‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 7 sur 505 · Sur la préférence donnée aux clercs romains, voir · texte numérisé non relu

Sur la préférence donnée aux clercs romains, voir

4. Dans cette église S. Pétri ad vinc. avait lieu à cette époque l'élection et lintronisalion des papes. Lorsque Bonitho ajoute que Grégoire n'avait pas été élu in Drixianorio, il fait allusion, à ce fait, que l'antipape Guibert ou Clément III qui fut opposé à Grégoire, fut installé à Brixen. [Bonitho, Ad Amicum 1. VII ; Jafîé, Monumenta Gregoriana, p. 656. (H. L.)]

5. Baronius, Annales, ad ann. 1073, n. 22; Wattembach, Deutschlands Geschichisquellni, t. n, p. 173.

6. Voici ce document : < Sous le règne de Noire-Seigneur Jésus-Christ, l'an 1073 de sa très miséricordieuse Incarnation, la XP indiction et la xi'^ lune, le dix des calendes de mai (22 avril), seconde férié, le jour de la sépulture du seigneur pape Alexandre II d'heureuse mémoire, pour que la chaire apostolique veuve de son pasteur, ne reste pas dans le deuil, nous étant réunis dans la basilique du bienheureux Pierre-ès-liens, nous tous, membres de la sainte Église romaine, catho-

de Rome auraient crié à hante et intelligible voix flans l'éolise de Sainl-Pierre-aux-Liens (après les préliminaires qui avaient eu lieu au Latran) ^ : « Nous choisissons pour pasteur et pour

lique et apostolique, cardin.iux, clercs, acolytes, sous-diacres, prêtres, en présence des vénérables évoques et abbés, du consentement des clercs et des moines, aux acclamations des nombreuses foules des deux sexes et des divers ordres, nous élisons pour noire pasteur, et souverain ponlife, un homme religieux, puissant par sa connaissance des choses divines et humaines, passionné pour l'équité et la justice, fort dans l'adversité, modéré dans la bonne fortune et, suivant le précepte de l'apôtre, orné de bonnes mœurs, chaste, modeste, tempérant, austère, hospitalier, sachant bien régir sa maison, dès l'enfance élevé noblement et instruit dans le sein de cette Eglise mère, rempli de doctrine, et promu jusqu'à ce jour, par le mérite de sa vie, aux honneurs de l'archidiaconat, c'est-à-dire, l'archidiacre Hildebrand qu'à l'avenir et pour toujours nous voulons et nous nommons pape et seigneur apostolique, sous le nom de Grégoire.

«Vous plaît-il? Il nous plaît. — Le voulez-vous ? Nous le voulons. — -L'approuvez-vous ? Nous l'approuvons.

« Fait à Rome le X des calendes de mai, indiction XP. »

Jafîé, Monum. Gregoriana, p. 9; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. GO; Hardouin, Coll. conc, t. vi, part. 1, col. 1115 ; Baronius, Annales, ad ann. 1073, n. 2']. Ce protocole est écarté par W. Martens, Z)/e Besetzung des pàpstlichen Slnhles iinler den Kaisern Heinrich III und Heinrich IV, in-8, Freiburg, 1887, p. 1 1)9 sq. ; Gregor VII, sein Leben und Wirken, in-8, Leipzig, 1894, t. i, p. 66 sq. ; G. Ruppel, Die Wahl Papst Gregor' sV III, dans Jenaer Dissertât., in-8, Chemnitz, 1876, p. 4 sq.; C. Mirbt, Die Wahl Gregor's VII, in-8, Marburg, 1892;Meyer von Khonau, Jahr bûcher des deutschen Reiches unter Heinrich IV und Heinrich V in-8, Leipzig, 1890, t. ii, p. 205, note 32 ; l'authenticité est défendue par A. Knôpfler, Die Wahl Gregor's VII, dans Ilistorische Politische Blàtter,i88^t, t. xciii, p. 506 sq. et dans Der Katholik, 1892, nouv. série, t. v, p. 352 sq. (H. L.)

