CONCILES A PAÎllS, A ROUEN ET A REIMS
[35] plus vendre ni acheter d'abbaye, d'aiehidiaconé, de paroisse ; en général on ne payera aucune redevance j)our entrer en charge (Guillaume se réservait la nomination aux évêchés, et comme il le faisait sans simonie, le synode ne dit rien sur ce point), 2. Nul ne sera abbé s'il n'a été longtemps moine. 3. Aucun clerc ne sera reçu sans lettres de son évoque, car il est arrivé que des étrangers ont exercé indûment les fonctions sacerdotales. 4. On ne doit pas conférer tous les ordres en un seul jour. 5. Tout ordinand doit lire publiquement la profession de foi du concile de Tolède ^. 0. Un moine coupable d'une faute grave ne peut devenir abbé, 7. La règle bénédictine doit être observée aussi bien dans les monastères d'hommes que dans ceux de femmes. 8. Renouvellement de l'ordonnance de Tolède - contre l'ignorance des clercs. 9. On ne refusera pas la sépulture ecclésiastique à ceux qui sont surpris par la mort, à l'exception toutefois des pécheurs publics. 10. Plusieurs prétendent, afin d'obtenir séparation d'avec leurs femmes, avoir eu auparavant commerce avec des parentes de ces femmes : ils devront désormais en fournir la preuve. 11. Il en sera de même de ceux qui, pour échapper à la cléricature, prétendent n'avoir pas reçu tous les ordres. 12. Les clercs déposés ne doivent pas servir à la guerre. 13. Deux personnes séparées à la suite d'union incestueuse, doivent vivre dans la chasteté jusqu'à ce qu'elles se remarient. 14. Les juifs ne doivent avoir ni esclaves ni nourrices chrétiennes.
Jean, archevêque de Rouen, qui présidait ce concile, ayant reçu les décrets de Rome contre la simonie et le concubinage, tint, dans cette même année 1074, un nouveau synode à Rouen, afin de séparer de leurs femmes les clercs incontinents. Il les menaça de l'anathème, mais ces clercs le chassèrent de l'église à coups de y^ierre ^. Le concile célébré à Poitiers (été de 1074) à l'occasion du mariage du comte Guillaume de Poitiers, par les légats du pape, l'évêque AmaL d'Oloron et l'archevêque Goslin de Bordeaux, fut également troublé par des violences *.