Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 351. (H. L
5. Jaffé, Reg. pont, rom., t. i, p. 833 ; Schefîer-Boichorst, Annal. Pallier b., p. 151.
En cette même année 1127, se tinrent deux conciles, le premier à Toul (13 mars) et le deuxième à Worms (15 mai), sous la présidence du cardinal-diacre Pierre, du titre de sancla Maria in Vialata ; Godefroy, qui, depuis trois ans déjà, était nommé archevêque de Trêves, fut forcé par ces assemblées de signer son abdication ^ En mai encore, du 13 au 15, Guillaume, archevêque de Cantorbéry, célébra, dans le couvent de Saint- Pierre de Londres (Westminster), un synode qui a promulgué douze canons ^, pour la plupart identiques à ceux du concile de 1125.
1. Les bénéfices et charges ecclésiastiques ne doivent être ni achetés ni vendus. 2. Nul ne doit être ordonné à prix d'argent. 3. On ne doit rien demander pour être admis dans un couvent ou dans un canonicat. 4. Nul ne doit être établi doyen s'il n'est prêtre, ni archidiacre s'il n'est diacre. 5. Les prêtres, diacres, sous-diacres et tous les chanoines ne doivent pas avoir avec les femmes des rapports défendus, sous peine de déposition. 6. Les archidiacres et autres serviteurs des évêques doivent veiller à ce que cette cause de perdition soit absolument extirpée. S'ils n'y veillent pas, ils seront eux-mêmes punis. 7. Les concubines des clercs doivent être chassées des paroisses. 8. Nul ne doit être archidiacre dans deux évêchés. 9. Les évêques doivent défendre à leurs prêtres, les abbés à leurs moines, les prieurs à ceux qui leur sont soumis, de garder des firma (c'est-à-dire des biens qui sont donnés pour un certain temps et moyennant des redevances). 10. Les dîmes doivent être intégralement payées. 11. Nul ne doit, sans l'assentiment de l'évêque, recevoir ni donner des églises, des dîmes ou d'autres bénéfices ecclésiastiques. 12. Aucune abbesse ou chanoinesse ne doit porter de vêtements trop somptueux, mais seulement des fourrures d'agneau ou de chat. Le roi confirma ces canons.
Un synode tenu à Torcello, en 1127, en présence du duc de Venise et de Jean, patriarche de Grado, réconcilia avec ses cha-
1. Gesta Trevir. episcop., dans Mon. Germ. hist.. Script., t. viii, p. 203; Hartzheim, Conc. Germ., p. 426 ; Bernhardi, op. cit., p. 129.
2. Coll. regia, t. xxvii, col. 85 ; Labbe, Concilia, t. x, col. 920-922, 942-943 ; Ilardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1129; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1369; Wilkins, Conc. Britann., t. i, p. 410-411 ; Mansi, Conc. amplis.^, coll., t. xxi, col. 353. (H. L.)
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noincs Etienne, évêque de Torcello ^. Une assemblée plus impor- [400] tante se tint à Nantes en Bretagne, sous Ilildebert, archevêque de Tours, et dura trois jours (octobre 1127) ^. Conan, comte de Bretagne, y renonça à deux droits odieux : celui de faire adjuger au fisc tous les biens meubles des défunts et celui de s'approprier tout ce qui était sauvé d'un naufrage (le droit d'épave). Cette assemblée prit, en outre, des mesures contre les mariages incestueux et défendit expressément la collation des ordres aux lils des clercs et la transmission en héritage des bénéfices ecclésiastiques. L'archevêque Hildebert sollicita du pape confirmation de ces décisions, et Honorius II se rendit à ce désir, par un décret du 20 mai 1128 ^. En novembre 1127, le pape excommunia, dans un synode célébré à Troia, le comte Roger de Sicile et tous ceux qui lui prêteraient secours pour acquérir le duché d'Apulie *. Guillaume, duc de Fouille, étant mort sans enfants le 26 juillet 1127, son cousin le comte Roger (plus tard roi de Sicile) envahit la Basse-Italie pour s'en emparer. Le pape résista, mais en dernier lieu il dut s'estimer heureux que Roger, suivant en cela l'exemple de ses prédécesseurs, acceptât, le 22 août 1128, le duché en fief de l'Eglise romaine ^.
Sur ces entrefaites, le pape avait envoyé en France, en qualité de légat, Matthieu, cardinal-évêque d'Albano, afin de réunir un concile pour régler le différend survenu entre le roi Louis VI et Etienne, évêque de Paris, au sujet des biens ecclésiastiques. Une lettre de saint Bernard ^ nous apprend qu'il fut convoqué à ce concile ;mais il supplia qu'on le laissât dans la solitude de son monastère. Il dut cependant s'y rendre, car on songeait à lui confier une importante mission, celle de rédiger une règle pour l'ordre des
1. Mansi, Concilia, Supplem., t. n, col. 385 ; Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 347. (H. L.)
2. Labbe, Concilia, t. x, col. 918-919 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. • 1127 ; Coleti, Concilia, t. xiii, col. 1365 ; IVIansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col
350 ; Cartul. de Redon, cdit. de Courson, 1863, p. 397-398. (H. L.)