‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 36 sur 505 · VASTE PLAN DE GREGOIRE VII · texte numérisé non relu

VASTE PLAN DE GREGOIRE VII

fonliiiiiPS, cdit. P. SchelTer-Boichorst, dans Monum. Gcrtn. Iiisf., Scripl., t. XXIII, p. 733-735 et Bouqviol, Becueil dct hisf., t. vu. p. 28*,)-2!)2. Cependant à la même époque, en opposition à l'anarcliie, l'idée impérialiste on, si l'on veut, l'idée d'un Empire romain universel, hantait en Italie le cerveau de quelques écrivains : le Lihcllus de inifx'iitloi ia p(ili'.<ilali\ vraisemblablement composé en 897 ou 898 en est l'expression la plus caractéristique; cl. A. Solmi, n/). ril., p. 23- 3C; édition dans ^[on^tnt. Cerm. lit'sf., Script., t. m, p. 719-722; Jung, Ueber den sogenn. Libellas de imperaloria poiestate in iirbe Roma, dnas Forschungen ziir dejiisclien Geschichte, 1876, t. xiv, p. 409-^i56 ; F. Ilirsch, Die Schenkung Kaiser Karls des Kahlen fiir Popst Johann VI JI uud der Libellits de imperaloria potestafe in urbe Ronia, dans même revue, 1880, t. xx, p. 127-164, fixe la date d'apparition du Libellas entre 9'i0-950 ; A. Lapôtre, L'Earope et le Saint-Siège à l'époque carolingienne, pe partie. Le pape Jean VIII (87-?-882), in-8, Paris, 1895, p. 181- 202, démontre que le Libellas appartient aux dernières années dn ix^- siècle et pas plus tard, entre 896 et 898.

Mais c'est déjà le règne de l'anarchie féodale, le. triomphe du campanilisme politique et religieux : en fait, l'Empire n'existe plus, il a été fractionné en plusieurs monarchies sous l'iiiflueucc des ambitions personnelles et des rivalités nationales, et même, au sein de chaque monarchie nouvelle, l'Etat central fait place à de multiples seigneuries, véritables royautés locales ; du même coup, le pouvoir de la papauté et l'indépendance du clergé local aussi bien que la discipline ecclésiastique sont considérablement amoindris et deviennent les victimes de cet éparpillement de la puissance séculière, de cette profusion d'États dans l'État. C'est à la suite de ces faits qu'une réaction politique et littéraire se produit en Italie, sous la maison impériale de Saxe (936-102'i), au profit de la reconstitution de l'Empire. D'autre part, la réforme monastique de Cluny réveille l'idée d'unité hiérarchique et en prépare le triomphe au profit de la papauté, en même temps que des évêqucs réformateurs, principalement Rathier de Vérone ("j" 974), protestent véhémentement dans leurs écrits contre l'ingérence laïque dans le sanctuaire et travaillent au relèvement du pouvoir central, mais toul en réclamant de celui-ci sa soumission à l'Église. C'est cette opposition au triomphe du feudalisme qui établit un lien de continuité, si faible soit-il, entre la littérature carolingienne et celle de la qvierelle des investitures. Cf. A. Solmi, op. cit., p. 39-'i7 ; P. Imbart de la Tour, Les élections épiscopales dans l' Église de France da ix*" au xii*" siècle, in-8, Paris, 1891, p. 200 sq. ; U. Stutz, Die Kigenkirche als Elément d. mittelalt. germ. Kirchenrechis, p. 12-45; P. Del Giudice, Feado: origine c introduzione in Italia, in-8, Torino, 1893, p. 87-90 ; A. Dresdner, Kaltar and Sillengeschichte der italienischen Geitstlicheit im x and xi Jahrii., in-S, Breslau, 1890, p. 7-11; Giesebrecht, De Utterarum studiis apud Ilalos primis niedii cevi sseculis, in-8, Berolini, 1845, p. 5-20 ; Salvioli, Islrazzione publica in Ilalia nei stcoli viii, IX e X, dans Rivista Earopea, 1879, t. x, p. 707 sq ; Dresdner, op. cit., p. 174-300 ; A. Ebert, Allgemeine Gesch. d. Litter., t. m, p. 236, 371, 414 ; Dûmmler, Gesta Berengarii imperatoris, Beilràge zur Geschichte Italiens, Halle 1871; E. Sackur, Die Cluniacenser in ihrer kirchlichen u)id allgemeingeschichtli~ chen Wirksamkeit bis zur Mitte des xiJahrh., in-8. Halle, 1892, t. i, p. 22 sq., p. 128 sq.; Vogel, Ratherias von Verona uud das zehnte Jahrh., 2 vol., in-8, Jena,

