‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 442 sur 505 · Walterich, Vilœ pontij. runt., l. ii, p · texte numérisé non relu

Walterich, Vilœ pontij. runt., l. ii, p

\. Otluu de l'rcisingen, Cltronic, i. \ij, y). 20 : Lotliarius e.x Ilalia rediens apiid Tridentum morho correplus in ipsis montibiis in i'ilissima casa... obiit. Bernhardi, np. cit., p. r)88-()ri, l'iuO-SOO; Cicscbroclil, op. cit., 1. iv, p. 12:3 sq., p. 'j'iGst]. (ll.L.i

718 LIVUE XXXllI

Mayence ^, se décida-l-ou à élire Conrad de Hohenstaufcn, l'adversaire naturel des guelfes. Pourquoi jeta-t-on les yeux sur Conrad et non sur son frère Frédéric? c'est ce (|vie je ne saurais dire; [*"-'"^j mais tout se lit dvi consentement de Frédéric ; le pape se montra égalenieuL favorable à Conrad, ([u'il avait autrefois excommunié, car, depuis sa réconciliation avec Lothaire, ce prince avait été aussi fidèle à l'empereur c[ue respectueux envers l'Eglise. L'élection du nouveau roi devait avoir lieu à Mayence, à la Penlccôte, mais le parti des Hohenstaufen prit les devants cl. (lès le 7 mars, sur les instances d'Adalhéron de Trêves^, élut empereur le dvic Conrad, en présence et a^■ec l'assentiment du légat du pape, Dietwin. Conrad fut couronné sous le nom de Conrad III, à Aix-la-Chapelle, le 13 du même mois. Le jour de la Pentecôte (22 mai), presque tous les grands seigneurs laïques et ecclésiastiques jurèrent fidélité au nouvel empereur, dans une diète des plus brillantes célébrée à Bamberg; toutefois, Henri l'Orgueilleux, ayant refusé de s'y rendre, fut mis au bande l'empire et dépouillé de ses dvichés. La Saxe fut donnée au margrave Albrecht l'Ours, la Bavière au margrave Léopold d'Autriche. Cependant Henri put reprendre la Saxe, qui, après sa mort (1139), revint à son fils Henri le Lion. Welf VI, frère d'Henri l'Orgueilleux, soutint au sujet de la Bavière une longue lutte, où l'on doit signaler, entre autres faits d'armes, la prise de Weinsberg, 21 décembre 1140 ^.

Au commencement du règne de Conrad (Pâques 1138), se tint à Cologne un concile provincial, en présence du légat Dietwin ; dans ce concile, le nouveau roi nomma chance* lier royal le prévôt de Cologne, Arnold, et c'est alors sans doute que le nouvel archevêque fut sacré; ce dernier, de son coté, reconnut au prévôt de Bonn le droit de préséance

1. Adelbcrt de Mayence élail nioil le 2.'! juin ll;i7 et le iiouvel ai'eh(!vè([iie élu Arnold de Cologne, ji'avait pas eneore été intronisé.

2. Annales Patherbrunncnses, cdit. Schefîei'-Boichorst, p. 166, note 2.

3. Jaffé, Geschichte des deulschen Reichs unier Conrad III, 18'i5, p. 1 sq. ; W. Bernhardi, Jahrbilchcr der deu/sclieii Geschichte, Konrad III, in-8, Leipzig, 1883, p. 1-190 ; Giesebrccht, op. cit., t. iv, p. 169 sq. Au sujet de la tradition des femmes fidèles de Weinsberg, cf. ScheRer-Boichorst, Annal. Palherb., p. 199 sq., qui croit qu'on doit considérer cette tradition comme \in lait historique, tandis que Bernheim prouve, dans VAlmanach hist. de Rawners, VI^ série, 3^ année, 1884, p. 155 scj., (juc ce récit a tout le caractère d'une légende.

