Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col
4. Boson, Vila Eugenii III, dans Watterich, op. cit., t. ii, p. 281 ; Jaffé, Reg., n, 8714 sq. ; Otton do Freisingen, Chron., 1. Vil, c xxxi ; Uoinuald, dang Mo)i. Germ. hist. Script., t. xix, p. 421. (H. L.)
5. Otton de Freisingen, CJn-on., 1. VII, c. xxxi, dans Monum, Germ. hisl^
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et y séjourna jus(iu'à lu lin de 1145, époque à lacfuelle il se réconcilia avec les Romains, réconciliation qui d'ailleurs devait être de courte durée ^.
C'est à Viterbe qu'Arnaud de Brescia se rendit pour se réconcilier avec le pape. Condamné i)ar Innocent II et le dixième concile œcuménique, Arnaud s'était rendu en France, où il avait embrassé la cause d'Abélard, Comme on l'a vu, ils furent tous deux condamnés, mais, tandis qu'Abélard se soumit et se retira à Chiny, Arnaud resta à Paris et il entama à Saint-Hilaire, sur la montagne de Sainte-Geneviève, des discussions théologiques au cours desquelles il soutint avec la plus grande violence son thème favori : la sécularisation du clergé. \J Historia pontificalis ^, source de ces renseignements, dit que ses doctrines étaient ])eul-être d'accord avec l'Evangile, mais en contradiction flagrante avec les conditions ordinaires de la vie. Arnaud s'élève surtout contre l'avarice et la cupidité des évêques, blâme leur conduite si souvent scandaleuse et les accuse de vouloir édifier les églises de Dieu avec le sang. De même, il impute à saint Bernard une ambition frivole et des sentiments de jalousie contre tous ceux qui sont parvenus à se faire un nom dans la science et dans l'Eglise,
Script., l. XX, p. 2(J5 : Inde (a Faija) fuivrcni popidi decUiKiim ad inuuila loca se Iransiulit (Narni, 2 mars) post Biterbiurn veniens, ibi per aliqiiod teinpus morem Jecit. D'après les Annal. Cas., le séjour à Viterbe irait du 15 avril à fm novembre. (11. L.)
1. Le 23 décembre, entrée solennelle dans Rome, qu'il quitte de nouveau vers la fin de janvier 1146. (H. L.)
2. Ilislor. poiitif., c. xxxi, dans Mon. Germ. liisl., Scripl., t. xx, p. 537 : ExindeArnaldus post mortem domni Innocenta rei'crsus est lialiam et promissa satisjactionc... a domno Eugénie receptus est apiid Viterbiurn... Ipse fréquenter in Capitolio et in publicis concionibus audiebatur. Ipse palam cardinalibus cletrahebat, dicens convenUiin eorum, ex causa superbise et avaricix, lii/pocrisis el niulliniodœ turpiludinis, non esse EcclesiamDei, sed domum negocialionis et speluncuin Idlroniiiit (jui s<rihan(in et pharisaiorum vices exercent... Ipsum papaiii non esse quod profitelur, apostolicuni viruin et animarum pastorem, sed \-inini sanguinum, qui incendiis et homicidiis pneslat auctoritatem, tortorem ccclesiarum, innocentitv concussoreiii, qui niliii aliud jacit in nuuido, quant carneni pitsccre el suos rcplerc loculos et exhaurire alienos, etc. Otton de Freisingen, Gesta Friderici II, c. XX, dans Mon. Gerni. hist., Script., l. K:>i.,]). 'iO'j : Reedificanduni Capitolium, renovandam senatoriam dignitatem, reforniandum equeslrem ordinem dixit... A Uni in dispositione urbis ad romanum pontificem spectarc, sufficere sibi ecclesiasticum judiciuin debere. Giesebrecht, Ueber Arnold von Brescia, dans Sitz. d. Miïncli. Akad., 1873, p. 125, attribue Vllistoria pontificalis a Jean de Salisbury. (H. L.)
Gl!S. EUGÈNE m i:r la SliCO.NDU CHOIS ADE 709
sans ai)))aii t'iur à sou école. Qiiaiil à lui, il j)ialu|uc avec ses disciples la paii\ lelé apostolique ([u'il enseigne, car ces disciples sont devenus de pauvres gens qui vont de maison en maison mendier le pain nécessaire à leur subsistance et à celle de leur maître. C'est pourquoi il semble avoir gagné à sa cause un si grand nombre d'adhérents, même parmi les riches et les puissants ^, qu'aucun des [495J cvèques français ne s'est hasarde à exécuter la sentence du pape conlrc lui. Cependant, son zèle d'éducateur ne paraît pas s'être exercé trop longtemps à l^aris; bientôt le roi de France, sur les instances de saint Bernard, l'expulsa de son royaume. Arnaud se dirigea alors vers l'Allemagne et enseigna sa doctrine à Zurich, mais saint Bernard s'empressa de prévenir l'évêque de Constance des funestes intriuues de cet agitateur ^. Nous ignorons si ce fut cette lettre ou (juelque autre motif qui obligea Arnaud à quitter Zurich après un court séjour ^, mais peu après nous le retrouvons auprès du cardinal-légat Guy *, qui obtint du pape son pardon et l'autorisation de revenir en Italie, moyennant la promesse de donner satisfaction à l'Eglise romaine et de lui demeurer fidèle à l'avenir. Il fut de nouveau reçu, à Viterbe, dans la communion de l'Église, par Eugène, et reçut pour pénitence des jeûnes, des veilles et des prières qu'il promit d'accomplir dans les saints lieux de la ville de Rome. Il jura de demeurer toujours soumis à l'Église ^.
A cette même époque, un compromis fut conclu entre Eugène III et les Romains; vers la fin de l'année 1145, le pape rentra à Rome et y célébra les fêtes de Noël; bientôt, cependant, un nouveau conflit s'éleva au sujet de Tivoli et, en janvier 1146, le ])apc se réfugia au Transtévère ; de là, au commencement
1. Allicere sibi solcl blandis stnnunihiis el simulalione \'iiiutuin dis'ile.s et patentes, écrit saint Bernard à l'cvèque de Constance. Ep., cxc\ .
2. Ep., cxcv. Sur tous ces événements, cf. E. Vacandard, Vie de saint Bernard, t. w, p. 245-258. (H. L.)
3. Otlon de Freisingen, (ù'sla Vrid., 1. It, c. xx, parle d'un séjour à Zurich de aliquol diebus.
4. Giesebrechl, op. cit., 1873, p. 135 sq., dit avec beaucoup de vraisemblance que ce Guy n'était pas le cardinal Guy de Castollo (Célestin II), mais le cardinaldiacre Guy, envoyé comme légat, en 1142, en Allemagne orientale et revenu en Italie, en 1145. Nous avons parlé déjà d'un cardinal-diacre Guy, envoyé en Espagne à la On de l'année 1143; cf. dans Vcp. cxcvi de saint Bernard ses avertissements à ce cardinal, au sujet de l'accueil amical fait par lui à Arnaud.