CONCILES SOUS LE PAPE IIONORIUS H GG
La présence de Norbert de Magdebourg, de Meingot de Mersebourg el de Diétrich de Munster à Strasbourg nous permet de fixer l'époque de ce synode ^. L'élévation de Norbert date du mois de juillet 1126, et Diétrich mourut le 28 février 1127 ; donc le concile de Strasbourg a dû se tenir dans les derniers mois de 1126, peut-être à la Noël. Les Annales de Paderborn nous donnent une date j)lus certaine ; nous y lisons que Lothaire célébra à Cologne la fête de Noël de 1126 2. mais, comme auparavant il s"était rendu à Wûrzbourg, la réunion dont nous parlons doit donc se placer vers la fin de l'été, en août ou septembre. Gebliard prétend qu'il eut raison des mensonges de ses adversaires ; il ne faudrait pas cependant en conclure que le synode prit une décision en sa faveur ; au contraire, il déclare lui-même que les sentiments furent très partagés et que, pour ce motif, Adelbert lui conseilla le voyage de Rome. Au lieu de suivre ce conseil, Gebhard préféra mettre à profit une occasion favorable pour forcer la ville de Wûrzbourg à la soumission et s'emparer du siège épiscopal. C'était évidemment aller contre la sentence du pape, et la faute méritait l'excommunication que prononça aussitôt contre lui le légat Gérard, encore à Strasbourg. Bientôt après, arrivèrent à Wûrzbourg ^ le roi et l'archevêque, pour publier cet anathème, renverser Gebhard et s'occuper du choix de son successeur. Ce choix tomba sur Otton, prévôt de Wûrzbourg ; mais aussitôt des divisions s'élevèrent parmi le clergé et le peuple et on dut retarder l'élection. Gebhard fit de nouvelles tentatives pour [o9o] conserver sa charge ; il offrit au roi 300 livres d'argent s'il l'écoutait favorablement ; mais ce fut en vain et il se retira dans ses terres, non sans avoir visité ses amis à Bamberg, de qui il reçut bon accueil ^. Cette réception occasionna un
1. Mansi, Concilia, Supplem., t. 11, col. 383 ; Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 347. (H. L.)
2. Annales Patherbrunnenses, édit. Schefîer-Boichorst, p. 149.
3. Les paroles de Gebhard montrent jusqu'à l'évidence que l'annonce de l'excommunication promulguée àWûrzbourg par l'archevêque et le roi eut lieu aussitôt après l'assemblée de Strasbourg. Gebhard écrit en effet : « L'archevêque aurait dû bien plutôt me protéger que m'excommunier, car, moins de quatorze jours après, il a témoigné, en présence du prince, de ma complète obéissance à son égard. »Cod. Udalrici, dans Jafîé, p. 411.
4. Cod. Udalrici, n. 335, dans Jaffé, Bibl. rer. German., t. v, p. 401 sq. Gebhard affirme que, plus tard, l'archevêque lui fit entrevoir l'espérance d'obte-
échange de lettres entre les clercs de Wûrzbourg et ceux de Bamberg; les premiers y reprochaient aux seconds leurs témoignages d'amitié à l'égard de Gebhard et leur faisaient connaître ce qui s'était passé à Strasbourg et à Wiirzbourg ^. La question de l'évcque de Wiirzbourg fut enfin résolue au commencement de 1127. On sait qu'au mois d'août de l'année précédente, Lothaire avait été battu, près de Nuremberg, par Frédéric et Conrad de Hohenstaufen, et s'était réfugié à Wûrzbourg, où il séjourna, sauf de courtes absences, jusqu'à Noël. A cette époque, et grâce certainement à l'influence du roi, le prévôt d'Erfurt, Embricho de Leiningen, employé de la chancellerie royale, fut élu évéque de Wûrzbourg et investi par Lothaire, lors des fêtes de Noël ^. Il est vraisemblable que Lothaire donna alors en fief à Embricho le duché de Franconie orientale, qu'Henri V avait retiré à son prédécesseur et attribué à Conrad de Hohenstaufen ^. Dès lors, Embricho reste paisible possesseur du siège de Wûrzbourg et Gebhard disparaît.
A l'époque où Lothaire terminait le conflit du siège épiscopal de Wûrzbourg, les évêques présents dans cette ville : le métro- ])olitain Adelbert de Mayence, saint Norbert de Magdebourg et Conrad de Salzbourg, se réunirent en concile* pour prononcer l'excommunication contre Conrad de Hohenstaufen L*^ (plus tard Conrad III), ([ui s'était fait proclamer roi, et, le 22 avril de l'année suivante, le pape prononça contre lui la même sentence ^.
nir le siège de Wûrzbourg, s'il lui donnait à lui-même 600 livres et 300 au fisc romain. L'inexactitude de cette assertion a déjà été démontrée ailleurs ; cf. la dissertation d'Hefelc sur le conflit pour l'évêchc de 'Wûrzbourg, dans l'Anzeigcr jjXr Kuncle der deulschen Vorzeit, 1862, n. 5.
1. Cod. Udalrici, dans Jafîé, Bibl. rer. Gerrnan., t. v, p. 401 sq., n. 230,
2. Bernhardi, op. cit., p. 138, rem. 47. Tl n'est pas possible d'admettre qu'Embricho eût été déjà élu auparavant comme semblerait l'indiquer un document contenu dans Ussermann, Episc. Wirceb., p. 62. Cf. Ficker, Urkundenlelire, t. i, p. 70; Moniim. Boica, t. xxxvii, p. 40 sq.; Jafîé, Gesch.des deufschen Reichs unter Lothar, p. 66 ; Gervais, Gesch. Deutschlands unler -Heinricli 1 und Lothar II, t. ii, p. 82.