QUESTION UK l'ÉGLISE DE MILAN
monastère. On n'a que très peu de renseignements sur les grands synodes que Gérard, archevêque de Siponto, réunit sur l'ordre du i>ape à Spalalo, en Dalmatie \ et sur le concile général a(iuilain célébré à Saintes 2. Frotard, évêque d'Albi, fut suspendu cL excommunié i)0ur simonie dans un concile de Toulouse où fut sacré le nouvel évêque de Rodez ; ce concile ne s'est pas tenu en 1075, mais en 1079, ainsi que l'ont prouvé les auteurs de Gallia christiana ^.
575. Le roi Henri, Cencius et Guibert contre Grégoire. Question de l Église de Milan.
C'était un des plus tristes côtés du caractère d'Henri IV de ne pouvoir pas plus supporter le bonheur que le malheur. La prospérité l'enivrait, l'adversité l'accablait et en tous temps il se montrait impatient de fautes à commettre. On le vit bien lorsque, après sa victoire de Hohenbourg, il prit une sorte de plaisir à altérer ses relations jusqu'à ce moment assez cordiales avec Rome. Plusieurs chroniqueurs contemporains rapportent et les faits prouvent, qu'Henri rappela à sa cour des clercs excommuniés, qu'il distribua selon son caprice et contre deniers comptants évêchés et abbayes, et conféra les investitures par l'anneau et par la crosse *. Cependant, au cours de son expédition victorieuse contre les Saxons, Henri avait écrit au pape une lettre amicale et pleine de promesses ^.
« Votre Sainteté, écrit Henri IV, doit savoir que presque tous
1 . l']ii 1075, Mansi, Concilia, Suppl., 1748, t. 11, col. Il : Conc. ainpliss. coll., i. XX, col. 455, 457. En 1076, Mansi, Concilia, Suppl. , t. 11, col. 17 ; Conc. amf)li.ss. coll., t. xx, col. 473; Farlali, Ilhjriciim sacnun, l. m, p. l'iO. (H. L.)
2. Hardouin, Conc. coll., t. iv, col. 1551 ; Gallia clirisliana, l. 11, part, l, col. 473-474; Mansi, Concilia, Suppl., t. II, col. 7; Conc. ainpliss. coll., t. xx, 455. (H. L.)
3. Baluze, Miscellanea, t. v, p. 416, 432; Mansi, Concilia, Suppl., t. ir, col. 9; Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 457.
4. Mon. Gerni. hist., Scripl., l. v, p. 236, 237, 241, 280, 431.
5. Cette lettre est mentionnée dans Regislrum, 1. III, n. 7 ; Mon. Gregor., p. 212 ; Reg. pont, rom., n. 4965, lettre du début de septembre ; la 1-ettre précédente au roi Henri IV était du 20 juillet. (H. L.)
les princes de mon empire sont plus heureux de nous voir brouillés [56] qu'unis. C'est pourquoi je vous envoie en secret des gens de qualité dévoués à l'Eglise, dont le plus grand désir est de voir la paix régner entre nous. En dehors de vous, de ma mère, de ma tante et de sa sœur Mathilde, personne n'a connaissance de cette mission. Aussitôt que, avecl'aide de Dieu, j'en aurai fini avec les Saxons, j'enverrai d'autres légats choisis parmi mes conseillers les plus fidèles et les plus sûrs ; ils vous exprimeront toute mon all'ection et toute la ^•énération que j'ai pour saint Pierre et pour vous ^. » Grégoire, satisfait de cette lettre, espéra que l'union désirée était sur le point de s'accomplir. Mais bientôt, au lieu d'envoyer des fondés de pouvoirs, le roi adressa à ses représentants l'ordre de demeurer à Rome jusqu'à l'arrivée des conseillers annoncés; son intention était de négocier avec le pape sans le secours des princes. Au courrier porteur de cet ordre et qui retourna aussitôt en Allemagne, Grégoire remit pour lleiui une Ici lie, contenant l'expression de ses souhaits pacifiques et une exhortation au roi à partager ces sentiments ^. Le pape dit que, lors de l'arrivée des lettres et des envoyés du roi, il était malade ; il désirait avoir la paix avec lui comme avec tout le monde, et se réjouissait du reste de voir les négociations pacifiques confiées à des personnages de ce mérite. Quant à lui, il était personnellement disposé à ouvrir au roi le sein de l'Eglise, à le reconnaître pour son seigneur, son frère et son fils, à le soutenir selon ses forces, et à ne lui demander qu'une seule chose, de prêter l'oreille à des observations qui n'ont en vue que son salut et l'honneur dû à Dieu. La victoire sur les Saxons lui avait causé joie et tristesse, joie pour la paix qu'elle procurait à la chrétienté, tristesse pour l'effusion de tant de sang chrétien répandu dans cette journée. Dans ces conflits, le roi devait chercher l'honneur de Dieu plus que le sien propre. Le pape terminait en exigeant, au nom de saint Pierre, la consécration
1. Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 1, col. 1327 ; Mansi, Conc. ampUss. coll., t. XX, col. 190 ; Gfrôrer, Gregor. VII, t. vu, p. 464 sq. ; Mon. Gregor, p. 210 ; Gfrôrer pense que ces paroles pacifiques d'Henri n'étaient pas sincères et que le roi voulait seulement empêcher le pape de s'unir aux Saxons.
2. Registrum, 1. III, n. 7 ; Mon. Gregor., p. 212 ; Reg. pont, roin., n. 4965 ; cf. O. Mcltzer, Gregors VII Geselzgebung und Bestrebungen in Belreff der Bischofswahlen, in-8, Leipzig, 1869, p. L16 ; Giesebrecht, Geschichle dcr deidschen Kaiserzeit, t. III, p. 1132. (H. L.)