‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 493 sur 505 · Cousin, op. cit., I. Il, I · texte numérisé non relu

Cousin, op. cit., I. Il, I

OU d'écrire. C'est ainsi que le Seigneur le trouva éveillé lorsqu'il vint le visiter,... et les frères de Saint-Marcel peuvent témoigner avec quelle sainteté et quelle piété il prononça d'abord sa i)rofession de foi, puis fil la confession de ses fautes, et enfin avec quel désir il reçut le saint viatique ^. » Il mourut le [12] avril ll^i2, âgé de soixante-trois ans -.

Dans les dernières années du pape Innocent II, qui mourut le 24 septembre 1143 ^, nous avons à signaler quelques conciles peu importants. Une assemblée réunie le 21 avril 1141, à Reggio, sous la présidence de Gauthier, archevêque de Ravenne, régla quelques questions d'intérêt entre l'archidiacre de cette ville et d'autres clercs *. Un synode tenu à Vienne, en 1141, amena l'expulsion d'Eustache, évêque de Valence, déposé depuis six ans, et l'élection de son successeur, Jean,

1. Baronius, Annales, ad ann. ll-iO, n. 11-12 ; Abélard, Opéra, édil. Cousin, l. .. p. 713.

2. De nos jours, ce grand philosophe du xii'' siècle avec ses aventures tragiques a servi de thème favori à bien des auteurs amoureux des recherches historiques. Sans compter les ouvrages que nous avons déjà cités, il y a encore lieu de mentionner : Hayd, Abàlard uitd seine Lehre im V erhàltniss zu Kir che und Domina, Ratisbonne, 1863 ; Stôckl, Geschichle der Philosophie des MittelaUers, Mainz, 1864, t. I, p. 218 sq. ; Goldhorn, Abdiards dogmatische Hauptwerke, dans \a Revue de tliéologie historique dt' ^iedner, ISdG, t. Il, p. 161 sq. ; H. Reutcr, Geschichle der religiosen Aufklàrung im ]\Iitlelalter,lîcvUn, 1875, t. ii, p. 185 sq. ; Deutsch, Peter Abàlard, ein krilischer Theologe des zwôljten Jahrliunderts, Leipzig, 1883. Mais les recherches de tous ces auteurs n'ont rien fourni de nouveau pouvant nécessiter la refonte totale du chapitre concernant Abélard, lel qu'il a été publié dans la première édition.

3. Catal. ponlif. cl imper. TibiuL, aun. 1135, n. 13, dans Monuni.Germ. hisL, Scripl., i. xxii, p. 537 ; Sicard de Crémone, Chron., ann. 1142, dans Muratori, Srripl. ver. Italie, t. vu, p. 598 ; Oltoa de Freisingen, 1. VII, n. 27 : Popitlus romanus volens, ut eos per obsides et sacramentum ad durissima prsecepta, id est ut miiris ruptis omnes provincia cédèrent, cogeret... Sed invalcsrcnle populo, dum proficere non posset, lecto cubans... in pace quievit ; cf. Bernhardi, Jahrbi'ictier der deutschen Geschichle, Conrad III, in-8, Leipzig, 1883, p. 350 sq. (H. L.)

4. Mansi, Concilia, Supplem., t. ii, col. 439 ; Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 569 : IVIuratori, Antiq. Ital., l. v, p. 159. (H. L.)

G 17. DERNIERS CONCILES SOUS LE PAPE INNOCENT 11 7!'l

al)l)C de Bonneval ^. Le concile de Reims de celte môme année 1141, présidé par Samson, archevêque de cette ville, confirma les possessions du chapitre de Saint-Pierre au diocèse de Thérouanne -. Au synode de Lagny ^, en 1142, le cardinal Yves trancha en faveur des moines le conflit survenu au sujet de l'élection de l'ahbé entre l'évéque d'Arras et les moines de Marcliicnnes, Comme, peu auparavant, saint Bernard avait pris parti pour cet évêque, qui refusait aux moines le droit d'élire librement leur abbé, il reçut du légat une réprimande amicale et s'empressa de reconnaître qu'il avait été trompé par les faux rapports de l'évéque. Dans ce même concile, le cardinal excommunia le comte de Vermandois, qui avait renvoyé sa femme pour en épouser une autre. Les évêques de I^aon, de Noyon et de Senlis furent suspendus pour l'avoir approuvé.