1. C. Mirbt, Die Wahl Gregor's VII, in-4, Marburg, 1892; A. Knôpfler, Die Wahl Gregor's VII, dans Der Katholik, 1892, HJe série, t. v, p. 352-365, cf. Annal, bolland., 1893, t. xii, p. 312-313 : « M. C. Mirbt a recueilli avec soin tous les détails fournis par les auteurs du xi® siècle sur l'élection de Grégoire VIL Les témoignages sont classés d'après le parti auquel l'écrivain appartenait ; d'abord défilent les partisans du pontife, ensuite ses adversaires. Je ne puis m'empêcher de trouver assez naïve la réflexion de raulcur, qui déplore de ne pas retrouver le récit de cette élection sous une plume impartiale. L'élection de Grégoire n'est devenu événement que du jour où elle fut attaquée; l'attaque provoqua la défense. Un point d»i mémoire a été assez vivement attaqué par A. Kniiitllcr, à savoir l'appréciation du [irocès- verbal o\i ronniinilarius clcclionis, ((iiiOii .i lu dans la noie précédente). M. Mirbtle déclare aptu r\ plie, mais avoue ne i)ou\ nir lixcr a\cc vraisemblance la date di; sa rédaction, ni démêler avec certitude les jiréoccnpation s du faussaire. Mais, dans la seconde moitié du xi'' siècle, une élection pontilioalc pour être légitime, devait-elle se conformer aux prescriptions du décret de 1059? M.' Mirbt semble adopter celte o|iiui(>n. 'i'il ne pouvait èlic i a\is de Grégoire et de ses partisans ; pour eux, ce décret portait atteinte à la lilieiti- de ri*]glise.

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pape rarcliidiacre Ilildobrainlj et nous appioiu oiis qiril prenne le nom de Grégoire ^. »

Dès lors le notaire aposlolique ne devait pas trop se préoccuper d'en reproduire plus ou moins la teneur dans la rédaction du procès-verbal. Des indices certains de cette préoccupation prouveraient au contraire qu'il date du temps où l'élection de Grégoire commença à être discutée. Enfin, ce n'est pas le silence de Grégoire sur les événements passés dans l'Ésilisc de Saint-Pierre-ès-Liens qui porte à douter de l'authenticité du procès-verbal. C'est dans l'église du Latran que l'archidiacre Hildebrand fut élu pape. Grégoire tenait à TafTirmer; car cet acte avait inopinément rendu à l'Église romaine la liberté de ses élections. Dans l'église de Saint- Pierre où l'on se rendit après la cérémonie funèbre, l'élection du nouveau pape fut ratifiée. (H. L.)

1. Malgré les travaux dont la biographie de Grégoire VII a été l'objet, bien des détails de sa vie demeurent douteux, à commencer par la date et le lieu de la naissance. Les Acta sanctorum, mai. t. vi, p. 107, proposaient l'année 1020, sans pouvoir arguer rien de positif. Baronius, Annales, t. xvii, p. 108, n'a pris aucun parti. Voigt, Grégoire VII et soji siècle, trad. Jager, Paris, 1842, n'a fixé aucune date; Jaffé, Monumetiia Gregoriana, in-8, Berolini, 18G5, p. 433, propose l'intervalle entre 1013 et 1024; F. Rocquain, dans le Journal des S ai>ants, avril 1872 (reproduit dans La papauté au moyen-âge, 1881, p. 79)', s'en tient à dire d'après un raisonnement ingénieux et fondé sur un texte recevable qu'en 1033, première année du pontificat de Benoît IX, Hildebrand n'avait pas encore atteint l'âge d'homme et approchait au plus de celui de l'adolescence. Delarc donnel020 ?; W. Martens, Gregor VII, sein Leben, vers 1025 ; « nous avons peine à nous rallier à (cette) opinion.» Anal, bolland., t. xiv, p. 215.

Quant au lieu de naissance, autres hésitations : Hugues de Flavigny, C/tro/iic. Virdun., dans Mon. Germ. hist.. Script., t. viii, p. 422, fait naître Hildebrand à Rome, tandis que la vraisemblance est pour Soano, en Toscane. Outre ces questions disputées, il faut mentionner celle delà profession monastique. Voigt, op. cit., p. 1 ; J. Schirmer, De Hildebrando subdiacono Ecclesise Romanse, Berolini, 1860, p. 27 ; F. Rocquain, La papauté, p. 80, note ; cf. O. Delarc, Hildebrand jusqu'à son cardinalat, dans Le Correspondant, 1874, IP série, t. lx, p. 326-351 ; 578-596, 1320-1343; t. lxi, p. 631-646; W. Martens, War Gregor VII Mônch ? in-8, Dantzig, 1891, Anal, bolland., t. xii, p. 313-314 ; H. Grisar, L';m memoria di s. Gregorio VII e del suo stato monastico in Roma, dans Civiltà cattolica, 1895, t. m, p. 205-210; cf. Anal bolland. 1896, t. xv, p. 366-368; W.Martens,6'regorF//, .s<'(n Leftfn »/kZ IV'nAen, in-8, Leipzig, 1894; Anal, bolland., 1895, t. xiv, p. 214- 283 ; Gregor VII war nicht Mônch, eine Entgegnung, dans Historisches Jahrbuch, 1895, t. xvr, p. 274-282 ; Anal, bolland., t. xv, p. 365 ; F. Soldani, Leltera 'i^ sopra il moiuiralo e la parenlela di san Gregorio VII, in-4, Fireiize, 1749 ; Leltera in replica e giustificazione... sopra lo stessn, in-4, Aquilejjc (Lucca) 1751 ; Lettera 6^*... tore unie lo stesso, in-4, Firenze, 1850.

