Ihid., p
5. Mon. (Jcrm. liisl., SciipL, t. v, p. 477 ; l. vu, p. 7'Jl ; Coleli, Concilia, t. xn, col. 1235 ; Baronins, Annales, ad ami. 1 1 17, n. 2 sq. ; Pagi, Critica, ad ann. 1117, n. 2 ; Gervais, op. cit., j). 171 ; Gicsebrecht, op. cit., t.. m, p. 872 sq. ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 156, 162 ; Watterich, Vilic ponlij. lom., t. ii, p. 13 sq., 87 sq. (H. L.)
G08, Conciles sucs le vxi'E gélase h 563
Au moment de mourir, le ])ape convoqua autour Je lui les cardinaux et les engagea à conserver l'union, à résister aux Guibertistcs et aux énormités des Allemands {enormitales Gerina- [•J^"J norum). Aussitôt le pape mort, le cardinal-évêque de Porto réunit ceux de ses collègues qui se trouvaient à Rome, et ils résolurent d'élire pape le cardinal-diacre Jean Cajetan (de Gaëte), chancelier de l'hglise romaine, qui était toujours resté fidèle au pape. Jean se trouvait alors au Mont-Cassin, son^ ancien monastère, et les cardinaux lui mandèrent de hâter son retour. Cela fait, les cardinaux se réunirent au monastère du Palladium et élurent Jean sous le nom de Gélase II ^. A la nouvelle de cette élection, Cencius Frangipani, qui était dans le voisinage, enfonça les portes de l'église, saisit à la gorge le nouvel élu, le frappa de coups de pied et de coups de poing et l'emmena prisonnier. Il traita de même les cardinaux. Mais toute la ville, même les chefs du parti impérial, le préfet de la ville et Etienne le Normand s'élevèrent contre ce sacrilège et forcèrent Frangipani à remettre le pape en liberté. Gélase fut placé sur un palefroi blanc et conduit au Latran, dont il prit possession, mais son sacre ne put encore avoir lieu, parce que, n'étant alors que diacre, il devait d'abord recevoir la prêtrise. Avant cette ordination, l'empereur Henri V, qui assiégait Vérone 2, parut subitement devant Rome et pénétra furtivement dans la ville, à la faveur des ténèbres, pendant la nuit du l^i" au 2 mars. Le pape, n'attendant rien de bon de cette visite et craignant de subir le même sort que son prédécesseur, s'enfuit à Gaëte, avec plusieurs évêques et
1. Vita Gelasii II a Panduîfo diacuno romano conscripia, dans Watterich, op. cil., t. II, p. 91-104; Baroniiis, Annales, ad ann. 1118, a. 4 ; ad ann. 1119, n. 3 ; Pagi, Critica, ad ann. 1118, n. 4 ; ad ann. 1119, n. 4; Bouquet, Recueil des hist. de la France, t. xv, p. 213-218, 223-228; R. Ceillier, Hist. générale des aut. ecclês., t. XXI, p. 640-465 ; A. C. Gaetani, Vita del pontifice Gelasio II, monaco del Monte-Casino, in-4, Roma, 1820 ; Jaffc, Reg. pont, vont., 1. i, p. 775-780 ; t. II, p. 714, 754 ; Liber pontificalis, édit. Duchesnc, 1892, l. n, p. 311-321, 376; U. Robert, Histoire du pape Calixte II, in-8, Paris, 1891, p. 42-43. (H. L.)
2. C'est ce que rapportent les Annal, rorn. ; Landult' dit : .1 Taurinensiuni parlibus Romam adiré jestinavil.
cardinaux, au milieu des plus <4Tands dangers. Henri lui envoya des messagers et n'épargna ni paroles amicales ni menaces, pour obtenir de Gélase les mêmes concessions qu'il avait obtenues de Pascal en 1111. Le pape s'y refusa énergiquementet fit connaître son intention de réunir, le 12 octobre suivant, à Milan ou à Crémone, un concile qui s'occuperait du conllit pendant entre l'Eglise et l'empire. Alors, sur le conseil de plusieurs juristes et notamment du célèbre jurisconsulte Irnerius (Werner) de Bologne, l'empereur se décida à créer un antipape et, le 8 mars 1118, il fit élire, sacrer et reconnaître Maurice Burdin, archevêque de Braga, sous le nom de Grégoire VIII ^. Le lendemain, 9 mars, Gélase recevait la prêtrise à Gaëte et, le lendemain, la consécration épiscopale. Le dimanche des Rameaux (7 avril 1118), il prononça, dans un concile tenu à Capoue, une sentence [341] d'excommvmication contre Henri et sa créature. Le pape célébra les fêtes de Pâques à Capoue ^.