La situation de l'Angleterre occasionna aussi la réunion de quelques conciles. L'impératrice Mathilde était passée de France en Angleterre (automne de 1139), pour faire valoir par les armes ses prétentions au trône de ce pays. Son demi-frère, le comte Robert de Glocester, fils naturel d'Henri I^^", et plusieurs autres membres de la noblesse embrassèrent son parti, et le propre frère du roi, Henri, légat du pape et évêque de Winchester, est soupçonné d'avoir soutenu secrètement la cause de Mathilde. Il est certain qu'après la désastreuse bataille de Lincoln, du 2 février 1141, où le roi Etienne fut fait prisonnier, Henri de Winchester conclut, le 2 mars, un traité avec la prétendante : il la ferait reconnaître par l'épiscopat, si elle accordait 14891 ^ Henri la première place dans le conseil et lui laissait pourvoir aux abbayes et évêchés vacants. Le lendemain, le légat la conduisit en procession solennelle à la cathédrale. Afin de remplir sa promesse, il réunit, le 7 avril 1141, un grand concile à Winchester, le roi prisonnier ayant permis aux évêques restés fidèles

1. Mansi, Concilia, Supplem., t. n, col. 441 ; Coiic. anipliss.colL, t. xxi, col. 571 sq. ; Martène, Anecdol., t. m, col. 16G5. (H. L.)

2. Auh. Mirceus, Diplomatn, t. ir, col. 1160 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. XXI, col. 375. (II. L.)

3. La£;iiy-1("-Sec, arrondissement de Senlis, Oise. Labbe, Concilia, t. x, col. 1836-1838 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1227 ; Coleli, Concilia, t. xii, col. 1539 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 581 ; Vila Ilugonis abbatis Marchianensis, dans Bouquet, Recueil des liisf. de la France, t. xiv, p. 401 ; j]. Vacandard, Vie de \aiiil llernard, l. n, p. 181. (II. L.)

à sa cause, et en particulier à Théoliald, primat de Cantorbéry, de se plier aux circonstances et d'obéir au parti vainqueur ^. Guillaume de Malmesbury, qui assista à ce concile, raconte qu'il s'ouvrit solennellement à Wincbester, le lundi après l'octave de Pâques, sous la présidence du légat et en présence de Théobald, archevêque de Cantorbéry, de tous les évêques et d'un grand nombre d'abbés anglais. Les quelques évêques manquants s'étaient excusés par lettres et s'étaient fait représenter. Aussitôt après la lectvire de ces lettres, le légat tint des conférences secrètes, d'abord avec les évêques, puis avec les abbés, en dernier lieu avec les archidiacres, et, le mardi, il prononça le discours suivant : « Par la grâce du pape, je suis chargé de le représenter en Angleterre et, en vertu de cette autorité, j'ai convoqué le clergé anglais pour nous concerter au sujet du salut de la patrie. Du vivant de mon oncle, le feu roi Henri, l'Angleterre était le séjour de la paix ... Quelques années avant sa mort, ce roi a fait promettre par serment, à tous les évêques et barons, que sa fille, l'impératrice veuve, son unique enfant légitime, lui succéderait dans le royaume d'Angleterre et dans le duché de Normandie, si sa seconde épouse ne lui donnait pas d'enfant mâle. Vous savez que cet enfant mâle, il ne l'a jamais eu. Comme, après la mort de son père, l'impératrice différa de venir en Angleterre et resta en Normandie, il fallvit pourvoir à la tranquillité du royaume, et c'est ainsi que mon frère s'empara du pouvoir. Je me portais garant pour lui, protestant qu'il honorerait et exalterait les églises, maintiendrait les bonnes lois et abrogerait les mauvaises, mais, je ne rougis pas de le dire, il n'a pas été le juste souverain qu'il devait être. Il a empoisonné des évêques, s'est emparé de leurs biens, a vendu des abbayes, pillé des églises et prêté l'oreille à de mauvais conseillers. Vous savez que souvent je lui ai adressé des ol)servations, soit seul, soit avec d'autres évêques, surtout au concile de l'année dernière ; pour récompense, je n'ai recueilli que la haine. Je dois aimer, j'en conviens, mon frère selon le sang ; mais l'intérêt de mon Père céleste doit être au-dessus L^"'^] de cet amour. Comme Dieu a jvigé mon frère et l'a livré aux mains de ses adversaires, sans que je pusse prévoir ce coup, je vous ai,

