Chronicon, I. VII, c. xv
2. G. Stenzel, Geschichle Deutschlands unter den frànkischen Kaisern, iii-8, Leipzig, 1827, t. i, p. 695.
3. Vita Friderici episc. Leodiensis, dans Mo?ium. Germ. hist.. Script., t. xii, p. 501 sq. ; Gesla abbalum Trudojieiisium, dans Moriuni. Germ. hisl., Script., l. X, p. 11 ; Martène, Colleclio amplis.'^irna, t. i, p. 6''i2 ; A. Gauchie, La querelle des investitures dans les diocèses de Liège et de Cambrai, Louvain, 1890-1891. (H. L.)
4. Voir la lettre de l'archevêque Frédéric dans Jaffé. Biblioth. rer. Germ., t. ni, p. 391 sq.
5. Mon. Germ. hist.. Script., t. m; lettre de l'archevêque de Cologne, dans Martène, Coll. amplissima, t. i, p. 661 ; Annales Palhcrbrunnenses, édit.» Schefl'ert- Boichorst, p. 137; Giesebrecht, Geschichfe der deutschen Kaiserzeit, k^édit.. t. m, p. 1220.
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[3G4] nie ^ ; par contre, Bruno, archevêque, de Trêves, ami déclaré de l'antipape, fit sa soumission à Calixte, quoiqu'il éprouvât quelque ombrage des prétentions d'Adelbert de Mayence, nommé légat pour toute l'Allemagne. En compensation, le pape l'exempta de l'obéissance à l'égard des légats, à l'exception des légats a latere, et lui accorda quelques autres privilèges ^.
Au début de 1121, la lutte recommença avec une nouvelle violence et fui surtout acharnée dans la région de Miinster, où le duc Lothaire cherchait à rétablir l'évêque Diétrich. Il y parvint, mais, pendant le conflit, la cathédrale de Munster fut détruite par un incendie ^ (2 février). Les deux partis s'armèrent ; l'archevêque de Mayence déploya une grande activité pour réunir une armée, avec laquelle, dans l'été de 1121, il marcha contre l'empereur, lorsque celuici vint assiéger Mayence. Les deux armées étaient en présence, lorsque des esprits modérés, — et les deux partis en comptaient quelqvies-uns, — firent comprendre les épouvantables suites d'une guerre civile et parvinrent à faire accueillir l'idée d'un tribunal arbitral de douze membres, élus par moitié dans chaque parti et qui s'assembleraient à Wûrzbourg, tandis qu'une diète s'y réunirait également à la Saint-Michel et reprendrait les délibérations *.
L'empereur devait être incliné à la conciliation par la tournure que prenaient ses affaires en Italie. Après le concile de Reims, Calixte passa encore quelques mois en France^; il eut une entrevue à
1. Au sujet du rétablissement des droits de l'évêque de Wûrzbourg sur le duché de la Franconie occidentale, cf. Bernhardi, Lothar von Supplinhurg, p. 4, rem. 10, et p. 138, rem. 48.
2. Moman. Germ. hisL, Script., t. viii, p. 196 ; Hontheim, Hislor. Trevirensis, 1750, t. II, p. 503 ; Papencordt, Gesch. der StadtRom, p. 245 ; Giesebrecht, op. cit., 4e édit. , t. m, p. 919. Cf. U. Robert, Histoire du pape Calixte II, p. 98-99. (H. L.)
3. Aniuden Patherbrunnenses, édit. Scheffer-Boichorst, p. 139.
4. Mon. Germ. hisL, Script., t. vi, p. 256-257 ; Gevv&is, Polilisclie Geschiclite Deidschlands unter der Regierung der Kaiser Heinrich V und Lothar III, in-8, Leipzig, 1841, p. 322 ■,\VatteTich,Vitie roman. pontif.,t. 11, p. 143 ; Giesebrecht, op. cit., t. III, p. 929.
