Farlati, Illyricum, sacrum, t. m, p
4. Véroli, district de Frosinone, prov. de Rome. Mabillon, Iter Italicuni, 1687, t. i, part. 2, p. 242 ; Coleti, Concilia, l. xii, col. 1163; Mansi, Conc. arnpliss. coll.^ t. XXI, col. 49. (H. L.)
606. Conciles de il 12 à 1115. Opposition contre ï empereur et contre le décret des investitures.
Henri V reviul par la Toscane, séjourna trois jours auprès de Mathiide et lui montra son estime en lui confiant le gouvernement (le la Ligurie au nom de l'empereur. 11 gagna ensuite la Lombardie, les Alpes et l'Allemagne, où, le 7 avril 1111, il ense- \vVi\ solennellement les restes de son père à Spire. Sur l'attestation formelle qu'Henri IV avait, au moment de mourir, désavoué ses erreurs passées, le pape avait levé l'excommunication qui pesait sur sa mémoire. Le 15 août, Henri V donna l'investiture à son chancelier Adelbert, depuis longtemps élu archevêque de Mayence ^. Mais les précédentes épreuves de Pascal allaient être suivies d'épreuves plus dures encore. D'une part, il regrettait de voir beaucoup de biens de l'Eglise romaine non restitués, au mépris des promesses formelles de l'empereur ; loin de là, Henri avait tout dernièrement encore opprimé l'Église d'Arezzo ^ ; [-^^^ ^j d'autre part, le pape fut blâmé par un parti considérable qui lui reprochait sa faiblesse à l'égard de l'empereur. Au premier rang des opposants, étaient les évêques et cardinavix qui, ayant pu s'échapper de la prison, s'étaient trouvés ainsi dispensés de signer le nouveau traité avec Henri. A leur tête se trouvaient les cardinaux-évôques Jean de Tusculum et Léon de Velletri ou d'Ostie ^. Ils allèrent jus(|u'à tenir à Rome, dans l'été de 1111,
1. .{luiules Pallier brunnenses, édit. Schciïei'-Uoichorsl, j). 125. Un an plus laid, il tomba complètement en disgrâce, et on raconte qu'après avoir langui en prison trois ans, il lut enfin rendu à la liberté le 1'"'" novembre 1115, réduit à l'état de squelette. Annal. Palherb., p. 131. Intercession de Pascal II près d'Henri, en faveur de l'archevêque, le 25 janvier 1113; cf. dans Jafîé, Bihlioth. rer. gcrm., t. v, p. 290. — Cf. Kolbe, Erzhisdioj Adalbert J s'un Mainz uiid lleinrich V, in-8, Heidelbcrg, 1872; cf. Manifestum HenriciV de captivitale Adalberti, dans Giesebrecht, Geschichte der Kaiserzeil, i. m, p. 1253 sq., n. l 'i : Annules Corbeiennes, dans Monum. Germ. hisl., ScripL, t. m, p. 7. (H. L.)
2. La lettre du pape à Henri datée du 3 mai se trouve dans le Cod. Udalrici, dans Jafïé, BlbUoth. rer. germ., t. v, p. 281.
3. En Italie, les cardinaux Jean de Tusculum cl, Léon d'Ostie; Jaffé, Regesta pont, roni., n. 0301 ; et Brunon, évèque de Scgni et abbé du Mont-Cassin, cLLibel. de lite l. m, p. 503-565 ; Meyer von Khonau, Jahrhûcher, t. vi, p. 185 sq. ;
GOG. Ul'l'OSlllO.N CONTRE l'emi'ERel ]; 529
en l'absence du pape, une sorte de conciliabule pour ])lâmer la conduite de Pascal. Dès le 5 juillet, le pape envoya de Terracine une lettre où, sans méconnaître leur zèle, il les prévenait qu'ils s'engageaient dans une voie contraire aux canons et qu'ils s'inspiraient, non de l'amour, mais de la colère. Lui aussi avait songé à son salut, et il comptait améliorer ce qu'il avait fait, mais il avait agi uniquement pour détourner les grands maux qui allaient fondre sur les habitants de Rome et des environs ^.
