Bessin, Conc. Rotomag., 1717, index. (H. L
4. Coleti, Concilia, t. xii, col. 1363 ;Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 342 sq.
5. Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 351 ; cf. Hefele, dans Anzeiger fur Kunde der deulschen Vorzeit, Orgun des Germanischen Muséums, 1862, n. 3 sq. ; Kolbe, Adalherl von Mainz, p. 105, 129.
6. Harlzheim, Conc. Germ., t. m, p. 311 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 349 sq., placent à tort ces lettres à une date plus récente. Hartzhoim attribue la lettre à Innocent II ; Codex Udalrici, n. 329, 330, dans Jafié, Bibl. rer. German., t. v, p. 412 sq.
la réconciliation avec Henri V, ait eu soin de ne pas blesser l'amour- [394] propre de l'empereur ; aussi (loit-on donner créance à Gebhard rapportant que le pape envoya comme légat en Allemagne le cardinal-évêque de Palestrina, uniquement pour traiter cette aiïaire ^. Mais Gervais - a eu tort d'y voir le célèbre Conon de Palestrina ; celui-ci était mort dès le 9 août 1122, et le légat dont parle Gebhard ne vint en Allemagne que plus tard; c'est seulement après le sacre de Rugger (juillet 1122) que Gebhard adressa à Rome les plaintes qui motivèrent l'envoi d'un légat en Allemagne. Gebhard ajoute : « Lorsque le légat fut arrivé à Worms, les archevêques de Mayence et de Cologne, les évêques Arnold de Spire, Gotbold d'Utrecht, l'archevêque Godefroy de Trêves, Conrad de Toul, Bruno de Strasbourg, etc., se réunirent auprès de l'empereur et demandèrent au cardinal d'aller lui-même à Wûrzbourg examiner l'élection. » Or, nous savons par ailleurs (fue Godefroy de Trêves ne fut investi que le 2 juillet 1124, et comme les évêques de Metz et de Verdun se disputaient le droit de consacrer le nouvel archevêque, ce fut le légat envoyé sur ces entrefaites en Allemagne, Guillaume de Palestrina, qui procéda à sa consécration le 7 septembre de cette même année. De plus, il est certain que le cardinal-évêque Guillaume de Palestrina se trouvait le 25 juillet 1124 à Worms, auprès de l'empereur ^. On doit donc en conclure que la réunion de Worms eut lieu à cette même époque et que le légat dont parle Gebhard ne peut être que le cardinal-évêc^ue Guillaume. Gebhard ajoute que le légat avait rétabli l'ordre dans l'église de Wûrzbourg, qu'il l'avait luimême ordonné prêtre sans délai et avait mandé à l'archevêque Adelbert de lui donner la consécration épiscopale. Si le fait est exact, il faut en conclure que l'archevêque Adelbert, par condescendance à l'égard de Rome, avait levé l'excommunication prononcée contre Gebhard et même approuvé son ordination à [395] la prêtrise, mais sans aller plus loin et surtout sans le sacrer du vivant de Rugger, que lui-même avait sacré évêque de Wûrzbourg. Toutefois, Rugger étant mort de la peste peu après
1. Codex Udalrici, n. 335, dans Jafïé, Bibl. rer. Germ., 1. v, p. 407.
2. Gervais, PoUlische Geschichle Deutschlands unter der Regierung der Kaiser Heinrich V und Lotliar III, Leipzig, 1841, p. 337, 338.
3. Gesta Godcfiidi, archiepiscopi Trever., dans Mon. Germ. ]iist., Script., t. viii, p. 201 ; Jafi'é, Bibliofh. rer. Germ., t. v, j). 407, rom. 5.
son retour d'un voyage à Rome ^, Adelbert se montra disposé à mettre fin à la triste situation de Wiirzbourg en sacrant Gebhard. Cette question fut agitée dans un concile tenu à Mayence le 18 octobre 1125, et nous possédons encore la lettre d'Adelbert V invitant saint Otton, évêque de Bamberg ^. Gebhard, venu au concile, invoqua sa constante obéissance à son métropolitain ^, et Adelbert lui fixa un jour prochain pour son sacre. L'archevêque ne put cependant remplir sa promesse ; car, de Rome, où il avait demandé des instructions, arriva une réponse très inattendue d'Honorius II. Le nouveau pape, n'étant encore que Lambert d'Ostie, avait pris part, peu de temps avant la conclusion du concordat de Worms, au sacre de Rugger et à l'opposition contre Gebhard. Alors, sans doute, il avait pu se convaincre des torts et de l'incapacité de ce dernier, car il écrivit à l'archevêque de Mayence :« Quant à Gebhard, au sujet duquel tu m'as écrit, j'ai pris le conseil de mes évêques et des cardinaux (dans un synode romain) et leur conclusion a été que Gebhard ne pouvait rester plus longtemps sur le siège de Wûrzbourg *. » Ce bref, daté du 4 mars 1126, fut certainemnt apporté en Allemagne par le cardinal-prêtre Gérard (été de 1126), qui prit part à l'élévation de saint Norbert sur le siège de Magdebourg ^ (juillet 1126). Pendant son séjour en Allemagne, Gérard manda au prévôt et aux clercs de Wûrzbourg la décision du pape touchant Gebhard et les engagea à choisir un autre évêque ^, Les habitants de Wûrzbourg n'ignoraient pas que l'archevêque de Mayence était [396] devenu favorable à Gebhard depuis la mort de Rugger ; comme la situation d'Adelbert devenait très délicate, il écrivit à son tour au clergé et au peuple de Wûrzbourg, les invitant à la concorde, et continua ainsi : « Afin que vous n'ayez aucun doute à mon sujet,