‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 82 sur 505 · QUESTION DE l'ÉGLISE DE MILAN · texte numérisé non relu

QUESTION DE l'ÉGLISE DE MILAN

d'un évoque pour Baïubeig à la place d'IIerinaun depuis longtemps déposé.

[57] Dans celle lellre, Grégoire exjtrime l'espoir d'une enlenle prochaine, à laquelle il dul bienlôl renoncer, comme on le voit par sa lellre du 11 septembre 1075 à la marquise Béatrice et à Mathilde de Toscane ^. D'après cette lettre, le pape paraît s'être adressé au roi Henri cl lui avoir fait connaître que leur conflit ne pouvait aboulir à une solution sans l'intervention des princes; ces questions devaient être traitées publiquement, l'assentiment des princes y était indispensable ; Béatrice et Mathilde devaient donc chercher à l'obtenir. Le pape se plaint aussi de l'inconstance et de la mobilité d'Henri IV. Naguère il avait manifesté l'intention et le désir d'arriver à une entente; depuis il a adopté de nouveaux })lans ; il veut poursuivre au vu et au su des ]Mii!((s. ([u'il a dé[)eints comme ennemis de la paix, des négociations (|ui d'abord devaient rester secrètes; ce (|ni revient à dire (pi'il ne veut pas la })aix ; le pa})e n'est })as disposé à agréer ces nouvelles propositions qu'il ne trouve ni acceptables ni a^ antageuses, mais si le roi revient à ses premiers projets il ne refusera pas d'entamer de nouvelles négociations.

L'affaire de l'Eglise de Milan donna également lieu au pape de se j)laindre du roi Henri. Dans ces derniers temps, la lutte entre les patares et leurs adversaires avait pris de grands accroissements : il ne s'agissait plus seulement du célibat des prêtres, mais, pour me servir d'expressions usitées plus tard, les deux partis, gibelins et guelfes, discutaient pour savoir si le véritable archevêque de Milan était Godefried nommé par le roi, ou Atton nommé par le pape ^. Les forces étaient à peu près égales dans les deux camps ; aussi ni Godefried ni Atton ne pouvaient se maintenir à Milan : le premier se fortifia dans le château de Brebbio et le second résida à Rome. Quant au roi Henri, il persista, malgré toutes les admonestations du })ape, à défendre la cause de l'intrus Godefried. Milan se trouvant de cette façon sans pasteur, les sufïragants voisins voulaient y remplir des fonctions épiscopales, et en particulier y consacrer les saintes huiles le jeudi saint ; mais Ilerlembald s'y opposa, les sufïragants étant excommuniés

1. Rcgislrunt, 1. III, ii. 5 ; Mon, Gregor., p. 209 ; Beg. pont, rom., n. 4966, (H. L.)

Page 1