1. Coll. regia, I. xxvii, col. 148 ; LaLbe, Concilia, t. x, col. 102'i-1026 ; Harilouin, Conc. coll., l. vi, ])art. 2, col. 1225 ; Coleti, Concilia, 1. xii, col. 1523; Wilkiiis, Conc. Britann., l. i, p. 'i20-'i21 ; IMansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 573. (II. L.)

en ma qualité de légat, convoqués ici, afin que le royaume ne souffrît pas de l'absence d'un chef. Hier, la majorité du clergé anglais, dont relèvent particulièrement le choix et le sacre du l)rince, a délibéré sur cette question (dans ses réunions secrètes); aujourd'hui, le saint nom de Dieu invoqué, nous choisissons la fdle du feu et glorieux roi Henri pour souveraine de l'Angleterre et de la Normandie, et lui promettons assistance et fidélité.» Tous les membres de l'assemblée ayant approuvé par des cris ou par des gestes cette proclamation, le légat ajouta :«Nous avons invité les bourgeois de Londres, qui, en raison de l'importance de leur ville, sont comme les principaux de l'Angleterre, et nous les attendons ici demain. »

Le mercredi, les députés de Londres furent introduits devant le concile et déclarèrent qu'ils avaient été envoyés par la commune de Londres, non pour discuter, mais pour demander que le roi fût tiré de captivité. Tel était aussi le désir des barons, qui avaient été reçus dans la commune de Londres; on priait donc le légat et les évêques présents de s'employer dans ce sens. Le légat répondit par un long et brillant discours, où il répéta ses arguments de la veille pour montrer l'impossibilité de répondre à ce désir. Un clerc envoyé par la reine, épouse d'Etienne, remit alors au légat une lettre de sa maîtresse. Le légat, après avoir lu cette lettre des yeux, refusa de la recevoir, parce qu'elle était signée d'un homme qui, au concile de l'année précédente, avait insulté les évêques. Alors le messager lut lui-même la lettre. C'était une exhortation au clergé, en particulier au légat, à délivrer le roi et à le replacer sur le trône. Le légat répondit comme il venait de le faire aux députés de Londres. Enfin, le jeudi, avant de se séparer, le concile prononça une sentence d'excommunication contre plusieurs partisans du roi ^.

On eut beaucoup de peine à déterminer les habitants de Londres à recevoir l'impératrice dans leurs murs. L'entrée solennelle eut lieu peu avant la Saint-Jean de 1141 ; en vain, les bourgeois de Londres, le légat et d'autres grands du royaume [191] supplièrent-ils l'impératrice de rendre au roi prisonnier non son trône, mais la liberté, et de le laisser terminer ses

t. Guillaume de Malmesbuiy, //(.s7. /(or., 1. Itl, c. xi.ii-xi viii; Coleli, Concilia, t. XII, col. 1533; Hardouin, Coiic. coll., i. vr, pari. "J, cu\. 1225; Mansi, Conc (impliss. coll., 1. XXI, col. 57."!.

