‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 487 sur 505 · Opéra, édit. Cousin, t. ii, p · texte numérisé non relu

Opéra, édit. Cousin, t. ii, p

3. Otton (le Freisingeii, De geslis Friderici imper., c. xltx. ''j. Ch. (le Rcmusat, Abélard, 1. i, p. '233.

GIG. AMKLAlîD 1:1 Li; CO.NClLi; DK S K N S 781

la subslance. Je crois que le Fils est eu luut éual au l*ère, eu éternité, en force, en volonté et en action. Je ne suis })oint d'accord avec Arius, qui, inspiré par un faux raisonnement, ou mieux par un esprit diabolique, a introduit des degrés dans la Trinité... Je confesse également que le Saint-Esprit est égal, en tout et en substance, au Père et au Fils ; aussi l'ai-je désigné dans mes ouvrages comme le Bien (de Dieu). Je condamne Sabellius et les patripassianistes. Je crois que le Fils de Dieu s'est fait homme et se compose d'une seule personne et de deux natures ... .Je confesse que tous les péchés sont remis dans le baptême, que nous axons besoin de la grâce pour commencer et pour terminer le bien et que ceux qui sont tombés peuvent se relever par la pénitence. Dois-je ajouter quelque chose sur la résurrection de la chair, puisque ce serait en vain que je me glorifierais d'«Hre chrétien, si je ne croyais pas à cette résurrection ? Telle est la foi à laquelle je me tiens et qui me garantit l'espérance. Appuyé sur elle, je ne crains pas ])lus les aboiements de Scylla que les tourbillons de Charybde. ni le chant dangereux des sirènes. La tempête peut se déchaîner, je ne serai pas effrayé ; les vents peuvent mugir, [4801 ^^ ^^ serai pas ébranlé, car je suis sur un roc inébranlable ^. » Un disciple d'Abélard, le scolastiqvie Bérenger, sur lequel nous n'avons pas d'autres renseignements ^, composa en faveur de son maître une autre apologie, que l'on peut utiliser ici, quoique plus tardive, parce qu'elle renferme plusieurs renseignements sur le concile de Sens. Je connais peu d'ouvrages qui allient à un pareil degré l'absence complète de forme et une ardente partialité ^. On se demande ce qui y domine : la recherche du bel esprit avec manie de citations classiques, ou le cynisme d'vm menteur impudent *. Dès le début, l'auteur s'étonne que les

1. Opéra, édit. Cousin, t. i, p. 680. Ratisbonne, dans sou livre sur saiut Bernard, t. II, p. 37, cite d'Abélard à Héloïse une lettre toute dilïérente et apocryphe. C'est une des nombreuses inexactitudes de cet ouvrage.

2. Sur ce personnage, cf. Dictionn. de théologie catholique, 1. 11, col. 720-722, en particulier sur VApologeticus contra heatum Bernardum Claravalleiisem abbatern et alios qui condeinnaverunt Pelrum Abadardum, P. L. . t. ci.xxviii, col. 1857 sq. (H. L.)

3. l^es juges sont qualifiés « pourceaux» et « ivrognes ». Au concile de Sens, tous les juges bafouillaient, pleins de vin, etc. Le reste est à l'avenant. (II. L.)

4. Deutsch, op. cit., p. 37 sq., croit avec i-aison que cette dcscriplioii injurieuse

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écrits de Bernard soient aussi répandus et présentent tant de charmes, l'auteur ignorant les belles-lettres. D'après lui, cette éloquence s'explique, parce que, dans sa jeunesse, Bernard a composé des polissonneries en vers et des pièces de théâtre, ainsi qu'il serait facile de le prouver ... La renommée de sa sainteté s'est répandue dans le monde entier, niais on sait maintenant ce qu'elle couvre ; le serpent, qvii jusqu'ici rampait, s'est maintenant dressé. Il a vomi son poison contre Abélard et cherché à lui enlever la vie. « Avec un ramassis d'évcques sortis on ne sait d'où, tu l'as déclaré hérétique au concile de Sens et lu l'as arraché du sein de l'Église (c'est faux, on n'a porté aucune sentence contre la personne d' Abélard). Semblable à un bandit, lu l'as attaqué à l'improviste et nuitamment, lorsqu'il suivait en paix le chemin du Christ. Tu as prêché au peuple de prier pour lui. tandis que ton désir intime était son expulsion du monde chrétien... Après le dîner, on a apporté le livre d' Abélard dans l'assemblée et on a chargé un braillard de lire à haute voix les morceaux (incriminés). Par haine contre Abélard, et ivre de vin, — ce n'était pas le vin de Celui cjui a dit : Je suis la véritable vigne i, mais un vin analogue à celui qui a couché par terre le patriarche Noé tout nu, — il a braillé plus qu'on ne le voulait. Bientôt on vit les évêques frappant du pied, riant, criant; nos gens venaient d'offrir un sacrifice, non au Christ, mais à Bacchus. Pendant cette (lecture), [481] on choqua les coupes, on brisa les verres, on chanta les vins et on but dans les calices des évêques. (Viennent quatre citations sur le plaisir de boire, tirées d'anciens poètes.) Comme, malgré tout, des sentiments plus élevés et plus divins se faisaient entendre (à la suite de la lecture des écrits d' Abélard) à ces oreilles épiscopales, qui y étaient fort peu accoutumées, les évêques devinrent furieux, grincèrent des dents contre Abélard et vomirent de basses injures contre le philosophe. « Devons-nous donc laisser vivre ce monstre? » Et, semblables aux Juifs, ils branlaient la tête en disant : « Il détruit le temple de Dieu '^.)) C'est ainsi que des aveugles ont condamné des paroles de lumière, et des hommes ivres, un hoiuuie à jeun ... Des chiens ont mordu le saint et des porcs ont mangé

se rapporte, non à la session officielle du concile, mais à la conférence privée delà veille, où on se conduisit à égard d'Abélarddune manière peu convenable.

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