnés ses prédécesseurs. Si le pape ne remplit pas toutes ces conditions, je m'engage, moi, Pierleonc, à adhérer au parti du roi avec tous les miens. Les otages seront rendus le lendemain du couronnement,
1. Monum. Gerin. IiisL, Leges, t. ir, p. 70 ; Watterich, op. cit., t. ii, p. 62.
2. D'après Zôpfl, Rcchtsaltertliiïrncr, p. 18, et Rechisgeschichte, p. 509,1a renonciation ne concernait que les droits féodaux laïques ouïes droits de souveraineté et non les possessions allodiales ; celles-ci donnaient bien lieu à uue investiture, mais seulement allodiale.