jours comme moine ovi pèlerin ; elle demeura inflexil.le. Elle dépouilla égalemeni le fils du loi de ses comtés et se montra si dure et si fière qu'à la suite d'une révolte de la ville de Londres, elle fut expulsée, eL la femme d'Etienne (nommée aussi Mathilde) s'empara du pouvoir. Ee légat embrassa aussitôt le [)artidela nouvelle reine et le roi fut délivré au commencement de novembre 11/d. Le 7 décembre ^, le légat tint à Westminster un concile, sur lequel Guillaume de Malmesbury nous a laissé des informations, bien qu'il n'y ait pas assisté personnellement. Le légat lut d'abord une lellre où le pape, après l'avoir blâmé de n'avoir rien tenté pour la délivrance de son frère ^, l'engageait à s'y employer maintenant par les moyens temporels et spirituels. Le roi se rendit lui-même au concile pour se plaindre de ce c|ue ses propres sujets l'avaient emprisonné et traité injurieusement, alors qu'il ne leur avait jamais refusé la justice. Le légat mit en mouvement tous les ressorts de son éloquence pour expliquer sa conduite. S'il avait reçu l'impératrice, c'est qu'il y avait été forcé lorsque, après la défaite du roi et l'anéantissement de son armée, l'impératrice avait paru avec ses troupes devant Winchester. Mais Mathilde avait manqué à toutes ses promesses concernant les droits de l'Église et avait même essayé d'attenter à la vie du légat. Il ordonnait maintenant à tous, au nom de Dieu et du pape, de soutenir le roi de toutes leurs forces; quant à ceux qui troublaient la paix et faisaient cause commune avec la comtesse d'Anjou (c'est-àdire l'impératrice), ils étaient excommuniés. Ces paroles du légat ne plurent pas également à tous les clercs ; aucun d'eux néanmoins, soit crainte, soit respect, n'osa manifester son mécontentement. De son côté, l'impératrice envoya au concile un ambassadeur laïque qui demanda formellement au légat de ne rendre aucun décret contre sa maîtresse. N'avait-il pas promis à la princesse de ne jamais soutenir la cause de son frère ? N'étaient-ce pas les lettres du légat qui avaient décidé l'impératrice à venir en Angleterre ^ ? N'était-ce pas sur son conseil et avec son consentement qu'elle avait mis et gardé le roi en ])rison ? Mais tout cela ne fit aucune impression sur le légat ^. La guerre

1. Labbe, Concilia, l. x, col. 1029 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, pari. 2, col. 1229 ; Coleli, Concilia, l. xii, col. 1539 ; Wilkins, Conc. Ilrllanu., l. i, p. 421 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., 1. xxt, col. 579. (H. L.)

2. Lappenherg, op. cit.g t. ii, p. ."i'îS, a mal compris ce passage.

o. Guillannu' de .Malinesl)ui\ . IJisl. iim'., I. III, v. i ii : Coleli, Concilia, l. xit,

[492] civile continua encore en Angleterre pendant plus de dix ans, jusqu'à ce que, en 1153, un traité fût conclu entre le roi Etienne et Henri, duc de Normandie, fils de l'impératrice, stipulant que le duc de Normandie (Henri II) succéderait au roi Etienne sur le trône d'Angleterre ^. On s'explique qxie, pendant la guerre civile, il ne se soit guère tenu en Angleterre de conciles de quelque importance. Le premier, réuni à Winchester en 1143, termina un conflit entre l'archevêque de Cantorbéry et le monastère de Saint-Augustin -; un second, à Londres, réserva au pape l'absolution de ceux qui useraient de violence envers les églises, les cimetières et les clercs ^. Nous parlerons plus loin de quelques autres conciles.

En Espagne, les évêques et les seigneurs du royaume tinrent une grande assemblée à Girone, le 27 novembre 1143, sous la présidence du cardinal-diacre Guy. Raymond, comte de Barcelone et seigneur d'Aragon, accorda au nouvel ordre de chevalerie des templiers plusieurs privilèges el certaines possessions importantes pour leur lutte contre les Maures. Il promit en même temps de ne jamais conclure la paix avec les Sarrasins sans avoir consulté les tem])liers "*.