Un autre adversaire du pape, et non moins redoutable dans cette aiîaire, fut Bruno, abbé du Mont-Cassin, évoque de Segni. Le continuateur de la Chronique du Mont-Cassin dit de lui : « Avec plusieurs autres, Bruno demanda sans cesse au pape de rompre le traité conclu avec Henri et de l'anathématiser. Au contraire, ceux qui avaient partagé la captivité du pape s'en tenaient fer-
15ninon y perdit son abbaye. Pierre Diacre, Chrun. Cassin., 1. IV, c. xlii, dans Mon. Genn. Iiist., Script., t. vu, p. 782 sq. ; Walterich, Vilic poidif. roni., t.ii, p. 70 ; Jafïé, Reg. pont, rom., u. 6.302-6304 ; Gigalski, Bruno, Bischof von Segni, Abt von Monte Cassino (1049-1123), sein Leben iind freine Schrijten, dans Kirchengescliichtliche Studien, t. m, part. 4. Il faut associer à ces trois personnages Placide de Nonantola, qui écrivit à cette occasion son Liber de honore Ecclesise, édit. L. de Heinemann, Libelli de lite, t. ii, p. 535-542; cf. K. Heinzelmann, X)ie i^a/'/enser i5irej7.sc/(/7'//e;(, in-8, Strassburg, 1904 ; Meyer von Khonau, Jahrbûcher des deutschen Reiches unler tleinrich IV und Heinrich V , in-8, Leipzig, 1907, p. 188-194 ; Exkurs, op. cit., t. i,'p. 393 ; MiTht,Die Publizistik, p. 75, 519-524. — En France et en Bourgogne, ce furent Josserand de Lyon, Guy, archevêque de Vienne, et Geoffroy de Vendôme qui donnèrent le branle; cf. Libelli de lite, t. i, p. 680-683; Sclium, Die Politik Pascalis II, 1877; Sackur, dans Neues Archiv fur altère deutsche Geschichtskunde, t. xvii, p. 327-347, et Die Briefe Gottfrieds von Vendôme, dans même revue, t. xviii, p. 666-673; Meyer von Khonau, Jahrbûcher, t. V, p. 202 sq. ; Mirbt, op. cit., p. 76, 529 sq. Mais ils trouvèrent des contradicteurs sur place : Yves de Chartres et ses collègues de la province de Sens, dans VEpistola ad Josseranum (Libelli de lite, t. ii, p. 649-654; Bernheim, op. cit., l. II, n. 18, p. 39-42 ; Epist., ccxxxi, dans P. L., t. clxii, col. 138 sq., et dans Mansi,6'o;ic. anipliss. coll., t. xxi, p. 77), défendirent la manière de voir de Pascal II et justifièrent sa solution de toute note hérétique. — En Allemagne, le parti grégorien était désemparé, Gebhard de Constance était mort, Adelbert de Mayence en prison et Conrad de Salzbourg fugitif ; cependant, on voit qu'on continuait, en l'absence des chefs, à entretenir les idées d'autrefois; la preuve en est dans VEpistola de vitanda missa uxoratorum sacerdotum, édit. Sdralck, et Libelli de lite, édit. Sackur, t. m, p. 2-11 ; cette pièce est de l'année 1111. (II. L.)
1. Baronius, Annales, ad anu. 1111, n. 28; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1791 ; Mansi, Conc. anipliss. coll., t. xx, col. 1008 ; ^^'atteril•h, op. cit., t. ii, p. 69.
CONÇU. K s — V — ;! 'i
luetuent à ce ([iii avait clé accepté et coudauiué par le traité du 13 avril, alors (jiie d'autres se faisaient ouvertement les défenseurs de l'injustice. Comme l'Eglise était troublée par ces divisions, on rapporta au pape que l'abbé Bruno était le chef et le porte-drapeau de l'opposition. C'est ce ([ui détermina l'abbé à dire au pape, dans urt moment propice, ce qu'on va lire ^. » Ce que la Chronique donne alors comme le discours de Bruno n'est autre chose qu'une lettre de ce dernier à Pascal, que Baronius a trouvée dans la bibliothèque du Mont-Cassin. L'abbé [315] écrit : « Mes ennemis t'ont dit que je te fais de l'opposition et ({ue je dis du mal de toi : ils eu ont mcnli. Je t'aime comme mon père et seigneur, et je ne veux pas avoir d'autre pape. Mais le Sauveur dit : Qviiconque aime son père et sa mère plus que moi n'est pas digne de moi... Je dois donc aimer Dieu plus que toi... Quant à ce contrat outrageant extorqué par la force et la trahison, je n'en saurais faire l'éloge... Toi non plus, du reste, d'après ce ([ue j'entends, tu n'en fais pas l'éloge. Ta propre ordonnance a condamné et excommunié tous les clercs qui reçoivent l'investiture d'un laïque. Cette ordonnance, conforme aux lois de l'Eglise^ est sainte et catholique, et quiconc{ue va à l'encontre de ce qu'elle
prescrit n'est pas catholique Et maintenant, vénérable Père;
cette ordonnance, qui est celle des apôtres, lu dois la confirmer dans ton Eglise, qui est à la tête de toutes les églises, tu dois l'annoncer publicjuement et condamner de nouveau, par l'autorité apostolique, ce que tu as si souvent déclaré loi-même être vme hérésie. » Dans une seconde lettre à l'évêque de Porto, Bruno cherche à démontrer c|u'il est hérétique d'approuver l'investiture laïc[ue ^.
Pascal était tellement irrité contre Bruno qu'il dit plusieurs fois : t( Si je ne me hâte de lui enlever son abbaye, il va me prendre mon pontificat. » Et il lui écrivit de résigner son abbaye, parce que le Siège apostolicfue ne pouvait pas tolérer plus longtemps le cumul d'un évêché et d'une abbaye. Il fit ensuite remettre aux moines du Mont-Cassin, par l'intermédiaire d'un des leurs, Léon d'Ostie, une lettre qui les engageait à procéder à l'élection d'un nouvel abbé. S'ils différaient, le pape se déclarait prêt à séparer du Moiit-Cassin tous les monastères qui en dépen-
1. Baioniiis, Annales, ad aun. 1111, ii. 30 ; Watlericli, op. cit., t. n, p. 70.