‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 503 sur 505 · Jalïé, BiblioUi. rer, Geriiian., l. i, p · texte numérisé non relu

Jalïé, BiblioUi. rer, Geriiian., l. i, p

4. Hartzheini, Conc. Germ., 1. m, p. 3G5 ; H'inlavim, Deutsche Concilien, t. iv, p. 187 sq. : Bach, Dogmengeschichle des Millelallers, t. i, p. 398 sq. ; t. ii, p. 390; Le inr-me, dans Œslerreick. Vierleljahrsschrijt, 18G.^), p. 75 sq.

mode de la présence réelle eucharistique et le droit de prier la chair et le sang du Christ dans l'eucharistie. Folmar soutenait qu'on ne pouvait adresser de prières à la chair et au sano; du Christ, parce que l'humanité du Christ n'est qu'une créature ; d'autre part, il pensait que, sous les espèces du vin, se trouvait uniquement le sang du Christ sans sa chair et, sous les espèces du pain, la chair du Christ sans ses os. Après un débat assez ong, Éberhard, évêque de Bamberg et ami personnel de Folmar, convoqua une assemblée à Bamberg (avant 1150), pour faire revenir Folmar sur ses erreurs. Il y parvint, du moins en partie, car le prévôt reconnut que le corps entier du Christ, c'est-à-dire sa chair et son sang, était présent dans le sacrement. Mais bientôt surgit une nouvelle question : on prétendit avoir découvert des erreurs dans les écrits de Gerhoh. En elî'el, tandis que Folmar continuait à enseigner, avant comme après sa rétractation, qu'on ne devait pas prier l'humanité du Christ, c'est-à-dire sa chair et son sang, dans le sacrement, Gerhoh, de son côté, semblait identifier l'humanité et la divinité dans le Christ, et déifier pour ainsi dire l'humanité, par exemple lorsqu'il disait : Chrisius, secundum quod homo est, œqiialis est Deo, ou Corpus Domini est assuniptuni l'ii Deuin (on a prétendu à tort qu'il avait enseigné l'ubiquité du lorps du Chris^. On tint en conséquence une nouvelle assemblée à Bamberg, en 1150, sous la présidence d' Eberhard, archevêque de Salzbourg; il s'y trouvait Eberhard, archevêque de Bamberg, et deux autres évoques. Cette fois, Eberhard de Bamberg prit parti contre Gerhoh ; la discussion fut longue et animée, mais on ne jnit parvenir à une entente. L'archevêque de Salzbourg a présidé, vers l'an 1150, à Salzbourg ^ et à Ratisbonne ^, deux autres synodes, dont nous ne connaissons guère que l'existence.

En mars 1151, se tint à Londres ^, sous la présidence du [529] primat, Thibald de Cantorbéry ■*, un concile dont nous possé-

1. Mansi, Conc. awpliss. coll., t. xxi, col. 479; Dalham, Concilia Salisbitr- ^ensia, p. 73.

*2. Dalham, op. cit., p. 73-74.

3. Labbe, Concilia, l. x, col. 102'i ; Baluzo, Miscellanca, i. ii, col. 121 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, pari. 2, col. 1321 ; Colcti, Concilia, t. xii, col. 1.533 ; Wilkins, Conc. Briiann., t. i, p. 424 ; Mansi, Conc. ampliss. col!., t. xxi, col. 749. (H.L.)

4. On a signalé le conflit entre le roi ï^ticnnc et le primat de Cantorbéry ; Thi-

dons encore huit canons destinés à défendre les églises contre 1rs vexations et le vol. On y renouvela l'ancienne disposition (|ui notait d'infamie quiconque restait un an excommunié, et on défendit d'établir de nouveaux impôts et de nouvelles redevances. On s'occupa aussi, et avec une trop visible hostilité, de l'appel à Rome ; Henri de Huntingdon prétendait à tort que cet appel n'avait été en vigueur que depuis Henri de Winchester ^ Déjà Anselme de Cantorbéry avait fait appel à Rome.

