G9. VASTE PLAN DE GREGOIRE VII
convaincu que le règne do Dieu sur la lorro ne serait possible que si toutes les puissances, soit temporelles soit spirituelles,
Fricdbersr, De finium itjler Ecdesiamct civitaicm Regundorum jiuUcio quid medii xvi doctores et leges staliierint, in-8, Lipsia?, 1841, 2^ édit., 18G1 et l'étude générale sur les théories politiques du moyen-âge insérée par A. Gierke, Die dexttsche Genossemchaft. 3 vol., in-8, Berlin, 18G8-1881, trad. Maitland, PolUical théories n( the Middle Ages, Cambridoe, 1900), nous possédons pour le temps de la querelle des Investitures, le précieux recueil des LiheUi de Lite imperatorum cl ponti/lciim sœculis x\ et xn couscripti, 3 vol. in-4, Hannovern?, 1891-1897, édité dans les Monumenla Germaniir Jiistorica, et la remarquable élude de C. Mirbt, Die Publizistik im ZeitaUer GregorsVII, in-8, Leipzig, 1894,( omme nous possédons aussi pour l'époque de T3onil'ace VIIl, le travail de R. Scholz, Die Publizistik zur Zeit Philips des Schônen iind Bonijaz VIII, Ein Beitrag zur Geschicitle der Anschauungen des MitleluUers, in-8, Stuttgart, 1903, et pour l'âge postérieur les travaux de Riezler, Die literarischcii Widersacher der Pdpsle zur Zeit Ludwigs des Baiers, in-8, Leipzig, 1874 ; de Scaduto, Stato e Chiesa negli scriiti politici dalla fine délia lolla per le investiture a Ludovico il Bavaro [11?'J-1347), Firenze, 1882 ; de Labanca, Marsilio da Padova, in-8, Pâdova, 1882 ; de C. Cippola, // trattato a de monarchia » di Dante Alighieri e l'opusculo « de polestate regia e papalii) di Giovanni da Parigi, dans les Memorie dclla Eeale Accademia délie scienze di Torino, 1892, t. xiii (II® série), p. 325 sq.; d'A. Baudrillart, Des idées qu'on se faisait au xiv^ siècle sur le droit d'intervention du Saint-Père en matière politique, dans la Revue d'histoire et de littérature religieuses, 1898, t. m, p. 193-223, 309, 337. etc.
Toutefois il reste beaucoup à faire dans te domaine et pour la période do la querelle des investitures notamment, k' publication de M. Mirbt est loin d'avoir épuisé le sujet. L'étude des siècles antérieurs est encore bien moins avancée : jusqu'en ces dernières années l'étude des théories politiques qui se sont fait jour depuis Charlemagne jusqii'à la grande controverse du xi^ siècle n'avait, peut-on dire, fait l'objet d'aucune étude spéciale. Et toutefois n'est-ce pas dans la littérature de cette époque reculée que les systèmes proposés à l'ère des grandes, luttes, plongent leurs racines ? Si les données ultérieures de la science politiqvie se retrouvent déjà à l'âge de la querelle des investitures, elles-mêmes ont des origines lointaines dans les écrits du ix'' et du x^ siècle. Aussi veut-on comprendre les événements et les doctrines qui depuis Grégoire VII ont assuré l'hégémonie de l'Église ? Veut-on pénétrer le sens des revendications des partis en présence et s'expliquer les théories politiques du moyen âge ? Il est indispensable de remonter aux premières manifestations de la littérature politique du ix^ au xi^ siècle. C'est alors que s'ébauchent et cherchent à se formuler les théories dont la cristallisation et la systématisation se trouvent achevées dans les traités du xin® et du XI v^ siècle.
Prenant les laits dans leur germe, M. A. Solmi est remonté aux conditions d'existence juridique de l'Église, sous les premiers empereurs romains et dans les états chrétiens de création germanique, soit ariens soit catholiques. Envisageant ces relations sous l'angle des idées modernes, il voit, chez les peuples ariens, l'Église libre dans l'État libre et, chez les peuples catholicjues, la suprématie de l'Élal sur ri'.glisc. Dès l'époque de Charlemagne, la puissance séculière tend à la
étaient snumisos an représentant do Dieu. î^os poiijilos chrétiens ne devaient former qu'une famille, reconnaissant le pape pour
monai'cliio uniNciselIi' cl nlisoluc, mrino diiiis le (loiniiini' iclliiiriix' ; rÉerlisf. réagit conlro la domiiialioii de l'empire et vise à riiéf^éinonie. La ])oi'le est ainsi ouverte anx coiiflils : c'est le véritable dél)\it des controverses sur les deux pouvoirs.
