Ln CONCORDAI DE WOR.MS t
il ne t'enlèvera pas les biens que tu possèdes légitimement ^. » Il est difficile de préciser, faute de données certaines sur la marche des négociations, à qui on doit attribuer l'heureuse issue de l'assemblée de Worms '-. L'abbé Laurent, du monastère de Saint- Vannes à Verdun, écrit à Adelbert de Mayence : « C'est à vous principalement [maxime per vos) que V Église est redevable de l'entente entre le sacerdoce et l'empire qui vient d'être conclue après une période si pleine de calamités^.» .Mais on ne peut attacher grande importance à ces paroles, simple captatio benei^olentise, car, dans la seconde partie de sa lettre, l'abbé implore l'intervention d' Adelbert pour faire rendre à son monastère les biens soustraits par Henri, évêque de Verdim. Dans ses lettres au pape, [378] Adelbert ne témoigne d'aucune sympathie particulière ni pour l'empereur ni pour le traité conclu avec lui. Il regrette même qu'on ait tant accordé à l'empereur et craint que l'Eglise n'ait à souffrir de sa part une cruelle oppression, comme autrefois, si le pape ne prend des mesures pour parer à ce danger *. Les termes de ces lettres prouvent qu'on ne peut attribuer aux efforts d'Adelbert la conclusion du traité. A Worms, les envoyés du pape cherchèrent surtout à rétablir la paix. S'ils s'occupèrent d'empêcher l'explosion d'un conflit général, bien certainement aussi, se conformant aux intentions du pape, ils ont dû proposer les moyens d'arriver à une entente amicale. C'est ce que laissent entendre les lettres d'Adelbert susmentionnées : « Par vos lettres, écrit-il, et par vos ambassadeurs, nous avons appris que votre plus vif désir serait : Ut apostolica dispensatione, çestris potissimum diebus, pax et concordia descenderent in universum mundum. » Plus loin, Adelbert demande que Rome veuille bien reconnaître Rugger comme évêque légitime de Wûrzbourg ^. 11 est digne de remarque que l'archevêque de
1. Maasi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 27G; Monuni. Gevrn. hiat., Leges, 1. II, c. II, p. 77 ; Codex Udalrici, dans JafYé, Bihlloth. rer. Germ., t. v, p. 284; Paudulfe, dans Watterich, Vitœ pontif. romanor., t. ii, p. 120 ; Liber ponlificalis, édit. Duchesiie, t. ii, p. 378. (H. L.)
2. On peut écarter déiiuitivement le personnage du légat Gonoii de Palestrina, qui venait de mourir à Rome, le 9 août 1122. {H. L.)
3. Jaiïé, Biblioth. rer. Germ., t. m, p. 395. A. Ibid., t. III, p. 393 ; t. v, p. 518 sq.
5. Stenzel, op. cit., t. i, p. 699, et Mansi, notes à Pagi, Crilica, ad ann. 1121, n. 8, sont dans Terreur en voulant rattacher celte lettre à la réunion de Wluzbourg de 1121.
Mayenne appelle la réunion de Worms un sanctum concilium, tout comme les légats du pape l'appelaient un concilium générale.