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r.ll. LE CONCORDAT DE WORMS ()09
un synode dans lequel il enleva à l'archevêque de Pise le droit de sacrer les évêques de Corse, parce que cette faveur avait amené de graves discussions entre Gènes et Pise ^. Aussitôt après, il put, avec l'aide des Normands, envoyer contre Sutri une armée commandée par le cardinal Jean de Crème, Après un siège de huit jours (auquel Calixte était présent), Sutri livra le malheureux Burdin (Grégoire VIII), qui fui maltraité, attaché à rebours sur un chameau et conduit à Rome dans cet accoutrement (23 avril 1121) ^. Le peuple l'aurait mis en pièces si Calixte ne l'avait éloigné et fait enfermer dans le couvent de la Trinité, à Cava ^.
A la Saint-Michel (29 septembre 1121), l'empereur Henri vint à Wùrzbourg avec une grande escorte. L'archevêque de Mayence et les Saxonsavaient pris leurs campements aune journée de marche de la ville, sur la Wernitz. Après que les deux partis se furent mutuellement promis une sûreté entière, ils arrivèrent ensemble aux portes de Wùrzbourg, et aussitôt s'engagèrent des négociations qui durèrent huit jours entiers. Malgré les tentatives de certains brouillons, l'empereur resta fidèle à ses promesses et laissa aux arbitres pleine liberté pour régler le différend. Avant tout, un commença par prescrire une paix générale pour l'Allemagne, sous peine de mort ; puis on adjugea à l'empire les biens du roi ou du fisc, à l'Église, les biens ecclésiastiques, aux particuliers lésés, ce qui leur avait été pris ; on confirma le droit individuel, et on décida de poursuivre énergiquement tous les voleurs et les fripons, afin d'en finir avec les désordres. A l'égard de l'excommunication (cause
1. Coleli, Concilia, t. xii, col. 1323 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 269 ; U. Robert, op. cit., p. 113-118 : « Rattachée à certains incidents qui la précèdent, cette mesure a toute l'importance d'un véritable événement. » (H. L.)
2. Annales romani, dans Monum. Germ. hist., Script., t. v, p. 479 ; Liber ponlificalis, édit. Duchesne, t. ii, p. 347, 377 ; ^Yatterich, Vilx pontif. rom., t. ii, p. 119. On lui fit tenir la queue du chameau en guise de bride et on lui mit une peau de mouton sanglante sur les épaules en guise de pourpre. Tout cela n'est ni très délicat ni très probant, c'est simplement stupide et grossier et répond aux deux aptitudes essentielles de la foule en tous pays. (H. L.)
3. Cava était devenue la maison de détention des antipapes. Sur Burdin et SCS résidences postérieures, cf. U. Robert, op. cit., p. 120. Il vivait encore en 1137; Ekkehard, Chron. unie, dans Monum. Germ. hist., Script., t. vi, p. 256 ; Watterich, op. cit., t. ii, p. 142. (H. L.)
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de presque tous les maux que l'on déplorait), on ju^ea que la décision relevait jilutôt du pape; on lui envoya donc Bruno, évoque de Spire, et ErlolfF, al)l)é de Fulda, pour lui communiquer les délibérations de la diète avec la prière de tenir un concile , œcuménique où le Saint-Esprit déciderait ce que les liomines ne pouvaient résoudre ^.
Ces renseignements fournis par Ekkchard sont complétés par le projet de Irai lé de ])aix entre le pape et l'empereur ^. Celui-ci devait obéir au Siège apostolique et résoudre, avec le conseil et le secours des princes, les conflits existant entre lui et le Saint-Siège. Tous devaient chercher à rétablir la paix dans le royaume, et chacun devait recouvrer ses propriétés légitimes. Les évêques, élus et sacrés conformément aux canons, resteraient en possession de leurs églises, iiis([u'à ce que l'affaire fût vidée en présence tlu pape, dans le concile (projeté). Les évêques (h; Spire et de Worms seraient rétablis sur leurs sièges ; on rendrait la liberté aux prisonniers et aux otages des deux partis, toutefois la ville de Worms demeurerait entre les mains de l'empereur jusqu'au cojicile (projeté). En ce qui concerne l'héritage du comte palatin Sigefroy, on s'en tiendrait aux décisions de Metz. Au sujet des investitures, les princes s'efforceraient dp garder intact l'honneur de l'empire. Jusqu'au règlement définitif, chacun resterait en communion avec ceux de son parti. Si, plus tard, l'empereur cherchait à tirer vengeance de quelqu'un, à cause de son attitude dans les luttes passées, il serait permis aux princes de s'unir pour lui faire des remontrances. Les princes promettaient d'observer pour leur part ce contrat de paix, même dans le cas où l'empereur viendrait à le rompre. Ils avaient ainsi pris une situation très favorable et produit une grande impression sur l'esprit de l'empereur, [367] d'autant mieux que, le 1^^" novembre, les princes de la Norique (c'est-à-dire de la Bavière et de la Carinthe) adhé-
1. Ekkelianl, Cliion. unir., ad ami. 1120, dans I\luiiuin. Cerin. Iii.'il., ScripL, t. VI, p. 256-257 ; Watterich, Vitx pontif. ront., I. ii , p. 142-144 ; Gervais, Polilische Geschichte DeiUscIdanch unicr Uc^icruirj, der Kaiser ileinricli \' iind Lolhar III, p. .315-335 ; Giescbrecht, op. cil., i. m, p. 931-93'i.
2. Martèiie et Durand, Veterum scriptorum et luonumentonnn amplissima collectio, t. I, p. 673 ; Monum. Gerrn. hist., Leges, t. ii, p. 74 ; Jalïé. Bihl. rer. Germ., t. v, p. 517 ; Mon. Germ. hist.,oScripl., t. vi, p. 260; U. Robert, Histoire du papeCali.rte II, y). 129, note 1. (II. L.)