sur ceux de Salnt-Géréon ù Cologne et de Xanten ^. Henri I®*", roi d'Angleterre, étant mort le 2 décembre 1135, sans laisser d'héritier mâle, avait pris ses mesures pour laisser la couronne à sa fille .Mathilde, qui, après avoir épousé l'empereur Henri V. s'était mariée à Geoffroy, comte d'Anjou (appelé Plantagenet, parce qu'il })ortait dans ses armes une plante de genêt). [4361 Mais le neveu d'Henri, Etienne de Blois, quatrième fils de ce comte de Blois qui avait épousé Adèle, sœur d'Henri, et fait la première croisade, s'empara du royaume et fut couronné à la Noël de 1135. Le pape Innocent y donna son assentiment et Etienne convotjua, pour Pâques de 1136, les évêques et les grands de l'empire à un concilium générale à Westminster. On se plaignit beaucoup de ce que, sous le feu roi, les églises avaient été opprimées et les canons méprisés, et Etienne fit de belles promesses, protestant que l'Église serait désormais libre, ses commandements respectés et ses serviteurs honorés. Peu après, il confirma et renouvela ses promesses faites à l'Église et au peuple, en signant le serment d'Oxford ^.

Le roi Etienne réunit, le dimanche in albis. 10 avril 1138, à Northampton, un grand synode pour élire le nouvel évèque d'Exeter. Les collections des conciles placent à tort ce synode en 1133 ^ : Etienne n'était pas encore roi à cette époque, et ce n'est qu'en 1138 que Pâques tomba le 3 avril, et le dimanche in albis, le 10 du même mois.

Sur ces entrefaites, Mathilde éleva des prétentions sur le trône d'Angleterre, soutenue en cela par son oncle David, roi d'Ecosse. De là, une guerre terrible entre l'Angleterre et l'Ecosse, et les habitants du pays de Galles en prirent occasion pour se révol-

1. Hartzheim, Conc. Gerni., t. m, col. 338; Mansi, Conr. ampliss. coll., t. xxi, col 519 ; W. Bernhardi, Conrad III, p. 24.

■J. Baronius, ^4n;(ayes. ad ann. 1135, n. 21 ; Gesla Stephani régis, dans Ordéric Vital; Pagi, Critica, ad ann. 1135, n. 35 sq. ; Innocent II, Eplst. ad Steph. reg., dans P. L., t. clxxix, col. 301 ; Guillaume de Malniesbury, Ilistor. no^'oruni, 1. I, G. XV, P. L., t. ci.xxix, col. 1404 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1479-1483 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., i. ^Kï, col 501 ; Lappenberg, Geschichte von England, t. n, p. 300, 309, place le concile de Londres après le serment d'Oxford, mais, d'après les Gesla Stephani régis, le serment du roi n'a eu lieu qu'après le concile.

3. Collect. regia, t. xxvii, col. 118 ; Labbe, Concilia; t. x, col. 991-992; Hardouin, Conc. coll., t. vi, pari 2, col. 1199; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1481 : ^Vilkins, Conc. Britann., t. ii, p. 413; Coleti, Concilia, t. xii. col. 1491 ; Mansi. Concil. ampliss. coll., t. xxi, col. 497. (H. L.)

1er. Les Ecossais pénéirèreiil eu Angleterre et souillèrent leur victoire par la dévastation des églises et le viol des femmes ^. Iiinocent II envoya, comme légat en Angleterre et en Ecosse, Albéric, cardinal-évc.(iue d'Ostie, qui visita les églises et les monastères. Après la bataille de Standart (22 août 1138), si funeste aux Ecossais, le légat eut une entrevue à Carlisle, entre le 26 et le 29 septembre 1138, avec le roi David, ses évêques et ses barons, pour essayer de rétablir la paix. Albéric obtint que l'Ecosse reconnût [4371 le pape légitime, mais, pour la question politique, il ne put, malgré ses supplications, obtenir plus qu'un armistice jusqu'à la fête de saint Martin, la promesse que les femmes prisonnières seraient rendues à la liberté et qu'à l'avenir les églises, les enfants, les vieillards et les femmes seraient épargnés. L'évêque Jean de Glasgow, qui avait volontairement abandonné son siège pour se retirer dans un monastère, fut invité à en reprendre possession, sous peine de châtiment^. Le légat vint ensuite à Londres et célébra à Westminster, le 13 décembre 1138, un synode qui rendit les dix-sept canons suivants ^ :