Pendant le séjour de l'empereur en Italie, l'Allemagne fut le théâtre de désordres continuels. Adalbert de Mavence se déclara l'adversaire infatigable et résolu de l'empereur et de tous ses partisans,tandis que Frédéric de Hohenstaufen se rangeait ouvertement dans le parti d'Henri. Il en résulta un conflit permanent et l'empire fut plongé dans un état de troubles continuels ^. Lorsqu'on apprit la désignation de Conon de Préneste comme légat du pape pour l'Allemagne, les archevêques de Mayence, de Magdebourg, de Cologne convoquèrent immédiatement un concile général à Mayence pour le G juillet 1117 *. On y devait examiner tout ce cjui se rapportait aux conflits présents et chercher un moyen de termi-
1. Annales rontdin . i\i\ns Moitum. (îcntt. Instar., Scnjil. . I. \', p. 'i78 ; Ekkchard, Cliron. nnivcis.^ ad anii. 1118, dans Maninii. (ici ni. Iiisl., Scri/i/., I. vi, p. 254: Sci.snia, qiiod j<nu spcrabatnr eniorluiiin, crudclilcr rc^'i.vit\ Pierce Diacre, Citron. Cassinetisc, I. l\, c. ci.xiv, dans Moniini. Gcrni. liisL, Scripl., l. vu, p. 792 ; Paudulf, \'ila Gelusii II, dans Watterich, X'ilip rom. poiitif., l. ii, y). 99 ; Jafïé Regesta ponlij. rom., n. 063 j,, 6635, 6642. (H. L.)
2. Coll. régla, l. x.vvii, col. 15 ; Lahbc, Concilia, t. x, col. 823 ; Hardouin, Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 1947 ; Colcli, Concilia, t. xii, col. 1247 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 175 ; Baronius, Annales, ad ann. 1118, n. 4 sq. ; Pagi, Criiica, ad ann. 1118, n. 4 sq. ; P. L., t. ci.xiii, col. 26, 475, 489 ; t. clxxiii, col. 1507 sq. (H. L.)
3. Ekkchard, Clirvn. univ., ad ann. 1 1 17, décrit cet état déplorable.
4. Le Codex Cdalrici, dans JafTé,2?(6/. rer. Gerin., t. v, p. 315, 317, contient les lettres de Conrad de Salzhourg et de Ilartwig de Ratisbonne.