5. Il séjourna à Reims jusqu'après le 11 novembre et donna à celte époque nombre de bulles de concession ou confirmation de privilèges, notamment pour les abbayos ou églises de Chaumouzey, Bourbourg, Saint-Léon de Toul, Saint- Martin (If Tours, Naumbourg, Saint-Bertin, Cambrai, le Mont-Saint-Michel, Tiron, Josaphat, Saint-Médard de Boissons, Fécainp, Notre-Dame de Contol-
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Gisors, au moins de novembre, avec le roi d'Angleterre ^, et parvint
wald, l'trun-lès-Arras, Arrouaise et Saint-Denis de Reims; cf. U. Yiohert, Bullaire et Catalogne des arte.':, n. 76-103 ; Jade, Reg. pont, rom., ii. 6755-6782. Le pape s'occupa de rétablir la prospcrilé de l'église de Llandaiï, jadis la première du pays de Galles et dans laquelle nous avons vu se réunir plusieurs conciles. Ruinée par los (.nuTres, dépouillée, réduite à un clergé dérisoire, livrée en pâture aux appétits des laïques et des moines, le peu qui restait était la proie des évêques de Ilereford et de Saint-David. BuUairc, appendice, n. 3. Il n'est pas bien sûr qu 'en consacrant Tliurstin pour le siège d'York, malgré la demande contraire d'Henri l*""", le pape se fût mis dans le cas de voir faire bon accueil à la lettre pour ce prince quil remit le 22 octobre à l'évêque de Llandalî. Bullaire, n. 78, t. i, p. 117; Jaffé, lieg. pont. rom.,n. 6758;cf. BuUaire, n. 72-75, t. i, p. 108-1 1 1 ; .lafVé, Beg. pont, rom., n.e7^l-Çil5i. (H. L.)
1. Gilbert, archevêque de Tours, et Geoffroy, archevêque de Rouen, avaient été chargés par le pape de ménager cette entrevue et de plaider à l'avance la cause de Thurstin d'York. Les lettres dont les deux archevêques étaient porteurs informaient le roi d'Angleterre que, pour punir Raoul, archevêque de Cantorbéry, du mépris marqué par lui à l'égard des ordres des papes Pascal et Gélase et des siens propres, Calixte le destituait de ses fonctions épiscopales et sacerdotales, mettait en interdit les églises de Cantorbéry et d'York, défendait la sépulture des morts, l'administration de la pénitence aux mourants, tant que Thurstin ne serait pas installé sur le siège d'York. Il déclarait ne pouvoir admettre qu'un prélat consacré par lui passât sa vie loin de son siège. Bullaire, n. 93,9'h, t. i, p. 153-136 ; Jaffé, Beg. pont, rom., n. 6773, 6774. De nos jours, un conflit de cette nature ferait l'objet d'interminables négociations avec la curie, dont il transpirerait quelque chose, le moins possible, dans les milieux ecclésiastiques, mais que la masse des fidèles ignorerait absolument. Au xti^ siècle, le procédé diffère radicalement ; il est instructif, mais dun usage délicat. Ce qui domine et inspire toute la politique pontificale et tout le gouvernement ecclésiastique, c'est l'usage de l'excommunication. L'arme est alors terrible : on venait de le voir pour Henri IV et Henri V d'Allemagne, qui se débattirent toute leur vie contre la situation intolérable de révoltés, de maudits, que leur faisait l'anathème qui les avait frappés. Ceux (pii suivaient leur parli s'engageaient de gaîté de cœur dans une impasse d'où ils ne sortaient d'ordinaire qu'en revenant en arrière, pénitents, amoindris, montrés du doigt. Lorsqu'on dispose d'une arme morale de cette puissance, cela vaut toutes les armées et dispense de toutes les