1. On ne doit rien demander poiir le chrême, la pénitence, le baptême, le viatique, les mariages, les enterrements, etc. 2. Les hosties doivent être renouvelées toutes les semaines et ne peuvent être portées aux malades que par un prêtre ou par un diacre. Dans les cas de nécessité seulement, on pourra se servir d'une autre personne {necessitate instante per quemlibet). 3-4. Pour le sacre des évêques, la bénédiction des abbés et la consécration des églises, on ne doit rien demander que ce c{ui est prescrit par les canons. 5. Nul ne doit recevoir d'un laïque une charge ecclésiastique. 6. Les bénéfices ne doivent pas se transmettre par héMtage. 7. Celui qui a été ordonné par un évêque étranger ne peut exercer les fonctions de son ordre qu'après avoir été réintégré par le pape. 8. Obligation du célibat. 9. L'usure et le maniement des affaires du siècle sont interdits aux clercs. 10-11. l'uiiilioii

1. E. Frecman, Tlie historif oj ihr Xonnan conquest of England, ils causes and ils resiiUs, in-8, Oxford, 1876, t. v, p. 258 sq., 'J63-2G7.

2. Iladdan et Stubbs, Councils and ecclesiaslical documents, t. 11, p. ;{1.

3. Pagi, Critica, ad ami. 1138, 11. 8; Coll. regia, l. xxvii, col. 119;Labbe, Concilia, l. x, col. 992-998 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1201 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. I'i89 ; Wilkins, Conc. Britann.. t. i. p. ■'ilG-VlS; Mansi, Concilia, Siipplf'in., L II, col. V23 ; Conc. ampliss. coll., I. xxi, col. 507.(11. t..)

G15. DIXIÈME CONCILE ŒCUMENIQUE 721

de ceux (|ui ira])|)oul les clercs ou les moines, ou (|ui dépouillent les églises. 12. On ne peut, sans la permission de l'évêque, bâtir d'église ni d'oratoire. 13. Les clercs ne doivent pas porter les armes. 14. Les moines qui deviennent clercs doivent continuer à observer leur règle. 15. Du costume des religieuses. 16. La dîme doit être régulièrement payée. 17. Lorsqu'une école prête un de ses maîtres à une autre école, elle ne doit rien accepter pour ce service.

On ne peut décider si une autre série de canons, attribuée à ce même synode dans les collections conciliaires, provient de cette assemblée ou d'un autre concile de Londres en 1136.

Celui de 1138 eut à s'occuper de pourvoir au siège de Cantor- „^ béry, vacant par la mort de l'archevêque Guillaume ; au début de l'année suivante, 1139, Théobald, abbé du Bec, fut élu. Vers ce même temps, le légat Albéric parvint à rétablir la paix entre l'Ecosse et l'Angleterre. Il partit alors, en compagnie de plusieurs évêques anglais, pour se rendre à Rome au dixième concile œcuménique.

615. Dixième concile œcuménique en 1139 et conciles des années suivantes.

Le 4 (et non le 8) avril 1139 ^, le pape Innocent II ouvrit le dixième concile général, second du Latran. Il l'avait convoqué pour extirper les derniers restes du schisme d'Anaclet II, qui avait duré neuf ans, condamner les erreurs de Pierre