Comme pour compléter le désastre de la seconde croisade, on apprit bientôt en Occident que, le 29 juin 1149, Raimond, prince d'Antioche, avait été battu, que presque tout son pays avait été pris par Noureddin. et que la ville et la citadelle d'Antioche couraient les plus grands dangers ^. L'abbé Suger et saint Bernard se mirent d'accord pour prêcher une nouvelle croisade ^. Le roi Louis VII approuva l'entreprise et, dans trois assemblées, à Laon, à Chartres ** (le troisième dimanche après Pâques, 7 mai 1150)

bald a dû retourner en Angleterre vers la fin de 1148, n'ayant pu obtenir de Rome aucun secours. Il fut reçu amicalement par le comte Hugo Bigoto, qui lui donna comme lieu de retraite le château de Framlingham, dans la province de SufTolk. C'est là que Thibald convoqua les évèques d'Angleterre pour délibérer sur les moyens de rendre la paj^x au royaume et à l'Église. .'\/on(/m. Germ. Iii.st., Script., t. XX, p. 533.

1. Coleti, Concilia, t. xii, col. 1G77; Mansi, Conc. nmpliss., t. xxi, col. 750, 753.

2. Le patriarche d'Antioche et Baudouin de Jérusalem n'avaient pas attendu cette extrémité pour adresser un nouvel appel au dévouement de la France. Vita Sugerii, dans Bouquet, Rec. des hist. de la France, t. xii, p. 1 10. Leurs plaintes trouvèrent écho. (H. L.)

3. Sucrer se montre plein d'ardeur pour la nouvelle croisade. Epist., cxi.iii, cxLvi, dans A. du Chesne, Script. Iiist. Franc, t. iv, p. 538 ; ]'ila Sugerii, 1. III, dans Rec. des hist. de la France, t. xn, col. 110. (H. L.)

4. Manrique, Annales cistercens., t. ii, p. 29-31 ; Coll. regia, t. xxvii, col. 182 ; Labbe, Concilia, t. x, col. 1102-1104 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1295 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1637 : Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 697 ; dom Brial, Mémoire sur la véritable époque d'une assemblée tenue à Chartres, relativement à la croisade de Louis le Jeune, dans les Mémoires de l'Acad. des inscript, et belles-lettres, 1818, t. iv, part. 2, p. 508-529; E. Vacandard, Vie de saint Bernard, t. it, p. 426-432. Une lettre du pape Eugène III, du 25 avril 1150, témoignait une vive défiance de l'heureuse issue de cette nouvelle croisade. La lecture de ce document à Chartres porta le coup de grâce au projet, et saint Bernard, epist. cclvi, en gronda le pape sans trop de ménagements. Une autre lettre de Bernard à Pierre le Vénérable n'est guère moins vive; cf. Satabin, dans Étudei religieuses, juin 1894, p. 322. Cette lettre nous apprend qu'un nouveau concile devait se réunir à Compiègne, le 15 juillet, pour régler les derniers

et dans une troisième ville qui n'est pas nommée, on devait inviter solennellement les prélats et les chevaliers français à faire partie de la nouvelle expédition. A Chartres, Bernard fut proclamé chef et conducteur de toule la croisade, et aussitôt il écrivit au pape pour l'engager à se servir du double glaive qu'il avait en main, le glaive spirituel et le glaive matériel, pour délivrer la Terre Sainte ^ Le projet de croisade se complétait, dans l'intention des Français, par tout un plan de campagne : rompre l'amitié entre le roi d'Allemagne Conrad III et l'empereur grec Manuel, réconcilier Conrad avec Roger, roi de Sicile, et s'emparer ensuite du royaume de Byzance ^, pour fonder à Constantinople un empire latin. Cela fait, ils ne doutaient pas que l'Orient ne tombât infailliblemenl aux mains des chrétiens ^. Mais le roi Conrad, loin d'accepter ce projet, resserra les liens d'amitié ffui l'unissaient à Byzance*. Sans doute, il ne put, [3<j"J comme il le désirait, marier son fils aîné, le jeune roi Henri, avec \ine princesse grecque, ce prince étant mort trop tôt (en 1150); mais il rêva pour lui-même ce mariage ; en même temps, il commença à organiser une grande armée, pour aller en Italie rétablir partout l'autorité impériale, en particulier contre Roger de Sicile, et se faire couronner par le pape ^. Dans de pareilles conditions, les projets français de croisade ne pouvaient guère se réaliser ; aussi l'abbé Suger et saint Bernard moururentils (13 janvier 1152, 20 août 1153) sans avoir vu les résultats de leurs efforts ^.