violences; on garde le beau rôle, l'attitude de modération et on gagne tôt ou tard, presque imnian<|uai)l('rnenl. Cependant, on s'habitue à tout, on se familiarise même avec l\'xeommunication et, si Henri IV a été accablé la première fois, il n'y a guère perdu à la seconde et son parti s'en est trouvé étendu et fortifié. Même en plein moyen âge, on trouve des gens pour ne bien se battre qu'eprès avoir brûlé leurs vaisseaux ; dès lors, et leur nombre et leur valeur font que l'arme si redoutable est émoussée. Cependant, on ne laisse pas d'en faire usage, elle frappe à coups redoublés. Si on y regarde dun peu près, on ne laisse pas d'être surpris du fonctionnement régulier, et inquiet pour les suites. En effet, l'excommunication qui va atteindre un roi, un métropolitain, un évêque, un abbé, place celui-ci
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à rétablir la paix entre la France et l'Angleterre '. Il semble que, dans cette entrevue, Henri I®^ obtint du pape la reconnaissance des consuetudines patris (de Guillaume le Conquérant) et le privilège
dans une silualiou qui ne lui laisse le choix qu'entre la soumission ou la révolte. La révolte, nous on avons vu les fruits en Allemagne; la soumission est-elle moins périlleuse et surtout moins "rosse de conséquences pour l'avenir ? Brusquement, une société profondément convaincue de Tinexorable nécessité de l'unité avec le pape et de la vertu des sacrements apprend que cette unité n'existe plus, (]uc ces sacrements lui sont refusés. Baptême, pénitence, eucharistie, extrêmeor.ction, mariage, funérailles, tout s'arrête soudain, et alors la société a le sentiment que c'est elle qui est frappée par l'excommunication, tandis que le prince ou l'évèque est seul coupable et seul désigné. Pour les hommes de ce temps, soit croyances, soit habitude, soit point d'honneur, soit superstition, une semblable exclusion est un miJ si grand, un péril de damnation si évident et si menaçant à toute heure et pour chacun, que la lui infliger équivaut à la mettre en rébellion contre l'auteur de cette situation redoutable. Et de fait, très vite ordinairement, le mécontentement public impose au roi ou à l'évèque les concessions grâce auxquelles sera levé l'interdit. Mais, en définitive, qu'a-t-on fait, sinon de menacer d'un soulèvement, d'une colère populaire avec toutes ses conséquences, détrônement, meurtre, pillage ? On a escompté la pression du peuple, cette pression liicn vite menaçante, comme le moyen d'arriver à la soumission exigée ; on a réussi, sans doute. Cependant, n'est-ce pas imprudence que de faire usage d'un tel moyen, n'est-ce pas insinuer une habitude redoutable que de faire de la pression populaire — et pour l'appeler par son seul véritable ncm : la révolution — un moyen régulier, un rouage organique dont on usera à son gré en toute occasion ? On en usera, sans doute, jusqu'à l'instant où ce ressort, énervé, fatigué, ne se laissera plus bander et demeurera inerte. Au xvi^ siècle, excommunication, interdit auront perdu toute vertu pour l'Allemagne, l'Angleterre, la Hollande, une partie de la France, la Suisse. N'est-ce point pour avoir prodigué à temps et à contre-temps cette arme qu'on l'a ainsi émoussée et rendue inutile ? Je ne résous pas la question ; je la pose à ceux qui sont de loisir. (H. L.)
