‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 408 sur 505 · NELVIÈ-ME CONCILE GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

NELVIÈ-ME CONCILE GÉNÉRAL

par Otlon, Guy, Jéréiiiie ou peut-être Philip})e ^, des possessions de l'exiarchat de Ravenne, et nous jugeons nulles toutes les aliénations faites par les évêques ou les abbés intru? ou illégitimes et les ordinations faites par eux sans le consentement de tous les clercs de leurs églises ou par simonie. Nous défendons aussi expressément à tout clerc d'aliéner sa prébende ou quelcpie autre bénéfice ecclésiastique. Toute aliénation de ce genre, faite ou à faire, sera nulle et frappée des peines canoniques.

[382] Enfin, dom Martène a donné un autre canon -, que Mansi a reproduit ^ :

Sanctoruin etiani Palrum vestlgiis inhserèntes, gênerait decrelo sancimus ut nwnachi propriis episcopis cuni omni humilitate subjecti existant et eis, itti magistris et Ecclesix Dei pastoribus, débitant obedientiani etdevotam in omnibus snbjectionemexhibeant. publicas missarum soUemnitates ntisquam célèbrent, a publicis etiaminfîrmorum visitationibus, inunctionibus seuetiam pœnitentiis, quod adillorum nullatenus officiurn pertinet, seseomnino abstineant. In ecclesiis vero quibus ministrare noscuntur, presbyteros nonnisi per tnanuni sui episcopi habeant, qui ei de suscepta animarum cura respondeant.

Suivant les traces des saints Pères, nous prescrivons par un décret général que les moines soient 'ooumis en toute humilité à leurs propres évêques, et qu'ils leur rendent en toutes choses, comme à leurs maîtres et aux pasteurs de l'Église de Dieu, l'obéissance et la soumission qui leur est due. Ils ne doivent ni célébrer nulle part de messe solennelle, ni visiter publiquement les malades, ni administrer l'extrême-onction et le sacrement de pénitence ; car ce n'est pas là leur fonction. Dans les églises dont on sait qu'ils ont l'administration, ils n'auront que des prêtres institués par leurs évêques et qui seront responsables vis-à-vis de ceux-ci de la conduite des âmes confiées à leurs soins.

Il est aisé de voir que la fin de ce canon est la même, sous une forme un peu dilîérente, que notre caaon 17 et que les canons 17 et 18 de Mansi; il est plus que probable qu'il n'aura pas été promulgué sous cette triple forme. On peut en dire autant du commencement du canon 21 de l'édition Mansi et de notre canon 7.

Sur l'avis conforme du concile, le pape Calixte canonisa

1. C'étaient les quatre successeurs schismatiques de lanlipape Guibertsur le siège archiépiscopal de Ravenne.

2. Martène et Durand, Veter. scriptor. ei moliumentor. amplissima collection t. VII, col. 68.

L). Mansi, Conc. ainpliss. coll., t. x.ki, col. 300.

Conrad, évêque de Constance, issu de la famille des Wclfes ^ (t 976) ; il consacra ensuite l'abbé de Fulda, qui avait déjà reçu l'investiture de l'empereur ^. Bien plus important pour l'Eglise d'Allemagne fut le rétablissement de la métropole de Hambourg-Brème prononcé par Calixte IT pendant le synode ; il accorda le j)allium au nouvel archevêque Adalbéron, alors que ses deux prédécesseurs ne l'avaient pas obtenu, par suite de leur négligence à le solliciter, et il lui renouvela ses droits de métropolitain sur les territoires Scandinaves du nord; il choisit aussi un clerc de la suite d' Adalbéron et le sacra évêque de Suède. Enfin, il adjoignit à l'archevêque retournant en Allemagne un cardinal (jui devait faire connaître aux évêques de la Scandinavie le décret pontifical désignant Hambourg-Brème comme métropole^. Après avoir attribué le monastère de Saint-Macaire à Bordeaux à l'abbé Andron de Sainte-Croix ^, le pape exposa au concile le conflit relatif aux évêques de la Corse s. Il rappela qu'en revenant de France à Rome, il avait accordé à l'archevêque de Pise le droit de sacrer ces évêques, qui auparavant étaient nommés et se faisaient ordonner par le pape. Mais bientôt après, il s'était vu forcé de retirer cette concession et de sacrer lui-même les évêques de Corse. Les Pisans ayant alors manifesté leur mécon-

1. U. Robert, Bullaire du pape Calixte II, n. 38*J ; Jall'é, Reg. pont, rom., n. 7156. (H. L.)

2. Schannat, Historia monasterii Fuldensis et ejus abbatum, in-fol., Lipsia;, 1729, t. I, p. 1G2.

3. Bull., II. 3G0 ; Reg., n. 7039; Annales Pallier biunnense.s, cdit. Schefîer- Boichorst, p. 143 ; Annalista Saxo, dans Monum. Germ. hist., Script., t. vi, p. 159-160 : Adalbertus, Bremensis archiepiscopus, post Fredericum, qui m kal. februarii obierat, canonice electus , pro reposcenda poUii di gnitate Romani i^adit. Ibi a dumino aposloliœ Calixto honorifice excipitur, in archiepiscopum ab eo consccralur, habitaque synodo, canonice et judiciario ordine pallium oblinuitnegligentiaduoruin anlecessorum suorum amissum et inDanos translatum.Addidit quoque doninus apostolicus hanc autoritalem ut prœdictœ ecclesiae liberam prœdicandilicentiam habeat, quousque terra ad Oceanum versus partes illas cxle))ditur. Ilis itaactis, in hoc quoque domnus papa honorcm sibi adauxit quod quemdam bonse conversalionis clericum, qui secuni Romam venerat, Suevis episcopum ordinavit. Post ad patriam renient, addito sibi cardinale viro religioso qui ex decreto domni apostolici omnibus Daniae episcopis, ut ei, sicut metropolitano obedirent, ediceret. Ab imperatore gloriose exceptus, Bremam vcnit, frequentissimis totius provinciœ illius convenlibus soleniniter eum excipientibus. (H. L.)

4. U. Robert, Histoire du pape Calixte II, 1891, p. 174. (H. L.)

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