préparatifs; il n'eut vraisemblablement pas lieu. Les chroniques du moins n'en conservent pas trace. Le découragement était partout. (H. L.)

1. Coleti, Concilia, t. xii, col. 1637 : In Cariiolentii comenlu nie quasi in ducem et principem mililiœ elegeiunt, écrit saint Bernard à Eugène III.

2. Cf. F. Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie et en Sicile, in-8, Paris, 1907, t. ii, p. 149. (H. L.)

3. Wibald, Epist. ad Guidonem, dans Jafîé, Biblioth.rer. Germ., t. i, p. 376.

4. Cf. les lettres de Conrad à l'empereur Manuel et à l'impératrice Irène, et celles de \^"ibald à Manuel, dans Jalîé, Bihlioth., l. i, p. 237, 243, 24G, 355,363,

5. F. Chalandon, op. cit., l. ii, p. 153; E. Vacandard, V(V de saint Bernard, t. II, p. 427.

6. Mansi, op. cit., t. xxi, col. 698; Hardouin, Conc. coll., i.\i, part. 2, col. 1295; S. Bernard, Ep., cclvi; Jafîé, Conrad III, p. 179, 181, 203 ; Giesebrecht, op. cit. t. IV, p. 337 sq. ; Brial, op. cit., p. 510-511, et Wilken, op. cit., t. iir, p. 279, ont prouvé que les synodes de Laon et de Chartres n'ont pas précédé la deuxième croisade en 1146, comme on le croyait jusqu'ici, mais l'ont suivie.

C18. EUGÈiVE III ET LA SECONDE CROISADE 84

Peu de temps après la mort de Suger, le mardi de Pâques fleuries 1152, un concile célébré à Beaugency prononça la séparation du roi Louis VII et de sa femme Éléonore ^. On se souvient que la conduite de cette princesse avait laissé à désirer pendant son séjour à Antioche, lors de la deuxième croisade ; on racontait même qu'elle était allée jusqu'à aimer un jeune Turc. Les habitudes de continence de son mari lui donnaient, soutenait-elle, le droit de s'accorder des compensations : elle avait cru épouser un roi et avait épousé un moine. Le pape Eugène m était parvenu à réconcilier les deux époux à Tivoli, à leur retour de Palestine. 11 leur avait formellement défendu de considérer leur parenté comme un motif suffisant de rupture, avait confirmé leur union et leur avait interdit de la rompre pour n'importe quel motif, sous peine d'excommunication. La décision prise par notre concile peut donc justement paraître surprenante. A Beaugency, plusieurs témoins affirmèrent, en présence des quatre archevêques de Rouen, Reims, Sens et Bordeaux et d'autres prélats français, qu'une parenté existait réellement entre les deux époux : le mariage fut donc cassé et [oolj p^léonore épousa alors le jeune prince Henri Plantagenet, ({ui devint plus tard Henri II, roi d'Angleterre^.

En cette même année 1152, un concile de Venise s'occupa des droits de l'éolise de Sainte-Marie à Murano ^. Une autre assemblée synodale fut célébrée à Metz, après la mort d'Adalbéron, archevêque de Trêves (le 15 janvier 1152) ^. Hillin, son successeur sur le siège archiépiscopal de Trêves, termina, dans un synode de Trêves, en août 1152, un conflit entre les

1. 18 mars 11 'i2. Labbe, Concilia, t. xii, col. 1129-1130; Hardouin, Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 1319 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1679; Mansi, Conc. anipliss. coll., t. xxi, col. 751.

