‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 439 sur 505 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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dans lequel Aljihonse VII, roi de Castille, prit le titre « d'empereur » et se fit couronner solennellement ^. En 1136 et 1137, deux autres conciles espagnols, à Burgos ^ et à Valladolid ^, sous la présidence d'un légat du pape, Guido, cherchèrent à réconcilier les rois de la péninsule ibérique et à rétablir la paix entre l'archevêque Diego et ses ennemis *.

A l'issue du concile de Pise, le pape envoya à Milan saint Bernard avec deux cardinaux, afin d'extirper définitivement le schisme et réintégrer tous les schismatiques dans l'Église. Bernard emmena avec lui Godefroy, l'excellent évoque de [4:32j Chartres, Dès que les Milanais apprirent que l'illustre abbé, qu'ils désiraient voir depuis si longtemps, s'approchait de leur ville, ils allèrent en foule à sa rencontre, dans une attitude pénitente et en poussant des cris de joie. Les paroles et les miracles du moine firent oublier toutes les vieilles querelles et l'union se rétablit complètement dans l'Église et parmi les fidèles. Les suflragants de Milan se réunirent ensuite en \m concile et choisirent pour archevêqvie Roboald, évêque d'Albe, jusqu'alors administrateur ^.

A cette même époque, Lothaire, se rendant aux prières du

1. Aguirre, Conc. Hispan., t. m, p. 344-345 ; t. v, p. 53-54 ; Coleti, Concilia, t.'xii, col. 1483 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 497. (H. L.)

2. Hardouiji, Conc. coll., t. vi, part. 2, index ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1485; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 503. (H. L.)

3. Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, index ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1489; Aguirre, Conc. Hispan., t. v, p. 54-55 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 507 ; Pagi, Critica, ad ann. 1137, n. 24 : Gams, Kirchengeschichie von Spanien, i. m, part. 1, p. 32 sq. (II. L.)

4. Ernaud, Vita lS. Bernardi, 1. II, c. ii ; Landolf le jeune, Histor. Mediolun., c. LXi; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 499; Bernhardi, op. cil., p. 638 sq., donne un récit où le souci d'être malicieux se réalise aux dépens de la sincérité; le meilleur exposé est celui d'E. Vacandard, Vie de saint Bernard, t. i, p. 374- 381. (H. L.)

5. Annalista Saxo, ad ann. 1136, dans Mon.Germ. hist., Script., t. vi, p. 771 sq.; Pierre Diacre, Chron. Cassin., 1. IV, c. xcviii, c sq., dans Monum. Germ. hist., Script., t. vu, p. 812 sq., 814 sq.; Falcon de Bénévent, ad ann. 1137, dans Muratori, Script, rer. Ital., t. v, p. 120 sq. ; Bernhardi, Jahrbiicher der deulschen Geschichte, Lotliar von Supplinburg, Leipzig, 1879, p. 649 sq., 668 sq., 693 sq., 709 sq., 736 sq., 752 sq. Sur toute cette période, il faut se reporter au chapitre consacré à ces événements par F. Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie et en Sicile, in-8, Paris, 1907, t. ii, p. 52-97 ; le royaume de Sicile et l'empire allemand, 1136-1140. (H. L.)

pape et de saint Bernard, prépara une seconde expédition en Italie. Les Vénitiens et les Grecs, et surtout les barons de la Basse-Italie, dépossédés de leurs biens, l'y avaient engagé dans l'espoir que l'empereur allait humilier leur ennemi, Roger, roi de Sicile. La lutte avec les Hohenstaufen étant terminée, il était possible de réaliser cette entreprise. Lothaire fit donc connaître au pape sa résolution et délibéra avec ses seigneurs sur cette affaire, dans les diètes de Spire et d'Aix-la-Chapelle (Noël de 1135, Pâques de 1136). On réunit cette fois une armée considérable et bien équipée, qui partit de Wûrzbourg (mi-août 1136) et, par le Trentin, arriva dans la Haute-Italie, où, comme d'ordinaire, certaines villes se déclarèrent pour l'empereur et certaines autres contre lui. Vérone et Milan, autrefois si opposées à l'empereur, embrassèrent alors sa cause ; mais les Italiens étaient si profondément divisés que beaucoup de villes, jusque-là du parti de l'empereur, s'en éloignèrent par haine de Milan. Plusieurs villes de la Haute- Italie passèrent même successivement aux deux partis : aussi Lothaire se vit-il obligé, dans l'espace de six mois, de parcourir deux fois, de l'est à l'ouest et de l'ouest à l'est, la Haute-Italie, s'emparant de diverses cités et des châteaux : il rétablit ainsi le respect de l'autorité impériale. Afin de continuer son expédition, il partagea son armée en deux corps et se dirigea luimême vers l'est, pour gagner ensuite la Pouille, au commencement de Tannée 1137, par la route de Ravenne, tandis que son gendre Henri, duc de Bavière, gagnait le sud par la route de l'ouest. A l'approche de l'empereur, le roi Roger quitta la Basse-Italie et se réfugia en Sicile ; aussi Lothaire eut-il [433] facilement raison des villes des Normands, qui se rendirent volontairement ou cédèrent à la force. L'expédition faite du côté de l'ouest ne fut pas moins heureuse : Florence, Lucques, Sienne et d'autres villes de la Tuscie furent réduites. A Grosseto (près de Sienne), le duc Henri rencontra le pape, qui se joignit à son armée. Marchant de succès en succès, ils s'avancèrent rapidement sur Rome et arrivèrent au Mont-Cassin, qui tenait pour l'antipape et pour les Siciliens ; après une résistance énergique, le monastère consentit à reconnaître l'empereur, mais non le pape ^. Henri n'en demanda pas davantage pour le

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