1. Collect. reifia, t. xxvii, col. 120; Labbe, Concilia, t. x, col. 999-1014 ; Hardouin, Conc. coll., t. vr, part. 2, col. 1207; Martène, Thes.novus anecdotorum, 1717, t. IV, p. ISO-l-lO ; Coleli, Concilia, l. xn, col. 1497; Mansi, Concilia, Supplcm., l. 11, col. 433; Conc. ainpliss. coll., l. xxi, col. 523; Alexander, iïisi. ecc/es., 1778, t. VII, p. 312-320 ; Jaiïé, Reg. pont, vont., t. i, p. 885-886; Annales Herbipolens. et Seligenst., ad aiiii. 1137 et 1138, dans JMoniim. Germ. hist.. Script., t. xvi, p. 2; t. XVII, p. 32: Innocentius papa facta sijnodo generali [plenaria] tnediante quadragesima (peut-être veut-il dire le dimanche Lsetare, 2 avril), Zeph. ZilcUi ^aiaVi, Epitome historico-canonica concil. gênerai., in-8 ; Romse, 1881, p. 143 sq. ; W. Bernhardi, Jalirbiicher der deustclien Geschichte, Konrad III, iu-8, Leipzig, 1883, p. 154 sq., ii. 12; Annales Gohviccnses, ad ann. 1139, dans Mon. Germ. /(is^, Script., t. ïx, p. (J02: Fer ia 11, m non. aprilis; Chron. Claiistroneoburgense,3idc\nn,

CONCILIAS — V — 40

de Bruys et d'Arnaud de Brescia, réformer les mœurs des clercs et des laïques et non taht faire de nouvelles lois cjue rétablir et rappeler les anciennes. Plus de mille prélats, patriarches, archevêques, évoques et autres dignitaires de l'Église, venus des diverses parties du monde chrétien, y assistèrent sous la présidence du pape ^. Ce dernier ouvrit la réunion par un discours que nous a conservé en partie la Chronique de Morigny. Innocent II s'adresse aux évc([ues qui ne sont pas fils de Chanaan ^, mais héritiers et fils du Tout-Puissant. Le véritable Juda lent" a donné la ceinture de la continence, et le bâton de la justice et l'anneau de la perfection ^. « Vous savez, dit-il, que Home est la tête du monde, que l'on demandé à l'évêque romain les dignilés ecclésiastiques {quasi feudalis juris cotisuetudine), et qvi'on ne peut les conserver sans son consentement. Mais vous savez aussi que toute son ambition est de réconcilier entre eux ceux qui sont divisés et de remettre l'ordre là où il n'existe pas. Les parfums ne peuvent pas descendre sur la barbe, si la tête n'en a pas surabondamment * ; car si la tête est malade, tout le corps est malade. C'est une vérité d'expérience, que l'on peut neutraliser le poison de l'envie sans jamais le faire disparaître complètement (c'est-à-dire que les restes du schisme se montrent encore). Nous l'avons souvent entendu

1139, dans Mon. Germ. hisL, Script., t. ix, p. 613; Millarelli, ^n/iai. Cama/., t. iv append., p. GVi; dans Mansi, Conc.ainpliss. coll., t. xxij col. 541 ; Falcon de Béiiévent, ad ann. 1139, dans Muratori, iSc/tp/. rer. Italicar., p. 127: octavo die inlranle mensis aprilis ; Chronic. Mauriniac, dans D. du Chesne, Script. Iiist. Franc, t. iv, p. 383, et dans 7\/o/n</;i. Germ. hist., Script., t. xxvi, p. -d'i. Pour l'appel pécuniaire en faveur des templiers, voir la bulle de Clément III, dans Lôher, Arcli. Zeitschrift, t. viii, p. 104. Pour la règle concernant les élections pontificales, attribuée à ce concile par Angelo Massarelli et (Jnofrio Panvinio, c'est un apocryphe, comme l'a montré Grauert, dans H istorisches Jcûtrbnch,t. i, p. 595, il est vfai que Berhhardi n'en croit rien. Conrad p. 156 n. l'i. (H. L.)

1. On varie pour le chiffre entre 500 et 1 000. /bina/. Me//tce7i«es, ad ann. 1139, dans JMoniim. Germ. hist., Script., t. ix, p. 503 : Quingentorum et eo plus episcopornm et abbaluin conreiiliis; Citron. Claustroiieoburg., ad ann. 1139, dans AIonum. Germ. hist., Script., t. ix, p. 610 ; Annal. Gotwicenses, ad ann. 1139, dans Monum. Germ. hist., Script., t. ix, p. 602 : Plus quam 600 episc] Otton de Freisingen, Chron., 1. VU, c. xxiii, dans Mon. Germ. hist., Script., t. ix, p, 261 : Synodus maxima circa 1 000 episcoporum. (H. L.)

Page 1