Aussi, à l'époque de la renaissance carolingienne, éclôt en France toute une littérature politique. J\isque vers le milieu du i\.^ siècle, les écrivains du genre didaclique dominent presque exclusivement, A. Verminghoiï, Die l'iirstenspieiiel (1er KaioUngcrzeit, dans Ilislorischc ZcitscJiriff, 1902, t. lxxxix, p. 193-21''i. Le premier représentani, est un moine obscur nommé Catwnlphus qui adresse en 775 à Charlcmagne un plan de bon gouverncmenl, Momiin. Genii. Jtist., Episl. karol. œvi, édit. Dûmmler, l. ii, p. 501-505. Dès la première dizaine du ix^ siècle, se présente Smaragde de Verdun, auteur d'une Via regia destinée à Charlemagne à qui elle doit donner des règles de gouvernement, D'Achery, Spicilegiiim, Parisiis, 1733, t. I, p. 238 sq. et la préface dans Denis, Codices juss. Bihiiolli. Palat., t. i, p. 1050 ; A. Ebert, Gesdiichte d. Litler. d. MiUchilters, t. ii, p. 108-112. Puis c'est le tour de Jonas d'Orléans, qui, vers 834, mettant à profit les décrets du concile de Paris de 827, dédie à Pépin d'Aquitaine son De iii.slitulioiie regia faisant suite à un De institutione laicali; D'Achery, Spicilegiui», t. i, p. 158 sq., p. 321 sq.; Ebert, op. cit., t. ii, p. 220 sq. ; Simson, Jahrhûcher des /rditkischeii Reiches unier Ludwig d. Fr., in-8, Leipzig, 1874, t. i, p. 380-386. Vient ensuite Scdulius Scotus, vers le milieu du ix^ siècle, qui publie un De rectorihus rliristianis, nouveau règlement pour un monarrpie [recfor] ; A. Mai, Spirilegiinn rnituimnn, Pioma^, 1812, t. vTii, p. 1-G9;c'esl le moins médiocre parmi tous ces écrits politicpies mentionnés ici; A. Ebert, op. cil., t. n, p. 191-202; Schrors, Ilinkinar, Erzhinchof von Rlieinis, in-8, Freiburg, 1884, p. 387. Enfin, vient Hincmar de Reims, qui avait au moins cette supériorité sur les prédécesseurs, de s'être fait longuement la main à la politique. Tous préconisent un système de théocratie royale, tout en rappelant au monarque ses devoirs et tout en assignant pour règle suprême et pour limite à l'absolutisnic princier le respect de la loi divine et des prescriptions canoniipies. Dans la seconde moitié du ix^ siècle, l'Église, dominée par l'iiltat, voit se lever en France toute une phalange de polémistes qui défendent son indépendance et sa supériorité. Au premier rang brillent Agobard de Lyon (1 840), Florus de Lyon (I 860) et surtout Hincmar de Reims (f 882) ; de l'avis de M. Solnii, ce célèbre lutteur aurait déjà él)auché le système contractualiste sur l'origine du pouvoir civil, (Agobard, Liber apologeticus, dans Monuni. Iiisl. Germ., ScripL, t. XV, part. 1, p. 274-279 ; Epistola de divisione imperii Frnucorum, dans Opéra, édit. Baluze, 1666, t. ii, p. 42-47 ; A. Ebert, op. cil., t. ii, p. 209-222. — Florus, Qucrela de divisione imperii, dans Poelie laliiii, édit. Diimmler, t. ii, p. 559 sq. ; Liber de cleclionibus episcoporitm, dans Agobard, Opéra, édit. Baluze, t. ii, p. 254-258, cf. Conrat, Geschichie der Qucllen und Litlcratur d. romischen Redits im jrûheren MitlelaUer in-4, Leipzig, 1889; t. i, p. 253 ; voir aussi la correspondance d'Alcuin et celle de Claude de Turin, Episl. karol. levi, édit. Dûmmler, t. iv; quelques fragments poétiques recueillis dans Pœtse laiiiii œvi Carolini, t. i-iii, d'Audradus, Modicus, telle page des Revelationum de la Chronique d'Albéric des Trois-