CONCILE ROMAIN DU CAREME DE
pour la France; une autre informe les moines de Saint-Denis que leur abbé devra comparaître devant ces légats, pour y répondre de l'accusation de simonie ^. Le 29 mars 1075, Grégoire écrivit à l'excellent évcque Burchard d'Halberstadt, l'encouraseant à lutter vaillamment contre la simonie et le conçubinage, afin (jue l'ivraie fût arrachée du champ de l'Eglise '^, — Une autre leltrc ^ du même jour à Annon, archevêque de Cologne, lui rappelle d'abord les liens qui rattachent depuis longtemps l'Église de Cologne à sa mère l'Église romaine, et engage l'archevcque à combattre de toutes ses forces la corruption du clergé et à convoquer des conciles provinciaux ; il faut aussi à tout prix exécuter le décret porté contre la simonie. Une troi^ sième lettre * (29 mars), à Wezelin, archevêque de Magdebourg, contient les mêmes exhortations. Le pape conseille d'abattre les murailles delà nouvelle Jéricho au chant d'un psaume sacerdotal, c'est-à-dire de détruire dans le clergé les sentiments de concupiscence.
[50] On pourrait s'étonner de ce que ces lettres ne mentionnent pas le récent décret synodal contre les investitures laïques. Mais celui-ci concernait surtout les princes et attaquait leurs droits prétendus ; il devait donc être d'abord accepté par ces princes avant d'être publié partout comme loi. C'est ce que dit Grégoire dans une lettre au roi Henri : « Afin que ce décret (contre les investitures laïques) ne te paraisse ni dur ni désagréable, je t'ai proposé de m'envoyer quelc£ues hommes sages et pieux ; car si cela peut se faire sans porter atteinte à l'honneur que nous devons à Dieu, je suis tout prêt à adoucir cette sentence ^. »
1. Registrum, 1. II, n. 65; Mo?i. Gregor., p. 184; Reg. pont, rom., n. 4947. (II. L.)
2. Regisiiutn, l. II, ii. G6; Mon. Gregor.. p. 184; Reg. pont, rom., n. 4948. (H. L.)
3. Registrum, 1. II, n. 67; Mon. Gregor., p. 187 ; Reg. pont, rom., n. 4950. (H. L.)
4. Registrum, 1. II, n. 68; Mon. Gregor., p. 188; Reg. pont, rom., n. 4950. (H. L.)
5. Voir § 575. Le Registrum de Grégoire VII nous offre, intercalées sans date, entre deux lettres datées toutes deux du 3 et du 4 mars 1075, Registr., ii, 55-56, une suite de sentences célèbres, connues sous le nom de Dictatus papœ, dans lesquelles, disait avec magnificence et inexactitude J. Dollinger, Grégoire « a condensé le système entier de la toute-puissance et de la majesté papales. » Ces vingt-sept sentences impérieuses oiit donné lieu à de nombreux débats.