2. Ilislor. ponlif., dans Mot}. Ceini. ItisL, Soi pi., t. xx, p. 537 ; L. Guerrier, Le divorce de Louis VU, roi de France, et d' Eléonore d'Aquitaine au 11^ concile de Beaugency, 1152, dans Mém. Soc. agric. Orléans, 1882, t. xxiii, p. 241-24G; cf. Bimbenel, ihid., p. 247-255 ; H. de Sainte-Hermine, De rinfluence du dii'orce de Louis VII sur les destinées de la France, dans Revue anglo-française, 1835, t. III, p. 5-33 ; E. Vacandard, Le divorce de Louis VII, dans la Revue des questions historiques, 1890, t. xi.vii, p. 408-432. (H. I .)

3. Mansi, Concilia, Supplem., t. ii, col. 473; Conc. arnpliss. co//., l.xxi, col. 754. (H. L.)

4. Mansi, Concilia, Supplem., t. n, col. 479; Conc. anipliss. coll., t. xxi, col. 761. (H. L.)

religieuses de Sainl-Romaric (Remircmont) et Matthieu, duc de Lorraine ^. Un concile tenu à Cologne, en 1152, examina les plaintes portées par deux clercs de Minden, le sous-diacre Wortlev et le diacre Walter, contre leur évêque Henri l^^. Walter prétendait avoir été injustement dépouillé d'un doyenné (les prêtres seuls pouvaient occuper des doyennés, et Walter n'était encore que diacre). Wortlev avait eu les yeux crevés, ainsi que quelques autres personnes de l'entourage de l'évcque, et il attribuait ce crime à l'évcque lui-même. Celui-ci protesta de son innocence et Wil)ald prit ])arli en sa faveur; mais Arnold 11, archevêque de Cologne, étant contre lui, l'évcque Henri crut jirudent d'abdiquer dès l'année suivante. C'est probablement à ce synode de Cologne que l'archevêque Arnold fait allusion, lorsqu'il écrit à Wibald : « Je regrette que quelques nuilfaiteurs t'aient attaqué ])endant (jue tu venais à notre synode. » 11 s'agit de l'invasion, ])ar les comtes Folcuin et Wittekind, de la ville de Hôxter, (pii appartenait à Corvey ^.

Dans un concile général célébrée Liège, en 1152, Wibald défendit avec succès les droits de l'abbaye de Saint-Laurent à Liège ^ contre l'abbé de Monte-Publico "*. Un concile provincial tenu à la même époque, à Grado, sous le patriarche Henri Dandolo, ordonna au curé de Saint-Martin, sous peine d'interdit, d'assister tous les ans, le dimanche des Rameaux, à la messe célébrée dans l'église de Sainte-Marie. En cette même année, le cardinal Jean Paparo, envoyé en Irlande par Eugène 111, d'accord avec Christian, évêque de Lismore, moine cistercien et légat apostoliqvie pour l'Irlande, réunit un concile national irlandais à Mellifont ^^ au lieu même où, naguère, saint Malachie, réformateur de l'Eglise irlandaise et ami de saint Bernard, avpit fondé le premier monas- [5o2J 1ère cistercien de l'île. Malachie sonaeait à terminer son œuvre

1. IG août. MarUuio, Script, vêler, coll., I. vu, p. 7l-7'i. (II. L.)

2. Maiisi, Concilia, Supplcm., t. ii, col. '18.'! ; Coiu. niiipliss. coll., I. xxi, col. 7G3. (II. L.)

3. Mansi, Concilia, Su|i|)lcni., t. n, col. 'i89 ; Cuiic. dinpliss. cuil., I. x\i, col. 767. (H. L.)

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