ner définitivement ces luttes désolantes. Mais plusieurs évoques refusèrent de prendre part à ce concile, déclarant que, seul, le pape avait les pouvoirs de convoquer un concile général; il semble donc que l'assemblée projetée ne put avoir lieu. Toutefois, le cardinal Conon, dont la légation avait été confirmée par Gélase II, aussitôt après son élection ^, réunit un concile à Cologne ^, le 19 mai 1118 ^, d'accord avec Adalbert, archevêque de Mayence. On y frappa d'excommunication Henri V, puis le duc Frédéric de Souabe, son frère Conrad, le comte palatin Godefroy et tous leurs partisans ■*. Otton, évoque de Bamberg, avait été convoqué au concile par son métropolitain, l'archevêque de Mayence. L J L'évêque se trouvait passible de la suspense qui frappait les non-comparants, mais la haute idée qu'on avait de sa sainteté ne permit pas de lui infliger ce châtiment; on se borna à lui faire connaître le mécontentement du concile par l'intermédiaire du métropolitain, et à l'avertir qu'on le citait à Fritzlar, pour le 28 juillet 1118. L'archevêque de Mayence écrivit également au clergé d'Augsbourg, dont l'évêque, Hermann de Wittelsbach, faisait ouvertement cause commune avec l'empereur. Nous savons seulement qu'à Fritzlar l'excommunication contre Henri, contre l'antipape et tous leurs partisans, fut de nouveau publiée et ([ue les chanoines de Wiirzbourg faillirent être excommuniés, probablement parce qu'ils penchaient pour le parti de l'empereur. Le concile s'occupa aussi de la question de saint Norbert. Ce dernier avait reçu la prêtrise en 1115, des mains de l'archevêque de Cologne, et il s'était mis à parcourir le pays en prêchant. On l'accusa devant le concile de s'être attribué les fonctions de prédicateur, et on lui reprocha d'avoir conservé la pleine jouissance de ses biens, tout en ayant adopté le costume monacal. Norbert fut absous par le concile, vendit alors tous ses biens et, en novembre 1118, se rendit à l'abbaye de Saint-Gilles, où résidait alors le
1. Annales Patherhrunnenses , c'dit. Schefîer-Boichorsl, p. 134 sq. ; pour la lettre. du pape à Conon, cl. Codex Udalrici, dans Jaiïé, Bibl. ver. German., t. v, p. 323 ; Giesebrecht, op. cit., t. m, p. 892.
2. Coll. rc'^ia, t. xxvii, col. 15 ; Lalihe, Concilia, t. x, col. 823 ; Ilardouin, Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 1947 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1247 ; Maiisi, Concilia, Supplem., t. II, p. 325 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 175. (M. h.)
3. Annales Patherhrunnenses, p. 135: //( jc.^lo Rofialionuni.
4. Codex Udalrici, dans Jalîé, Re^csta pont, roni., t. v, p. 321.
pape Gélase II ^. Après ce concile, le métropolitain de Mayence écrivit au clergé de Bamberg, interdisant toute fonction ecclésiastique aux clercs qui avaient des relations avec des excommuniés (c'est-à-dire avec le parti de l'empereur). Nous savons par cette lettre qu'Otton de Bamberg s'abstint de venir au concile de Fritzlar ^ et ne reconnut pas le nouveau pape ; l'archevêque le menaça de suspense et de la perte des privilèges particuliers de l'évêché de Bamberg, Il est bien invraisemblable que le cardinal Conon ait tenu à cette époque un synode à Worms ^.
A la nouvelle des événements d'Allemagne, l'empereur Henri V, qui venait de se faire couronner une fois de plus par l'antipape (Pentecôte 1118), se hâta de gagner ce pays pour y rétablir son autorité et mettre fin à la guerre civile, alors plus atroce que jamais. A cette même époque, le pape rentra dans Rome * L^^^J et vint demeurer près de l'église Sancta Maria in Secundicerio, non loin de son ami Etienne le Normand et de ses autres partisans, qui le défendaient, le cas échéant, contre l'antipape et ses satellites établis à Rome. L'antipape, de son côté, ne se sentit pas en sûreté dans le voisinage du pape et, au commencement de juillet, il se réfugia à Sutri ; il avait confié la garde de Saint-Pierre à ses partisans, mais ceux-ci la vendirent à Pierleone, de sorte que Gélase en reprit bientôt possession ^. Mais lorsque, le jour de la fête de sainte Praxède (21 juillet), il voulut célébrer la messe dans la basilique de cette sainte, les Frangipani y pénétrèrent de force pour s'emparer de lui, et une lutte sanglante s'engagea; le pape cependant parvint à s'enfuir. Le lendemain, il dit à
1. Vita Norberli, dans Monum. Germ. hist., Script., t. xii, p. 673.
2. Coll. regia, t. xxvii, col. 16 ; Labbe, Concilia, t. x, col. 824 ; Hardouin, Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 1947 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1247 ; Mansi, Concilia, Supplem., t. ii, col. 327 ; Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 177. (H. L.)
