cuM.n.i:s a paris, a uouen et a ui;ois
à Guillaume, comte de Poitiers ^ (13 novembre 1U74), et à Manassès, archevêque de Reims (8 décembre 1074) '^, les engageant à procurer l'amendement du roi ; mais il n'y mentionne aucunement le synode de Paris, Le seul ducumeul (jue nous ayons sur ce synode est une biooraphie de Gautier, abbé de Sainl-Martin à Pontoise, par un contemporain.
On V lit hu'h un concile s'étant réuni à Paris pour savoir s'il fallait obéir aux ordonnances du seigneur pajjc liildebrand, de sainte mémoire, touchant le célibat ecclésiastique et la défense d'ouïr la messe d'un prctre concubinaire, presque tous les évêques, abbés et clercs composant l'assemblée, déclarèrent absurdes les ordres ilu pape et conclurent (pTou oc pouvait ni uc devait s'y conformer. Gauthier, abbé de Pontoise, qui élait allé récemment à Home et y avait conféré avec Hildebrand, se leva alors au milieu de l'assemblée et protesta énergiquement contre la décision (|ui venait d'ctre prise; il cita saint Grégoire pour prouver qu'on devait obéir à son supérieur, même lorsqu'on ne voyait pas la raison de l'ordre qu'il donnait. Les paroles de Gautier soulevèrent dans le concile un épouvantable tumulte : de tous côtés on se précipita sur lui, il fut roué de coups, couvert de crachats et traîné ensuite dans les prisons du roi, d'où quelques amis parvinrent ensuite à le faire sortir et il regagna son abbaye de Pontoise ^.
Mansi remarque avec raison contre Hardouin ^ qu il ne faut pas confondre ce synode de Paris avec celui de l'année 1092, car les clercs mariés n'avaient pas attendu dix-huit ans pour faire de l'opposition contre Grégoire ; mais Mansi se trompe, à son tour, lorsqu'il cherche le motif de cette opposition, non dans la loi du célibat, mais dans l'ordonnance interdisant d'assister à la messe d'un concubinaire. En effet, les mots : importabilia cjus esse prxcepta, etc., indiquant clairement que les membres du synode trouvaient intolérable l'obligation du célibat.
1. Rcgislntnu 1. II, n. 18 ; Mon. Gregor., p. 132 : Rcg. pontif. rom., n. 4891. (H. L.)
2. Regisfritm, 1. II, n. 32; Mon. Gregor., y*- 146; fîcg. po/*^ rom., n. 4905. (II. L.)
3. Ac(a sancl., avril, t. i, p. 753 ; deux vies anonymes rclateiil la conduite do Gautier, Vita prima, c. ii, 9, p. 755 ; Vita alîera, c. n, 10, p. 760. Mansi, Concilia, Suppl., t. II, col. 6 ; Conc. amplis.'i. coll.. t. xx, col. 437. (H. L.)
4. Hardouin, Coll. conc, t. vi, part. 2, Index, ad ann. 1092.
De tous les princes d'Occidenl. ce fui (iiiillaunic le Conquérant, roi d'Angleterre el duc de Normandie, ({ui priL le plus à cœur l'introduction des reformes de Grégoire Vil. Dès avant son élévation sur le Irône pontifical, llildebrand a\ait remarqué les grands talents de ce prince; et le parti ([u'on en |)()urrait tirer })our la cause de Dieu et celle de l'Eglise ; aussi ra\ ait-il soutenu dans son dessein de s'emparer du Irône d'Angleterre ^ On le voit par ses lettres à Guillaume le Concjuérant : llildeljrand, devenu Grégoire Vil, resta attaché à ce prince et continua à f(uuler sur lui les mêmes espérances ^. Il l'appelle en effet « le fidèle })arlisan de saint Pierre)), «la perle des princes "et «le seul ])rince (fui pense sérieusement à remplir ses devoirs ^. )) Nous avons un témoignage de la sollicitude de Guillaume pour les intérêts de l'Eglise et de la conformité de ses pensées avec celles de Grégoire dans le concile général de la Normandie qu'il réunit à Rouen en 1074 ^. Ce synode commence par interdire la simonie, mais comme il ne dit rien à l'égard du célibat, on est porté à croire qu'il fut célébré avant que l'on connût en Normandie les décisions du concile de Rome, (mars 1074). Le concile de Rouen j)orta les quatorze prescriptions suivantes : 1. On devra extirper toute espèce de simonie; ainsi, on ne devra
1. Jiôhmcr, KircJie und Staat in EngUiml luul in (1er yorniandie im \l und xil Jahvh., Leipzig, 1899. (H. L.)
2. Le duc de Normandie disposait de ses évèchcs et de ses abbayes de la manière la plus despotique, la moins conforme à la lettre et à l'esprit des décrets sur 1 investiture. Mais ce duc était Guillaume le Conquérant, celui que le cardinal Hildebrand avait encouragé à prendre l'Angleterre et que la prudence romaine avait intérêt à ne pas heurter. Grégoire recommande à ses légats d'agir doucement et de fermer les yeux à propos. « Cet homme, leur écrit-il eu 1080, ne se comporte pas en certaines choses aussi religieusement que nous le souhaiterions; cependant, parce qu'il ne détruit pas et ne vend pas les églises, qu'il Ji'a pas voulu entrer dans le parti des ennemis du Saint-Siège, et qu'il a fait serment d'obliger les prêtres mariés à quitter leurs fenmics, et les la'ùiues, propriétaires de dîmes, à les abandonner, il mérite plus de louanges et d'honneurs que les autres rois. » (II. L.)
3. Regislriuti, 1. I, n. 70 ; Mon. (Ircgor., p. 89 ; licii. puni, rotn., n. 'i830. (H.L.)
4. Labbe, Concilia, t. x, col. o 10-3 12 ; Pommeraye, Sanctx Rolliomagcnsis Ecdcsiœ concilia, sijnodalia décréta, p. 96 ; Ilardouin, Coll. conc, t. vi, part. 1, col. 1518 ; Bessin, Concilia Rolhomagensis proi'inciœ, p. 64 ; Coleti, Concilia, t. XII, col. 541 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 398 ; 0. Delarc, Saint
Grégoire VII cl la ré/ornic de l Église au xi^ nicclc, t. m, j). 375-377. (H. L.)