‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 385 sur 505 · PREMIERS CONCILES SOUS CALlXiE II · texte numérisé non relu

PREMIERS CONCILES SOUS CALlXiE II

[357] allumés, aux évèques et aux abbés. Tous se levèrent, tenant en main les cierges allumés, et le pape proclama le nom des excommuniés : l'empereur Henri V et l'antipape Burdin ^. En même temi)s. le })ape déliait tous les sujets de l'empereur de leur serment de lidélité. jusqu'à ce qu'il se fût amendé '^. En terminant, le pape donna la ])énédiction apostolique à tous les assistants ^.

A son retour de Ueinis, Godefroy, archevèciue de llouen, réunit (^novembre 1119). dans sa ville épiscopale, un concile pour imposer à son clergé la loi du célibat qui venait d'être renouvelée. Ayant trouvé de la résistance, il (juitta l'assemblée, car il était d'un naturel impatient, et envoya ses serviteurs disperser les clercs (jui complotaient entre eux. Ceux-ci résistèrent, on se battit et l'église fut polluée *.

1. Quelques autres ennemis déclarés de l'Église avec eux. (H. L.)

2. Ordéric Vital. Hist. eccl., édit. Le Prévost, 1. iv, p. 391; Mon. Germ. Iii^i., Script., t. XX, p. 4-26. (H. L.)

3. « Telle fut la fin du concile de Reims. Le nombre et la q[ualité des personnages qui s'y trouvèrent réunis, l'importance des questions qui y furent discutées, la gravité des circonstances dans lesquelles il eut lieu, presque sous le regard hostile de l'empereur, tout contribua à en faire une assemblée exceptionnelle. Le but que Calixte II poursuivait, l'artranchissement de l'Eglise, n'avait pas encore été atteint, ainsi qu'il avait presque pu l'espérer un instant; mais le principe de son indépendance avait été une fois de plus affirmé solennellement ; la simonie et les investitures, contre lesquelles les papes luttaient depuis si longtemps et avec tant d'énergie, venaient d'èlre de nouveau condamnées, le concile avait compris et proclamé la nécessité d'une réforme des mœurs du bas clergé. Calixte y avait révélé, comme sur le théâtre qui lui convenait, son activité, ses connaissances des hommes et des choses, son inébranlable fermeté, jointe à une grande habileté et à une prudence qui semble avoir fait place à sa fougue native ; en un mot, il venait de se montrer digne des hautes fonctions auxquelles, dans un moment de surprise et de désarroi, l'avait appelé la confiance des cardinaux. Enfiii, résultat considérable, pendant les dix jours précédents, qui s'étaient écoulés au milieu des plus graves préoccupations, les évèques, les abbés, les clercs, les laïques qui, au concile, représentaient une partie de l'Europe italienne, avaient appris à le connaître et à l'appi'écier ; ils savaient qu'ils pouvaient compter sur son énergie, comme il avait le droit d'espérer leur concours le plus dévoué, pour la défense des intérêts sacrés dont il avait la garde. » U. Robert, Histoire du pape Calixte II, in-8, Paris, 1891, p. 87. (H. L.)

4. lG-23 novembre. Labbe, Concilia, t. x, col. 881-882;Pommeraye, iSa/ic/^e Rothoma Renais ecclesisc concilia, p. 126; Hardouin, C'o/ic. coll., t. vi, part. 2, col. 1999 ; Coleti, Concilia, t. xn, col. 1311 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 257. (H. L.)

592 Mvr.i: XXX ti

Le 23 janvier 1120, le roi de Jérusalem Baudouin ^ et Garmund, patriarche de Jérusalem (successeur d'Arnulf), célébrèrent à Naplouse (l'antique Sichem) un concile ^ auquel se rendirent tous les grands du nouveau royaume, tant de l'ordre civil que de l'ordre ecclésiastique . Depuis quatre ans, les sauterelles et les mulots avaient fait d'à iïreux ravages dans les champs; on y vit une punition divine des grands et nombreux forfaits qu'on avait à déplorer. Le concile décréta vingt-cinq canons, presque tous dirigés contre les fautes de la chair : adultère, sodomie, pédérastie, bigamie, et les relations charnelles entre chrétiens et Sarrasins ^.

Le 18 octobre 1120, un grand concile se tint à Beauvais *, sous la présidence de Conon de Palestrina, légat du pape, au sujet de la canonisation d'Arnulf, ancien évoque de Soissons, mort en 1087, au couvent d'Oudenbourg ^ De nombreux miracles [358] ayant illustré son tombeau, Lisiard, son successeur sur le siège de Soissons, désirait vivement la translation des restes et la canonisation. Mais l'évêque de Tournai souleva des difficultés, jusqu'à ce que le légat du pape et le concile se fussent déclarés favorables à cette canonisation, déférant surtout à l'avis du savant Guillaume de Champeaux, évêque de Châlons-sur- Marne. A la suite de cette décision, eut lieu, le 1^^ mai 1121, la translation solennelle des restes de saint Arnulf ^.

1. Baudouin du Bourc(|, neveu de Baudouin!'^'' elsoii successeur, 1118-1I.')1. (H. L.)

2. Coll. regia, t. xxvii, col. 48 : Labl)0, Concilia, t. x, col. 884 ; Hardouiii. Coijc. coll., 1. VI, part. 2, col. 2103 ; Coleti, Concilia, l. xii, col. 1313 ; Mansi, Cane, ampliss. coll., t. xxi, col. 261. (H. L.)

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