Toute l'histoire de la querelle des Investitures, sous sa forme violente, tient

eiiliT tlciix dalos: 10''i4-ri22, clonl k'S périodes inlcrmcdiaircs sont 1044-1075, 1075-1111, 1111-1122. Oïl peut avancer sans exagération que l'intensité de la controverse va de jiair avec la A-ioleiice des actes, et après l'effroyable affaissement du x*" siècle, c'est en grande partie à' la secousse donnée par cette controverse qu'on doit attribuer la renaissance intellectuelle de la fin du xi^ et du xii" siècle. T/Italie fut à la tête de ce réveil ; les écoles de Pavie, de Milan, de Parme envoient on Germanie et en France des maîtres qui possèdent tout le savoir de leur épo(pie et même un peu plus, assez pour alhimer la curiosité. Landtdphe, Jîisinr. niediol., 1. Il, n. 35 ; dans Alonuni. Gmn. Jiist., Script., t. viir, p. 71 ; Doni/.o, l'(7(/ Mtilh. T, vs. 848, ihid. Saii)/., p. .'5G8. t. xii ; E. Dimunlcr, An.ielm (ter Peripntetikrr, in-8. Halle, 1872, p. 11-12; A. Dresdner, Kullur iind SiHenlicscli. (I. liai, (irisll., p. 174-.'i00. Dès l'ouverture des hostilités, saint Pierre Daniien dans le Liber gratissimus (1052) et la Disceplatio synodalis {i0()2) donne l'étineelle el attise la flamme, cf. Ncukirseh, Drt.s Lebcn des Peints Darnianus, iiebst eiiieni Atihang : Damiani Schriften, in-8, Gcittingen, 1872; tout près de lui, le cardinal Humbert, esprit plus rassis, dans son traité Adi'ersus simoniacos (1057-1058), traite juridiquemei\L la question de l'investiture, LibcJli deLite, t. I, p. 95 sq.

Avec l'avènement de Grégoire VII, toute éqivivoque est impossible et les partis sont désormais si tranchés qu'ils demeureront tels juscpi'en 1112. Parmi les grégoriens, les ineilleurs écrivains — ce cpii n'est pas beaucoup aire — sont Bernold de Saint-Biaise, Manegold de Latenbach, Anselme de Lacques, etBonitho de Sutri ; Bernold composa entre 1074 et 1085 cjuelcjues travaux de caractère juridique, lihellide lile, t. ii, p. 1-168, t. m, p. 579 et Colleclio canomim, édit. Ussermann, Germaiiipe sacrœ prodromus, 1792, t. ii, p. 414 sq. — Manegold de Lautenbaeh (1085), un de ces enfants terribles qui sont l'effroi du parti dont ils poussent à ])out toutes les théories, Lihelli de liie, 1. i, p. .'500 sq. ; Giesebrecht, dans Sifzuiigsherichte d. Akad. d. Wissensch. zu Miinchen, 18G8, t. ti, p. 279-330. — Anselme de Lueques et Bonitho sont plus calmes, Libelli de lile, t. i, p. 517 sq., 568, sq. — ■ Parmi les henrieiens, Petrus Crassus (1080) bien instruit dans le droit romain, Libelli de lile, t. i, p. 432 sq. ; Wenrick de Trêves, \Yido d'()snai)riiek, Guy de Ferrarc, Libelli de lile. t. i, ]). 280-299, 461-470, 529 scj. el plus qu'eux tous Benzo d'Alba, Moniim. Gertn. hisL, Scripl., t. x, p. 591 sq. ; 11. Lehmgruebner, Benzo von Alba. Ein ]'or(eehler der hiiiserlirlieii Slaaisidee itnier Ifeiurieli I]', in-8, Berlin, 1887.

Entre 1085 et 1122 on trouve parmi les eurialistes ; le cardinal Deusdcdit, Yves de Chartres, Brunon de Segni, Ranger de Lueques, Placide deNonantola; et parmi les régalistes : Sigebert de Gembloux, le cardinal Benno, l'auteur du De luiitnle Ecclesiœ et celui du Tractatus de invesLitura, Hugues de Fleury, Grégoire de Catino, d'autres encore, dont on trouvera les écrits dans Libelli de lile, t. Il, j). 163, auxquels il tant ajouter l'ouvrage de Ranger, Sancli Anselmi Lucensis episcopi Vila, a Rangerio successore suo, sœculo xii iueuule, lalino carminé scripta, édit. De la Fuenle, Madrid, 1870.

Entre eurialistes et régalistes, il faut faire une place bien distincte à Placide de Nonantola, aviteur d'un traité approfondi sur la condition et les privilèges de l'Église, Libelli de lile, 1. ii. p. 566 sq. ; R. Kayser, Placidus von Nonanlula, De honore EcclesiiP, ein Beilrag zur Geschichte des Investilurstreiles, in-8, Kiel, 1888, — et à Hugues de l'l(Miry dont l(>s cnnceptions politiques sont )ilus mûres que

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