‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 502 sur 505 · Jafîé, Regesta pontif. rom., t. ii, p. 58. (H. L · texte numérisé non relu

Jafîé, Regesta pontif. rom., t. ii, p. 58. (H. L

3. Mon. Germ. hist., .'^'rripl., t. xx, c. xxi, p. 533 : .Tnffr. Reg., u. 0443, G'iôO.

crisie et de leur dépravation. Le pape n'est pas le pasteur apostoli([ue des âmes, ainsi qu'il se nomme, mais un ])uveur de sang; car il soutient sa puissance par le meurtre et l'incendie, il gouverne les M,glises suivant son bon plaisir, il opprime l'innocence, il remplit d'or ses coffres et vide ceux des autres. Comme, malgré son genre de vie, il imite les enseignements des apôtres, on lui prête encore obéissance par crainte ; c'est un état de choses intoléral)!o pour ceux c|ui ne veulent pas voir réduire en servitude la \ ille de Rome, siège de la puissance impériale et maîtresse du monde. Contre ces excitations révolutionnaires, Eugène publia à Brescia, le 15 juillet (probablement à la suite des délibérations de Crémone), une bulle interdisant au clergé romain, sous peine de suspense ah ofjîcio et beneficio, tout rajjport avec Arnaud ^. Mais le sénat révolutionnaire prit sous sa protection ce démagogue ecclésiastique et ni Eugène ni son successeur Anastase ne purent parvenir à éloigner de Rome ce dangereux agitateur, dont les agissements troublèrent tout leur pontificat ^.

En cette même année 1148, le cardinal Nicolas (le futur [-527] Adrien IV) tint un concile à Linkôping, au sud de la Suède, pour introduire dans ce pays l'organisation métropolitaine ^. Dès l'époque du roi Amundus (fils d'Olav Scotkonung, 994- 1026), la Suède avait reçu un archevêque de Pologne; néanmoins, l'archevêque de Brème réclamant le sud de la Suède comme faisant partie de sa province, et les habitants du Gothland préférant son autorité à celle du nouvel archevêque d'Upsal, les prétentions du siège de Brème furent admises sans opposition. A Linkôping, les Goths ne purent s'entendre sur le siège de l'archeyêché et son titulaire ; aussi le légat crut bien faire de laisser le pallium qu'il avait apporté à l'archevêque danois voisin, Eskill de Lund,

1. Mail, (icnit. Iiis/., Srrij)/., I. x:^, p. 538 ; JMansi, Coiic. amplis.s. coll., I. xxi, col. 628 ; Hardouiii, Cour, mil., col. 12'[3 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1578.

2.Watterich, op. cit., p. 332-'i. Au sujet de l'agitation d'Arnaud et de sa secte, jusqu'à l'arrivée de Barberousse, cf. Giescbrechi, dans Silzungsheiichte dcr MiïmJt., 1872, p. VA sc].

3. Labbe, Concilia, 1. x, col. 1819-1820 (1827-1828); Hardouin, Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 1319 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1679 ; Mansi, Conc. anipliss. coll., t. XXI, col. 7''i3 : C Broome-J. J. Aspegren, De concilio Linkopiiia,ensi , in-4, Londini Gothoruni, 1812; .J. H. Schroder-C. A. Westrom, De vi.nlalionibus episcopontm Linixopengcnsium olim per Gothlandiam hahilis, in-4, Upsalœ, 1848. (H. L.)

qui le remettrait ensuite, en qualité de légat apostolique, à celui que les Suédois et les Goths finiraient par accepter pour archevêque. Mais personne ne voulut recevoir le ptiUium des mains de l'archeAcque de Lund, de peur de paraître accepter les drttils primatiaux ({ue cet arciievcque voulait s'attribuer ; et ainsi, la Suède resta sans métropolitain, jusqu'à ce que, en 11C3, le pape Alexandre III confia cette dignité à Etienne, évêque d'Upsal 1.

Une lettre d'Henri, archevêque de Mayence, à l'abbé Wibald de Stavelot nous donne quelques détails, malheureusement insuffisants, sur deux conciles allemands de la province ecclésiastique de Mayence en 1148 et 1149. Le premier, tenu à Erfurt en 1148, termina plusieurs questions dont le pape avait confié la décision à l'archevêque par l'entremise de Wibald ^. Le conflit survenu, au sujet de diverses propriétés, entre le monastère de Burgilin (près d'Iéna, diocèse de Zeig) et le comte de Sizo, fut terminé par un compromis. On confirma la séparation décrétée entre le comte et sa femme pour cause de parenté et on défendit au comte de contracter un nouveau mariage avant d'avoir fait pénitence pour son union incestueuse. Il recevrait cette pénitence au concile de Mayence, lixé au lundi après l'Ascension (1149). A cette assemblée, devait aussi comparaître l'abbé de Hersfeld, pour avoir cumulé, sans l'assentiment de l'archevêque, l'abbaye de Fulda avec celle qu'il possédait déjà ^.

Vers le même temps, on tint, à Bamberg, deux réunions [528] ecclésiastiques qui, sans être des conciles proprement dits, n'en méritent pas moins d'être mentionnées ici ^. Les deux prévôts des chanoines réguliers de Saint-Augustin, Folmar de Trienfenstein, diocèse de Wûrzbourg, et Gerhoh de Reichersperg, diocèse de Salzbourg, avaient eu des discussions touchant le

1. .1. \Mltsch, llundbuch der kirclilicheii Géographie uiid Slalistik von den Zeiten der Aposlel his zu dein Anfange des secliszehnlen Jaltrhiinderts. j\Iil besonderer Rùchsichl auj die Aushreitung des Judenihutns ttnd Muhammedanismus, in-8, IS'iG, l. H, p. 95 sq.

2. IMansi, Concilia, Supplem., t. ii, col. 471 ; Conc. amjtliss. coll., 1. xxi, col. 7'i9. (H. L.)

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