‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 499 sur 505 · Otton de Freisingen, Gesta Friderici, t. i, p · texte numérisé non relu

Otton de Freisingen, Gesta Friderici, t. i, p

3. 16-18 février 1147. Labbe, Concilia, t. x, col. 1104-1105 ; Hardouin, Conc. coll. , t. VI, part. 2, col. 1297 ; Coleli, Concilia, t. xn, col. 1647 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. XXI, col. 707 ; Odon de Deuil, op. cit., dans P. L., t. clxxxv, col. 1208; E. Vacandard, op. cit., t. ii, p. 295-296. (H. L.)

4. Gicsebrecht, op. cit., t. iv, p. 475-476. Primitivement, le départ des croises français avait été fixé à Pâques 1147, edicto quod post annum progrederenlur. Mais cette époque fut réservée aux croisés allemands. Cf. Bernhardi, op. cil.^ p. 5'i8, note 28. (tî. L.)

GIS. EUGÈNE m ET LA SECONDE CROISADE 811

questions des plus importantes ^. Avant tout, on y décréta une paix générale dans tout le royaume, on fixa comme date du départ le milieu du mois de mai et, comme point de concentration, la ville de Ratisbonne. Puis, sur le désir de Conrad, on lui désigna pour successeur son fils Henri, à peine âgé de dix ans, auquel on confia la régence, au moins nominalement -. L'arche- [503] vèque de Mayence et Wibald,abbé de Stavelot, et Corvey, le prudent ministre du roi, furent chargés d'administrer le royaume. Un certain nombre de chevaliers présents, surtout les Saxons, proposèrent, au lieu d'aller en Syrie, de gagner le nord pour combattre les Wendes païens : Bernard, alors à Francfort, approuva ce projet et le pape accorda à ceux qui marcheraient contre les Wendes les mêmes indulgences qu'aux pèlerins de Jérusalem ^ ; une partie de l'armée se dirigea donc vers le nord "*, en particulier le duc Henri le Lion et Conrad de Zâhringen ; une autre partie se rendit en Palestine par voie de mer, tandis que le gros de l'armée, sous la conduite du roi Conrad III en personne, partit de Ratisbonne, vers le milieu de mai, en suivant le Danube ^.

Conrad communiqua au pape les décisions prises à Francfort ; sur ces entrefaites, Eugène III s'était rendu en France ; reçu parle roi avec une grande solennité (30 mars), il s'était dirigé vers Paris et Saint-Denis ®. Sa présence et ses bénédictions réjouirent les croisés ; il put néanmoins se convaincre que, même en sa présence, beaucoup de clercs et de laïques murmuraient contre les lourdes charges de la croisade. Après avoir célébré

1. La diète était ouverte le 15 mars. Stumpf, n. 3538. (H. L.)

2. Sur cette diète, cf. Bernhardi, Konrad III, p. 547-558 ; E. Vacandard, Vie de saint Bernard, t. ii, p. 297-299.

3. S.Bernard, Episi., cccclvii; Otton de Freisingen, GeslaFriderici,i, -'jO; Chron. Gemblac. continuai., dans Monum. Germ. hist., Script., t. vi, p. 392 ; Annales Stad., dans Monum. Germ. hist., Script., t. xvi, p. 327 ; Jafïé, Reg. pont, rom., n. 62G7. ; E. Vacandard, op. cit., t. ii, p. 298; Boczeck, Cod. diplom. Morav., t. I, p. 253 ; Giesebrecht, op. cit., t. iv, p. 296 sq. ; Bernhardi, Konrad III, p. 503 sq. (H. L.)

'j. E. Vacandard, Vie de saint Bernard, t. ii, p. 301.

5. Jaflé, Bibl. rer.Germ. t. i, p. 111; Watterich, Vitse pont, rom., t. ii, p. 297. Dans cette lettre, le roi invitait le pape à avoir une entrevue avec lui le 18 avril, à Strasbourg; mais cette entrevue ne put avoir lieu, car le roi Louis accompagna le pape, qui se rendit directement de Dijon à Paris.

G. Watterich, op. cit., t. n, p. 298.

solennellement la fête de Pâques à Saint-Denis, où il bénit le roi et lui donna un drapeau qui devait servir pendant l'expédition, le pape réunit, dans les jours qui suivirent (avril), un synode à Paris, pour y examiner les plaintes portées contre le célèbre scolastique Gilbert de la Porrée i. Celui-ci, né à Poitiers, s'était de bonne lieure occupé de philosophie et de théologie, et avait eu le bonheur d'être élevé par deux maîtres distingués : Anselme de Laon et son frère Rodolphe; aussi sa science et sa conduite irréprochable lui avaient-elles attiré une grande renommée. Au concile de Sens, il figurait parmi les adversaires d'Abélard, car, sur les rapports de la science et de la foi, il partageait absolument les idées de saint Anselme, Abélard, qui affectait de voir dans sa condamnation une attaque contre toute théologie spéculative, lui dit à cette occasion : Tune tua res agitur, paries [50 ^il cum proximus ardet ^. Déjà Abélard avait attaqué la doctrine de Gilbert sur la Trinité, sous prétexte qu'elle faisait des trois personnes divines trois choses différentes de Dieu ^. Peu après le concile de Sens, Gilbert était devenu évêque de sa ville natale; dans son commentaire sur l'écrit de Boece, De Trinitate, dans certains autres ouvrages et même dans un synode diocésain, il s'exprima sur la Trinité de telle façon cjue de nombreuses personnes se formalisèrent de ses doctrines et crurent devoir le dénoncer au pape *. Parmi eux se trouvaient deux de ses archidiacres : Arnaud, surnommé qui non ridet, et Galon, puis Pierre Lombard, qui devint plus tard évêque de Paris, et Robert de Melun. Ils rencontrèrent, à Sienne, Eugène, sur le point de se rendre en France, et obtinrent qu'il s'occuperait de cette question, lorsqvi'il

1. Cuil. regia, t. xxvii, col. 184 ; Lablie, Cuncilia, t. x, col. 1105-1107 ; Hardoiiin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1297 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1647 ; Mansi, Coiic. ampliss. coll., t. xxi, col. 707 ; Eugène III séjourna à Paris du 20 avril au 7 juin 1147. (H. L.)

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