1. Il faut reconnaître que Calixte II ne multipliait pas les avances. Tandis qu'il recherchait une occasion de s'entendre avec le roi d'Angleterre, il lui prodiguait les dégoûts. Ainsi, il venait de jeter l'interdit sur les églises de Cantorbéry et d'York; de plus, il prescrivait à Raoul, évèque de Durham, à Raoul, évêquc des Orcades, à Jean, évèque de Glasgow, et aux évêques d'Ecosse d'ob^r à Thurstin d'York, et il ordonnait de réserver toute consécration épiscopale dans les limites de leurs divers diocèses au seul métropolitain Thurstin. Néanmoins, l'entrevue eut lieu à Gisors, où le pape arriva le 23 ou le 24 novembre. Ordéric Vital et Eadmer nous ont raconté en grand détail cette entrevue ; cf. U. Robert, llisloirc du pape Calixte II, p. 90-97. Henri P"", qui fut un grand prince, n'était emljarrassé ni par les scrupules ni par l'humanité : il fut fourbe et cruel tant qu'il lui plut de l'être, mais par ces moyens condamnables il atteignit un heureux résultat. Sous le duc Robert Courte-Heuse, le duché de Normandie était tombé au dernier degré de désordre et d'anarchie, au point de faire souhaiter par les
que le jiape ne pût envoyer de légat pontifical en Angleterre que pour les (|uestions extraordinaires, lorsque évoques et arrlievé({ues du royaume ne pourraient s'entendre et (jue le roi aurait demandé cette intervention ^. Par contre, le pape ne put obtenir que le roi rendît à Tliurstin son siège d'York sans l'obliger à reconnaître formellement la suprématie
li;il)iliuils un changement de prince, (iiicl (luil fùL Une l'ois qu'Henri l'^'' se l'ut employé à reconquérir le duché, il lui prit envie de s'y maintenir et généralement on s'en trouva bien. Peut-être le pape savait-il quelque chose de cette satisfaction; en tous cas, il ne trouva rien à répondre à l'apologie que le roi fit de sa propre conduite. Il est vrai que Guillaume de Malmesbury dit que Calixle était acheté par des présents. P. L., I. ci.xxix. col. 1362; c'est possible, ccn'est pas ])rovivé. Il est plus que ])rol)ab]c (jne, pour rester le maître sur un autre terrain, Calixte sacrifia purement et simplement le duc Robert, personnage aussi odieux que possible, que ses malheurs mêmes ne rendaient pas intéressant, et «ont, en tous cas, la cause n'était guère défendable. Celle de Guillaume Cliton, fils de Robert, était plus digne de la sollicitude de G lixte. 11 fut plus heureux, en apparence, à son sujet. Calixte aborda la question des relations avec la France et les réclamations présentées au concile de Reims par Louis VI ; aussitôt, le roi d'Angleterre se montra fort conciliant et l'accord fut promptement rétabli, (|uoic[ue, il est vrai, pour peu de temps, et. A. Luchaire, Louis VI le Gros, Annales de sa iie et de son règne, Paris, 1890, p. cxiv-cxix, cxxxii. Le roi de France n'était pas en état pour l'instant de se montrer trop dilTicile, il était grand politique et accepta pour argent comptant ce qu'on put lui rapporter de l'entrevue de Gisors, où le pape avait, en somme, montré une extrême partialité pour le roi anglais, dont il accueillait toutes les explications, même celles qui n'expliquaient rien du tout. (H. L.)
1. Depuis longtemps, les fonctions de légat n'étaient plus remplies en Angleterre par un représentant de la cour de Rome ; Pascal II en avait investi provisoirement Guy de Bourgogne, qui avait échoué dans sa mission et n'allait guère niieux réussir sous son nouveau nom de Calixte IL Le roi anglais avait une vive répugnance pour toute ingérence étrangère dans son royaume, fût-elle pontificale; il avait le souvenir de son récent déboire dans la consécration de Thurstin d'York et ne se faisait aucune illusion svir les belles paroles dont on l'enguirlandait ; il cioyait surtout aux faits et cette malencontreuse affaire Thurstin était un fait trop éclatant pour être oublié. Cr qu'il concédait était fort peu de chose, le moins [idssihlo, mais enfin le principe de lu prééminence de l'Eglise romaine était reconnu. Calixte jugea prudent de s'en contenter. Eadmer, Jlistoria novoriim, 1. V, dans P. L., t. clix, col. 505 : Re.v a papa impétrant ut omnes consueludines quas pater suus in Anglia habuerat et in Xormai\nia sibi concederet et maxime ut neminem aliquando legati o/ficio in Anglia fungi permitteret, si non ipse, aliqua prœcipua qnerela exigente et quœ ab arcliiepiscopo Canluariorum cxlerisque cpiscopis regni lerminari non possct, hoc fieri poslularet a papa. Raoul de Coggeshale, Chronicon ^ngZica;iu/M, publié dans J. Stevenson, Rerum Britannicarum medii œvi scriptores, dans Publications of the Bannatijne club, t. l, p. 8, s'exprime dans des termes presque absolument identiques. (H. L.)