6i8. Eugène III et la seconde croisade.

Trois jours après la mort du pape Innocent II (décédé le 24 septembre 1143), le cardinal Guy de Castello, dont nous avons déjà parlé, admirateur d'Abélard, fut élu pape à Rome sous le nom de

col. 1539 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1229; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. XXI, col. 579.

1. E. Freenian, The history of thc Norman conqupal oj England, in-8, Oxford, 1876, t. V, p. 291-332. (H. L.)

2. Wilkins, Conc. Britann., t. i, p. 422-423 ; Mansi, Concilia, Supplem., t. ii, col. 445 ; Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 597. (H. L.)

3. Coll. re^ia, t. xxvii, col. 150 ; Labbe, Concilia, t. x, col. 1033 ; Hardouin, Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 1233 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1553 ; Wilkins, Conc. Biit., t. I, p. 421-422; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 603. (H. L.)

4. Coleti, Concilia, 1. xii, col. 1559; Mansi, Conc. ampliss. coll., I. xxi, col. 603; Florez, Espana sagrada, t. xliii, p. 241-245, 484-488 ; Gams, Kirchengescliirhtr von Spanicn, I. m, pari. 1, p. 195. (IT. I>.)

Célestin II i. Au début de son pontificat, il tenta de rompre lo hailé que son prédécesseur avait été ()l)ligé de conclure avec Roger de Sicile ^, mais il ne trouva pas à Rome l'appui nécessaire; cette ville était alors agitée par un mouvement républicain. Le ponliiicat de Célestin II dura à peine cinq mois, il mourut le 8 mars 1144. On lui donna pour successeur le cardinal-prctre Gérard, qui prit le nom de Lucius II; il s'était distingué comme légat en Allemagne par son activité, surtout dans le conflit de Wiirzbourg ^. Le roi Rooer se montra fort satisfait de ce nouveau choix; sur son désir, le ])ape eut avec lui une entrevue à Ceperano ^ [i^'^J mais ne pul lui donner toutes les satisfactions qu'il réclamail, à cause de l'opposition des cardinaux. Roger s'éloigna furieux et fit envahir le Patrimoine par son fils, le duc de Fouille, Le pape, ne pouA^ant attendre secours et protection d'aucun côté, se vit dans l'obligation de conclure une trêve ''. A Rome, la situation était plus déplorable encore. L'agitation, qui déjà fermentait pendant les pontificats d'Innocent II et de Célestin II, se transforma en révolte ouverte. Au commencement de son pontificat, Lucius parvint à obtenir l'abdication du Sénat qui avait été institué sous Innocent II 6, mais l'issue malheureuse des négociations entamées avec Roger semble avoir poussé les Romains à se révolter de nouveau. Ils nommèrent Jordan Leonis, frère de l'ancien antipape Anaclet II, patrice et représentant de l'empereur (dignité que l'empereur Henri III avait abolie), et demandèrent au pape de remettre au patrice toutes ses possessions temporelles et de se contenter des dîmes et des offrandes. En vain, le pape appela à son secours le roi Con-

1. Jaiïé, Regest. ponlij. rom., t. ii, n. 8435 ; Boson, Mla Cœlefilini II, dans Walterich, Vitx pontif. rom., t. ii, p. 276 : Cselestinus, natione Tuscus, palria de Castro Felicitatis, qui et Guido preshyler cardinalis lituli S. Marci. (H. L.)

2. Romuald, dans Moiiiini. Gertu. hist.. Script., t. xix, p. 42'i : Hic {Cselestinus) concordiam quse inter Iniiorentium et regem Rogerium fada est, ratam habere noluit, sed cam revocavit in duhium. Cf. F. Chalandon, Histoire de la do?nin. normande en Italie et en Sicile, 1907, t. ii, p. 111-112. (H. L.)

3. Falcon de Bénévent, p. 238-239 ; Bernhardi, op. cit., t. i, p. 359, n. 5. (H.L.)

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