‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 384 sur 505 · PREMIERS CONCILES SOUS CALIXIE II · texte numérisé non relu

PREMIERS CONCILES SOUS CALIXIE II

]:»our la (-inquième session et écouta plusieurs discours ' v[ discussions jusqu'à trois heures. Il se décida alors à mettre fin au concile et fit donner lecture par Jean de Crème des décrets dictés à Jean, moine de Saint-Ouen de Rouen, par Chrysogone, cardinal et bibliothécaire de l'Eglise romaine : 1. Le premier canon : « Nous renouvelons les ordonnances des Pères contre la simonie, etc. ,» ne souleva aucune opposition ; par contre, le début d\i second : « Nous prohibons absolument toutes les investitures données par les laïques sur les églises et les biens des églises,» fut accueilli par un mécontentement marqué et un violent tumulte. Plusieurs pensaient que le pape voulait enlever aux laïques les [356] dîmes et autres bénéfices ecclésiastiques qui se trouvaient en leur possession depuis de longues années. Afin de calmer les esprits, le pape leva la session (remettant aussi la clôture du concile), voulant prendre le temps de donner à ce décret une autre rédaction

de leurs revcudica Lions ; ils se prononcèrent donc en taveur de l'abbé de Moiitiernpuf ol lui adjugèrent l'église de Migné avec ses dîmes et ses appartenances. MaraHi, Ciiard, évêque d'Angoulême, p. 138-140, 191-193, 198-199. Peu de temps après, vers 1120, les cardinaux Pierleone et Grégoire, du titre de Saint-Ange, délivrèrent atix religieux de Montierneuf une attestation du jugement rendu en leur faveur au concile de Reims. Néanmoins, Bourgueil essaya, en 1120, d'obtenir de Girard d'Angoulême une nouvelle investiture de Migné, mais le légat confirma l'arrêt du concile. Guillaume, évêque de Poitiers, accorda cette investiture à Montierneuf, puis Galixte II rendit définitive cette possession par une bulle du 31 mars 1123. BuUaire, n. 367; JafTé, Regesta, n. 7037 a.

« Pendant le concile, Henri, évêque de Verdun, se fit disculper par les cardinaux des accusations portées contre lui par son clergé et son élection fut confirmée. Laurent, Gesta episcopor. l'irdimensium, dans Mon. Genn. Iiisl.i Script., t. X. p. 505 ; de même, l'élection de Teutzger, évêque de Metz, et celle de Berthold, évêque d'Hildesheim, furent approuvées. Vifa Theogeri, dans Mon. Germ. hist., Script., t. xii, p. 479 ; Jafïé, Regesta, n. 6771, ; U. Robert, BuUaire, n. 89, t. i, p. 131.

« Il paraît (jue ce fut au moment du concile que saint Norbert, le futiu' fondateur des prémontrés, qui prêchait alors en France, après en avoir obtenu l'autorisation du pape Gélase, fut présenté à Calixte II, par Barthélémy, évêque de Laon. Le pape lui renouvela la permission accordée par Gélase et le recommanda d'une manière toute spéciale. C'est, on le sait, après avoir essayé, mais inutilement, de réformer la discipline chez les ci.anoines de l'église Saint-Martin de Laon qu'il se retira dans la forêt de Yoas et institua son ordre, le premier qui prit naissance sous le pontificat de Calixte II. » (H. L.)

1. En particulier, un discours de saint Oldegaire, ancien évêque de Barcelone, actuellement archevêque de Tarragone, qui parla de la dignité royale et de la dignité sacerdotale. (H. L.)

qui serait proposée le lendemain ^ CesL ainsi (juc, le jeudi oO octobre, eut lieu une sixième session ; après un discours du pape -, on lut ce second canon sous sa nouvelle forme : 2, «Nous défendons absolument (}ue les investitures pour des cvcchés ou des abbayes soient faites ])ar des laïques. Tout laïque qui donnera une investiture ecclésiastique sera anathème, et celui qui recevra l'investiture d'un laïque perdra sa dignité nouvelle. » Ainsi conçu, ce canon obtint l'approbation générale, et il en fut de même des suivants, 3. « On ne doit pas toucher aux biens des églises sous peine d'un anathème éternel. « 4. « On ne doit pas transmettre par voie d'héritage des charges ecclésiastiques, ni demander aucune rémunération pour le baptême, le chrême, l'huile sainte, l'enterrement, la visite et l'onction des malades. » 5. « Les prêtres, diacres et sous-diacres ne doivent pas, sous peine de déposition, avoir de femme ou de concubine. S'ils ne s'amendent pas, ils seront excommuniés. »

C'est alors, sans doute, qvie fut proclamé le décret sur la trêve de Dieu ; car, à Reims, Calixte ne se contenta pas de remettre en vigueur les anciennes mesures, il en ajouta de nouvelles, dont voici les deux plus importantes : 1. Les chapelains qui se trouvent dans un château où l'on garde injustement le bien volé, où l'on retient arbitrairement un prisonnier, ne doivent y célébrer aucun service divin, 2. Le mercredi, on annoncera au son des cloches, dans toutes les paroisses, l'ouverture de la trêve de Dieu ^.

Jafîé signale au concile de Reims la onfirmation de l'élection d'Hildesheim. Enfin, Ordéric Vital dit qu'on y traita tant d'affaires « qu'il ne peut les rapporter toutes en détail 4. »

L'évêque de Barcelone prononça ensuite ° un discours énergique sur la dignité royale et svir la dignité sacerdotale, et on apporta <(uatre cent vingt-sept cierges qui furent distribués,

1. Voici la première rcdaoLioii, d'après le Coitimciilailolus de Hessoii : Inves tilurain oininum ecclesiaruin et ccclesiasticarum ponsesaionurn per manum laïcani fieri modis omnibus prohibemus. (H. L.)

2. Sur le Saint-Esi>rit souverain bien, source de sagesse, d'intelligence, de science, lien do (■haril('', d'union, de concorde. (H. L.)

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