Grégoire se dit le nourrisson de Saint-Pierre de Rome ; nulle part dans ses lettres il ne rappelle, ni ne fait allusion à son ancienne profession bénédictine. Pierre Damien et Victor III, (jui eussent volontiers réclamé cette illustre recrue, n'en font nulle mention. D'autres se servent de termes ambigus et dont on ne

peut rion liror dn bien clair. Parmi les adversaires do Clrégoirp, certains lui reprochent de n'avoir pris du moine que l'habit, d'autres le déclarent moine et soumis, comme tel, à des censures dont il n'a jamais été relevé. Parmi ses partisans, les uns le disent moine de Saint-Paul, les autres le tirent à Cluny. Dans cette diversité d'opinions, W. Marlens conclut que Grégoire VII n'a jamais appartenu à l'ordre monastique. Les détails fournis par Grégoire VII lui-même sur sa jeunesse doivent avoir au moins autant de poids que ceux des contemporains. Nous savons qu'il fit son éducation à l'école du Latran, sur le caractère de laquelle il faudrait être fixé, et qu'il fut recteiu' et économe du monastère de Saint-i'aiil, dont il faudrait savoir le régime. Revenant à quelques années de là sur ce sujet dans son Gregor VII, sein Leben und Wiikcii, W. Martcns, s'est vu obligé de « rejeter l'autorité d'au moins dix témoignages contemporains, car quoi qu'il dise, ceux de Guy de Ferrare et de Léon du Mont-Cassin sont parfaitement clairs pour tout esprit non prévenu, — il doit admettre qu'IIildebrand, étant déjà cardinal et même pendant son pontificat, a alîecté de porter le costume religieux ; et tout ce qu'il oppose à ces preuves si fortes, ce sont des arguments négatifs, tirés principalement du silence de saint Pierre Damien et de Grégoire VII luimême au sujet de sa profession monastique, et des interprétations arbitraires et violentes ou même certainement fausses et pouvant être retournées contre lui, dont M. Scheffcr-Boichorst a très bien montre la faiblesse, Deutsche Zeilschrijl fiir Gescliichlswissenscltafl, 1894, t. i, p. 227-241. J'ajouterai seulement à la démonstration de M. Scheffcr-Boichorst que tous les textes des écrivains contemporains, très loyalement cités par M. Martens — ainsi que le silence de quelques-uns d'entre eux et en particulier celui de saint Pierre Damien et de Grégoire VII lui-même — s'expliquent aisément par une hypothèse très simple qu'IIildebrand soit entré très jeune, comme oblat peut-être, dans le monastère romain gouverné par son oncle; qu'il y ait fait profession lorsqu'il eut atteint l'âge canonique; que peu, de temps après, lors(iu'il était encore assez jeune, il se soit trouvé mal à l'aise dans son monastère, soit parce que la discipline religieuse y était trop relâchée, soit parce que le niveau intellectuel du milieu était vraiment trop bas pour lui, et que la supériorité de ses talents, de sa science, de ses vertus et de ses aspirations y excitait même des jalousies excessivement pénibles poui' son noble caractère ; enfin, cpiavec l'appui, peut-être sur le conseil de son ancien maître, Jean Gratien, devenu ensuite pape sous le nom de Grégoire VI, il ait quitté ce monastère, mais avec la ferme résolution de rester fidèle à ses vœux monastiques et de reprendre la vie régulière ailleurs, résolution que les circonstances l'ont toujours empêché depuis d'exécuter. Dès lors on comprend très bien que ni Grégoire VII lui-même ni Pierre Damien, ni la plupart des partisans du pape, n'aient guère parlé de sa vie monastique, qu'il n'avait menée de fait que pendant sa première jeunesse, et que, au contraire, ce soient surtout ses adversaires qui en ont fait mention, pour le flétrir des qualificatifs de faux moine, de moine fugitif et apostat, de monachus habitu, non professione, et autres seml)lables. De plus, la célèbre phrase du discours synodal de 1080 : Invitus uUrn montes cum domino papa Gregorio abii, MAGis INVITUS cum domino meo papa Leone ad vestram specialem ecclesiam redii, ainsi que ces paroles : [Romce] coactus Deo teste jam a viginti annis habilavi, et (Christum) qui me suis alligavit vinculis et Rouiam invitus reduxit, ces phrases dont M. Màrtens, op. cit., t. i, p. 7-8, ne donne cju'une explication assez embrouillée

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