3. Mansi, Concilia, Supplem., t. ii, p. 331 ; Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 181 ; Binterim, i)ei<^sf/ip Concilien, t. iv, p. 31 sq. ; ia.iU,Bibl.rer. German., t. v, p. 323, 325, 326 ; cf. ). ]ii, p. 389 ; sur les événements survenus en Allemagne pendant l'année d'absence d'Henri V, cf. Gervais, op. cil., t. i, p. 189 sq.; Giesebrecht. op. cit., t. lu, p. 885 sq. (H. L.)
4. Il comptait que les Normands lui prêteraient main-forte, et il se trompait ; la possession de Circée souleva au contraire entre Guillaume de Pouille et Gélase II un conflit assez sérieux. F. Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie et en Sicile, 1907, t. i, p. 320. (H. L.)
5. Annales romani, dans Watterich, Vitse rom. pontif., t. ii, p. 113 ; il existe un acte de Gélase II daté de Saint-Pierre, le 23 juillet 1118, dans Muratori, Script, rcr. Italie, t. m, part. 1, p. 306.
ses amis : « Quittons Sodome. » Il se rendit en France, en passant par Pise et Gênes, et arriva à la fin d'octobre ^.
Le 7 octobre ou le 5 novemlire 1118 2, eut lieu à Rouen un concile dans lequel le clerc romain Conrad, légat du pape, se plaignit de l'empereur et de l'antipape, peignit vivement les souffrances du pape et de l'Église, et sollicita des prières et des dons pour le pape, qui avait déjà traversé les Alpes, A ce concile assistaient Henri I^^^ ^oj; d'Angleterre et duc de Normandie, Rudolf, archevêque de Cantorbéry, et d'autres grands. Parmi les Normands, on distinguait Goisfred, archevêque de Rouen, avec ses quatre suffragants, et beaucoup d'abbés. Nous ne savons que peu de choses sur les travaux de cette assemblée relativement à la situation de l'Eglise.
En cette même année 1118, se tinrent deux conciles à Toulouse [344] et à Angoulême. Dans le premier, on décida une croisade en Espagne et on engagea les chrétiens du pays à prêter secours contre les Sarrasins ^. Dans le concile d'Angoulême, on pourvut à la vacance de trois évêchés *, En janvier 1119, Gélase tint un concile à Vienne en Dauphiné ^ ; de là il se rendit à Cluny, où il mourut le 29 janvier ^.
1. Baronius. Annalt's, ad anii. 1118, n. 3, P. L., t. ci.xiii, col. ''18I ; Watterich, op. cit., t. II, p. 99, 109 sq.
2. Sur la date exacte, cf. Pagi, Critica, ad ann. 1118, n. 4 ; Labbe, Concilia, t. X. col. 824 - 825 ; Ponimeraye, Sanctœ Rothomagensis Ecdesiœ concilia, 1877, p. 125 ; Hardouin, Coiic. coll., t. vi, part. 2, col. 1949 ; Bessin, Concilia Rothomagensis proi'inciœ, p. 80 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1249 ; Mansi, Concilia, t. xxi, col. 185. (H. L.)
3. Labbe, Concilia, t. x, col. 828 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1947; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1249 ; Aguirre, Concilia Hispaniac, t. v, col. 43 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 183 ; Ekkehard, Chron. univers., dans Monum. Germ. hist.. Script., t. vi, p. 254; Pagi, Critica, ad ann. 1119, n. 1, met en doute l'existence de ce concile et Hefele semble disposé à accueillir ses raisons; cependant, il faut tenir compte de la lettre de Gélaso II à Bernard, archevêque de Toulouse, lui ordonnant de faire examiner, dans un concile qui devra être prochainement convoqué à Carrion, la question d'un excommunié à tort au concile de Toulouse. Pflugk-Harttung, Acta ined., p. 129.
4. Labbe, Concilia, t. x, col. 824; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1947; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1249 ; Mansi, Concilia, Supplem., t. n, col. 319 ; Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 183. (H. L.)
5. Coll. regia, t. xxvii, col. 16 ; Labbe, Concilia, t. x, col. 825 ; Hardouin, Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 1949 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1249 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 187. (H. L.)
C. Falco de Bénévent rapporte que le pape avait l'intention de convoquer,